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Descriptif technique des installations Conseils aux prescripteurs

CYRILLE VERAN, PASCALE JOFFROY |  le 19/01/2001  |  EducationCollectivités localesAménagementAssociationsEclairage urbain

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- Localisation dans la commune

L'accueil des caravanes peut être autorisé dans toutes les zones du POS, sauf prescriptions particulières contraires. Les zones excentrées sont à éviter pour limiter l'exclusion et favoriser la scolarisation des enfants. Exemples d'alternatives : à Betton (35), le terrain est implanté dans un parc urbain ; à La Chapelle-des-Fougeretz (35), il possède un accès direct à un jardin public. Les nomades aiment les terrains visibles et s'installent volontiers à des carrefours. Eviter les terrains cachés qui favorisent l'installation de familles difficiles.

- Type d'aire d'accueil

Bien définir la vocation du terrain (accueil de courte, moyenne ou longue durée) et appliquer une règle stricte pour la durée des séjours.

- Nombre d'emplacements de caravanes

A définir en fonction des besoins. Les aires d'accueil de petite taille (5 à 10 caravanes) permettent à des groupes familiaux de stationner entre eux. Plus faciles à réaliser pour des raisons foncières, elles sont plus coûteuses par emplacement et plus difficiles à garder en continu. Pour certains gestionnaires comme Denis Klumpp (association Areat), seul un gardiennage 24/24 h assure le respect des espaces collectifs. Ce gardiennage est possible à partir d'une trentaine d'emplacements.

- Plan masse

La répartition des caravanes est linéaire (le long d'une allée) ou concentrique (autour d'une place centrale), ou encore « en trèfle » (alvéoles facilitant les regroupements familiaux). Les familles doivent pouvoir se voir. Favoriser la surveillance, non seulement du gardien mais des occupants eux-mêmes (zones de visibilité aux abords des sanitaires, regards croisés). Penser à faciliter les manoeuvres des véhicules (stationnements en épis par exemple).

- Taille des emplacements

Une surface de 100 à 120 m2 est recommandée, de façon à accueillir deux caravanes (parents-enfants), ainsi qu'un fourgon et une voiture.

- Clôture du terrain

Il s'agit souvent de clôtures grillagées, à la fois transparentes pour éviter la sensation d'enfermement mais suffisantes pour protéger les enfants, à la demande des gens du voyage. L'association Ulysse 35 préfère une haie robuste à des clôtures, souvent vandalisées. Sur les terrains installés sur des délaissés d'autoroute, des murs en béton ou merlons de terre assurent la sécurité des enfants tsiganes.

- Accès

Deux bornes placées au plus juste pour le ralentissement. Une borne rétractable permet le contrôle des entrées-sorties des caravanes. L'entrée peut être marquée également par la présence d'un équipement, ce qui permet de mieux l'identifier.

- Espaces collectifs

Ils comprendront les voies de circulation intérieures et les sanitaires, éventuellement des équipements (voir ci-dessous). Pour l'association Areat, il faut prévoir 1 500 à 2 000 m2 (pour un accueil de 30 caravanes), en plus des emplacements individuels. Prévoir des lampadaires pour l'éclairage public, éventuellement munis de haut-parleurs pour les annonces du bâtiment d'accueil (appels téléphoniques).

- Viabilisation

Le terrain doit être viabilisé (voirie, réseaux divers, eaux pluviales et usées) en conformité avec le règlement sanitaire du département. Une largeur de 6 m, 10 m si possible, est recommandée pour les voies d'accès intérieures, pour permettre les manoeuvres des caravanes. Les canalisations doivent être prévues solides, visitables et de grande dimension, en raison des bouchages fréquents. Il est recommandé de prévoir des avaloirs plus grands que la normale.

- Traitement des sols

Au gravier qui salissait les caravanes, sont aujourd'hui préférés des revêtements carrossables tels que l'enrobé pour les voies de circulation et le béton de ciment ou le goudronnage pour les emplacements de caravanes. Mais ces revêtements posent des problèmes de chauffe en été. D'où des tentatives de solutions mixtes enrobé + gazon, celui-ci présentant des risques de boues et devant être si possible limité par des bordures de trottoir. Les limites séparatives entre les emplacements sont matérialisées par un marquage de sol ou une bordure en granit.

- Végétation

La présence d'arbres et d'arbustes tend à se réduire pour des raisons d'entretien et de dégradation, malgré l'ombragement nécessaire en été. Eviter toute plantation pouvant être récupérée pour le feu. A Avrillé (Maine-et-Loire), l'architecte (Patrick Candlot) a végétalisé les façades avec des plantes grimpantes.

