Profession

«Dessiner pour bâtir», ou l’invention de l’architecte au XVIIe siècle

Mots clés : Architecte

En près de deux cents œuvres, cette exposition présentée aux Archives nationales (Paris IIIe), en l’hôtel de Soubise, rend compte et illustre l’apparition du métier d’architecte au XVIIe siècle, depuis Henri IV jusqu’à Louis XIV…

Difficile de réduire l’architecture à un parcours d’exposition. Pourtant, au terme de deux ans de préparation, les commissaires Alexandre Cojannot (conservateur en chef du patrimoine aux Archives nationales) et Alexandre Gady (professeur d’histoire de l’art moderne à l’université Paris-Sorbonne, directeur du Centre André-Chastel) parviennent à rendre compte de la pratique architecturale dans la France du XVIIe siècle. Si le Grand Siècle nous est familier par certains de ses édifices majeurs (Colonnade du Louvre, palais de l’Institut, Dôme des Invalides, etc.) et par quelques figures d’architectes célèbres (Mansart, Le Vau, etc.) il nous est également très éloigné par son contexte politique, économique et social si différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, en apparence seulement… Nulle démarche monographique ici pourtant, où l’ambition des deux commissaires a été d’embrasser le sujet de la manière la plus large possible, en mettant en évidence une histoire collective au travers de l’émergence du métier d’architecte. Une profession qui se structure pour adopter des méthodes de travail proches de celles d’aujourd’hui (spécialisation des fonctions, naissance des premières «agences»), qui se constitue dans le même temps en une discipline intellectuelle et artistique (création de l’Académie royale d’architecture, débuts de l’enseignement de la discipline). La question du statut – qui se dit architecte, et comment le devient-on? -, de la position sociale et de la culture des maîtres d’œuvre deviennent essentielle en ce siècle qui voit la constitution de véritables carrières pour les architectes praticiens.

L’exposition, scénographiée par l’agence Nathalie Crinière, consacre une grande attention au dessin d’architecture, en tant qu’œuvre et document historique, et non pas comme une simple illustration. Depuis la première esquisse jusqu’aux «rendus» les plus léchés, ces dessins sont le moyen d’expression privilégié des architectes. Leur examen révèle l’évolution des pratiques graphiques au cours du siècle, mais aussi la diversité des personnalités artistiques de leurs auteurs. Les documents techniques ou contractuels, dessins d’exécution et maquettes, toujours plus nombreux et divers, témoignent, quant à eux, des responsabilités croissantes du maître d’œuvre, aussi bien formelles et techniques que juridiques et économiques. A petites touches se dessine également un portrait collectif des architectes du Grand Siècle, professionnels aguerris et artistes tout à la fois. Cette exposition montée en partenariat avec le National Museum de Stockholm et les prêts de nombreuses institutions publiques et collectionneurs privés, présente des documents de tous types et, en particulier, quatre ensembles d’instruments de dessin en argent et en or, illustrant l’excellence des ateliers de fabrication parisiens sous Louis XIV. Equerre, règle, compas, tire-ligne : ce sont là les plus anciens exemples d’instruments d’architecture en métaux précieux connus en France.

Jusqu’au 12 mars 2018, aux Archives nationales (Paris).

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