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Détecteurs de fumée : attention aux produits non-conformes !
A compter du 9 mars 2015, chaque logement, en France, devra être équipé d'au moins un détecteur autonome d'avertisseur de fumées (DAAF). - © © source : ministère de l'Egalité des territoires

Détecteurs de fumée : attention aux produits non-conformes !

Florent Lacas |  le 02/07/2014  | 

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A compter du 9 mars 2015, chaque logement devra être équipé d'un détecteur autonome d'avertisseur de fumée (DAAF). Certains professionnels s'inquiètent du risque de voir affluer sur le marché des produits non-conformes, low cost et dangereux pour la sécurité des consommateurs. Certains professionnels demandent une campagne de sensibilisation du grand public avant l'échéance réglementaire.

800 millions d'euros. C'est, selon Gérard Boulanger, de la Fédération française du bâtiment, le montant du marché lié aux détecteurs autonome d'avertisseur de fumée (DAAF). La loi impose en effet qu'au 9 mars 2015 chaque logement en soit équipé. Or, à moins d'un an de l'entrée en vigueur de cette disposition, certains professionnels s'inquiètent d'un possible afflux, sur le marché français, de DAAF non-conformes, donc dangereux, et commercialisés en-dessous des prix du marché. Pour la Fédération française des métiers de l'incendie (FFMI), le risque serait que les Français, pas assez informés, réagissent mal à l'obligation en se tournant vers des produits moins cher et potentiellement non-conformes, ou encore vers des produits interdits comme les détecteurs de fumée ioniques.

Pour l'instant, où en est-on au niveau de la présence de DAAF non-conformes sur le marché français ? Seul indicateur dont nous disposions : la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié, entre février 2012 et mai 2014, huit avis de rappel sur autant de types de DAAF, commercialisés par des industriels européens. Des produits non-conformes et dangereux du fait d'un manque de puissance acoustique du signal d'alarme ou du risque de non-détection des feux.

La DGCCRF semble consciente du problème, puisqu'elle a inscrit dans son plan d'actions la poursuite d'un plan de surveillance renforcée pluriannuel des DAAF mis sur le marché, et ce jusqu'au premier trimestre 2015. "La DGCCRF fait du bon travail", reconnaît d'ailleurs Romain Canler, délégué général de la FFMI. Quant aux douanes, sensibilisées entre autres par les professionnels, elles pratiquent des contrôles intensifs sur ce sujet depuis le début de l'année 2014.

Ne prescrire que des DAAF certifiés NF

Comment les entreprises du BTP peuvent-elles s'assurer de vendre des DAAF respectant les normes ? Pour Gérard Boulanger (FFB), elles doivent aller au-delà de la réglementation et ne prescrire que des produits certifiés NF. "Au départ, plusieurs acteurs, dont la DGCCRF, voulaient que la certification NF soit exigée pour les DAAF, explique-t-il. Mais le Conseil de la concurrence a refusé au nom du libre-commerce. Du coup, aujourd'hui, seul le marquage CE est obligatoire." Un marquage qui, n'étant que déclaratif, ne garantit pas le bon fonctionnement du produit. "Le marquage CE ne suffit pas pour respecter la législation, car l'arrêté stipule que les détecteurs de fumées installés doivent subir des contrôles tout au long de leur vie, effectués par un tiers indépendant", ajoute Romain Canler (FFMI).

Quant au prix, il n'est pas un indicateur toujours fiable pour évaluer de la conformité d'un produit. Même si Romain Canler reste dubitatif sur la possibilité de trouver un DAAF aux normes à moins de 15 euros l'unité. "La durée de vie de la pile prend un grande place dans le coût, et cette pile doit être assez puissante pour assurer la durée de vie du DAAF", explique-t-il.

En tous les cas, les professionnels s'accordent à dire que le respect de la réglementation au 9 mars 2015 ne se fera pas sans une sensibilisation du grand public. Or, pour l'instant, celui-ci ne se sent pas très concerné. "Le niveau de sensibilisation des Français laisse à désirer, regrette Romain Canler. Par exemple, certains consommateurs confondent CE et NF." Conséquence, le marché tarde à décoller. "A mesure que l'échéance du 9 mars 2015 se rapproche, nous observons une augmentation lente de l'activité sur le marché des DAAF, note-t-il. Il serait urgent que l'Etat mette en place une campagne d'informations grand public, par exemple en octobre-décembre. Nous pourrions ainsi, peut-être, arriver à équiper 50% des logements pour l'échéance."

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