- Equipements

L'association Areat recommande la création d'un bâtiment d'accueil et de gestion, composé d'un bureau d'accueil, un bureau pour les permanences sociales, un local spécialisé de type PMI, et une salle d'activités (100 à 120 m2) pour le centre de loisirs (fêtes, spectacles). Prévoir aussi une loge de gardien, si possible un logement. Certains sites sont équipés d'une salle polyculturelle, d'une crèche, d'une maternelle pour inciter les familles à préscolariser leurs enfants (ceux-ci devant alors rester visibles pour les parents). Pour les écoles, en revanche, on préfère souvent la communale, pour des raisons d'intégration. Une aire de jeux et une aire de travail (voir aire de ferraillage) sont utiles. Sur les petits terrains, pas d'équipement supplémentaire, des équipes pluridisciplinaires (éducateur, infirmière), associatives ou municipales, visitent les familles.

- Aire de ferraillage

Elle permet d'éviter les stocks de métaux aux abords des emplacements, et toute activité de bricolage ou de réparation sur ces derniers. A Betton, cette aire est décaissée par rapport au terrain, équipée de dalles de granit pour supporter le feu, et d'un bac de dégraissage avec évacuation pour récupérer huiles et essences.

- Equipement minimum par emplacement

Par emplacement ou groupe d'emplacements, une borne d'eau potable (avec grille d'évacuation) et électricité. Selon les communes, facturation au forfait ou comptage individuel. Etendage recommandé.

- Sanitaires collectifs

Blocs de sanitaires hommes et femmes séparés, conçus pour un usage intensif et un entretien réduit (type sanitaires installés sur les aires d'autoroute). Prévoir 2 douches et 4 W-C pour une aire de 30 emplacements. Si possible, ne pas fermer (voir le ciel). Robinetterie encastrée. Equipement électrique inaccessible (luminaires au-dessus d'un faux plafond en caillebotis, par exemple). Une « allée technique » réservée à l'entretien permet l'accès aux installations par l'arrière. W-C à la turque, avec tuyauterie surdimensionnée, sans siphon ou un siphon de forme simple, si possible avec tabouret siphoïde pour faciliter le débouchage. Les sanitaires n'étant que rarement chauffés, les douches sont peu utilisées en hiver. Une mise hors gel par des serpentins chauffants de sol est souhaitable. Portes métalliques renforcées, éventuellement à pivot pour éviter les pommelles, fragiles et facilement démontables.

- Organisation d'un bloc technique individuel

Quand il existe, ce bloc comprend au minimum un lavabo, une douche, des W-C et un espace annexe avec prises d'eau et d'électricité pour machine à laver. A Betton, on l'a doté d'une cuisine, à l'air libre mais abritée par un auvent, comprenant deux bacs évier et deux prises pour l'électroménager. Ce bloc individuel de 8,30 m2 est posé au fond de l'emplacement et perpendiculairement pour qu'une caravane puisse s'y adosser.

- Matériaux

Le plus robuste possible. A Betton, les façades sont traitées en béton brut lasuré, les portes en acier galvanisé. A Avrillé, le béton de façade est recouvert d'un goudron, peu cher et facile à refaire, qui se fond dans le paysage. Des lasures antigraffitis sont fréquemment utilisées, mais les serrures sont généralement plus vandalisées que les murs. Les toitures doivent être également solides, sans gouttières ou avec des gouttières nantaises (sur le toit). Descentes d'eau de préférence en fonte ou placées à l'intérieur d'un poteau.

PHOTO ET PLAN :

PROTOTYPE MIS EN PLACE par Maurer & Orsi et Architecture plurielle pour Rennes Métropole (ici à Betton). En béton, acier galvanisé et polycarbonate, il sera à terme entièrement préfabriqué. Noter la grande porte coulissante de la cuisine.

PHOTOS:

HEROUVILLE-SAINT-CLAIR (Pierre Margerie et Philippe Pasquet pour le district du Grand Caen). L'entrée (ci-dessus), le bâtiment d'accueil et les sanitaires sont composés dans la même écriture.

SAINT-JACQUES-DE-LA-LANDE (Architecture plurielle/Rennes Métropole). Bloc sanitaire pour quatre caravanes en béton sablé et auvent en bac acier.

LA CHAPELLE-DES-FOUGERETZ (David Cras, ville de Rennes). Adossés à un mur mitoyen de béton, les blocs techniques individuels s'accompagnent d'espaces privatifs, permettant notamment l'étendage.

WATTRELOS (Vincent Brossy pour le Syndicat intercommunal des terrains d'accueil pour nomades de Lille). Equipement et sanitaires en béton et briques, couverts d'une grande toiture symbolique.

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