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Deux immeubles vétustes s’effondrent à Marseille
Photo prise quelques minutes après l'effondrement, ce lundi 5 novembre au matin. Les immeubles vétustes qui se sont effondrés sont situés 63-65 rue d'Aubagne, en plein coeur de Marseille. - © Clotilde Grandguillot/Le Moniteur

Deux immeubles vétustes s’effondrent à Marseille

F.M., avec AFP |  le 05/11/2018  |  Bouches-du-Rhône

Les secours rechercheront toute la nuit de lundi à mardi 6 novembre des morts éventuels, dans les décombres de deux immeubles vétustes qui se sont effondrés le lundi 5 novembre au matin, en plein centre-ville. L'un des deux immeubles était "fermé et muré", selon le maire, suite à un arrêté de péril. Le second, en revanche, était habité. Un troisième bâtiment, inhabité, s'est effondré partiellement.

"Il y a eu un gros boum et ça s'est effondré d'un coup": deux immeubles vétustes d'un quartier populaire du centre de Marseille se sont effondrés ce lundi 5 novembre 2018 à 9 heures le matin, faisant au moins deux blessés légers parmi des passants.

Depuis le milieu de matinée, d'importants moyens sont déployés devant les deux bâtiments écroulés, situés 63-65 rue d'Aubagne, à deux pas du Vieux-Port et de la Canebière, avec l'objectif de rechercher d'éventuelles autres victimes sous les décombres. Quelque 60 marins-pompiers et deux équipes cynotechniques étaient à pied d’œuvre dans la petite rue commerçante.

L'un des deux immeubles, situé au numéro 63 de la rue d'Aubagne et qui appartenait au bailleur social Marseille Habitat, était "fermé et muré", selon le maire, suite à un arrêté de péril, comme l'annonçait ce lundi matin La Provence :

Au 65 rue d'Aubagne, en revanche, 9 appartements étaient habités, selon les pompiers. Les secours cherchaient d'éventuelles victimes dans les décombres des immeubles réduits à un tas de détritus bloquant la rue étroite.

Les recherches d'éventuelles victimes devraient se poursuivre toute la nuit à Marseille. "Ce qui compte c'est qu'on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu'il y en aura", a prévenu le maire LR de la ville, Jean-Claude Gaudin. Peu après l'effondrement des deux bâtiments mitoyens, vers 9 heures, les sauveteurs avaient pris en charge deux blessés légers, des passants.

Les secours "travaillent d'arrache-pied pour savoir si des individus sont coincés" sous les décombres, dans des "poches de survie où ils auraient pu se réfugier", a ajouté, sur place, le ministre du Logement Julien Denormandie, qui devait revenir sur les lieux avec son homologue de l'Intérieur Christophe Castaner vers 20h45.

Image des 2 immeubles visibles sur Google Street View, et captées le 18 juillet 2018, à l'adresse 63-65 rue d'Aubagne :

L'un des deux immeubles, le numéro 63, était "fermé", a assuré à la presse Julien Ruas, adjoint au maire responsable du Bataillon de Marins-Pompiers, suite à un arrêté de péril.

Mais "on doit voir s'il y a des gens sous les décombres du 65 rue d'Aubagne", a-t-il ajouté.

"Structurellement, les immeubles se tiennent les uns avec les autres"

Par précaution, les autorités ont évacué "les quelque dizaines de personnes habitant dans les deux immeubles voisins", a aussi indiqué à l'AFP Philippe Bianchi, porte-parole de la police. "Structurellement, les immeubles à Marseille se tiennent les uns avec les autres donc on ne veut pas prendre de risque et on fait évacuer cet ilôt", a expliqué Julien Ruas.

Vers 9 heures ce lundi matin, des voisins des deux immeubles aux façades largement fissurées, selon des images datant de juillet 2018 visibles sur Google Street View, ont été alertés par le bruit "un gros boum", puis le nuage de poussière soulevé par l'effondrement.

"Des gens pleuraient"

"Il y avait beaucoup de passants dans la rue à cette heure-là dans le quartier", a témoigné auprès de l'AFP Ludovic, 26 ans, qui habite en face du numéro 63. Le jeune homme et ses deux colocataires, dont l'une n'a eu que le temps d'enfiler une veste sur son pyjama, se sont précipités dehors, où "des gens pleuraient".

Les deux bâtiments effondrés étaient occupés par "des gens pauvres, c'était un immeuble insalubre comme il y en a beaucoup à Noailles", a assuré le jeune homme.


Travaux prévus cette semaine ?

Un propriétaire d'un appartement au premier étage du numéro 65, Alexis Bonetto, a quant à lui affirmé à l'AFP que "des travaux étaient prévus cette semaine": "Nous étions inquiets depuis deux-trois jours. Il y a eu un petit mouvement de terrain dans le week-end et du coup la porte d'entrée avait du mal à fermer". "C'était un immeuble ancien, construit il y a 200 ans, mais pas insalubre. Il avait été remis aux normes", a-t-il aussi assuré.

En fin de matinée, la raison de cet effondrement soudain restait inconnue. "L'immeuble s'est effondré d'un bloc en quelques secondes. Je n'ai pas entendu le bruit d'une explosion", a narré à l'AFP Djaffar Nour, qui faisait ses courses à quelques dizaines de mètres.

Pas d'explosion

"J'habite juste à côté, je regardais la télé quand j'ai entendu un grand bruit, mais pas d'explosion, puis un nuage de fumée", a abondé Antonio Dias, 30 ans. Une autre voisine, Sofia Benameur, a elle aussi entendu un bruit "qui faisait 'badaboum, badaboum', comme des pierres, et d'un coup il y a eu plein de fumée chez moi j'ai dû sortir en courant".

Sur Twitter, Samia Ghali, sénatrice socialiste du Nord de Marseille, a exprimé son soutien aux pompiers, et taclé la municipalité: "Derrière la carte postale idyllique on mesure une fois de trop les échecs de la politique de l'habitat et du centre ville".

Un troisième immeuble en danger

Un troisième immeuble, au numéro 67, s'est partiellement effondré dans la soirée du lundi 5 novembre. "On a décidé d'intervenir avec une pelleteuse pour enlever la partie fissurée. Le mur a commencé de tomber tout seul au départ puis (...) est tombé d'un coup, a témoigné, l'amiral Charles-Henri Garié, qui commande les marins-pompiers de Marseille.Ce troisième immeuble avait été abandonné et muré depuis l'été 2012.

"Ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours", selon une hypothèse avancée par la mairie.

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