Innovation produits

Désamiantage : les masques à adduction d’air sont-ils la meilleure solution ?

Les masques à adduction d’air, aujourd’hui peu utilisés, seraient mieux à même de répondre aux nouvelles exigences réglementaires.

L’exposition des travailleurs sur les chantiers de désamiantage a été sous-estimée. C’est la conclusion à laquelle était arrivé l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) suite à une étude réalisée en 2011.

Celle-ci avait prouvé que la méthode classique de mesure d’empoussièrement de l’air (la MOCP, Microscopie optique à contraste de phase) était moins précise qu’une autre méthode (La Meta, Microscopie électronique à transmission analytique) car elle ne décelait pas les particules les plus fines (voir Le Moniteur n°5637 du 3 décembre 2011).

Un arrêté ministériel datant du 14 août 2012 a tranché pour la méthode Meta et, parallèlement, a abaissé la valeur limite d’exposition professionnelle.

Pour Eric Haddad, directeur commercial de Lapro, fournisseur d’équipements de protection spécialisés dans le désamiantage, cela va obliger à avoir d’avantage recours aux masques à adductions d’air. « Il va être difficile d’arrêter ces très petites particules avec les masques à cartouches filtrantes utilisés habituellement. D’autant qu’il va falloir diviser par 10 la valeur limite d’exposition, comme la loi le prévoit pour 2015. En revanche le problème est résolu par l’adduction d’air car, dans ce cas, le travailleur est dans la même situation qu’un scaphandrier : il respire un air qui ne provient pas de son environnement ».

Celui-ci est fabriqué à l’extérieur du chantier par une centrale qui comprend un compresseur, une cuve tampon, un sécheur et une unité de filtration. Il en part des flexibles raccordés à l’équipement respiratoire qui peut être soit un masque (lourd) soit une combinaison hermétique (plus légère). « L’air produit est de qualité médicale » souligne Eric Haddad qui, pour les petits chantiers, a regroupé tous les éléments dans une unité mobile de 580 kg montés sur roulettes, la Airbox. Une solution miracle ? « Pas forcément, tempère Anita Romero-Hariot, ingénieur du département expertises et conseils techniques de l’INRS, spécialisée dans l’amiante. Même avec les masques à adduction d’air il y a des fuites au niveau du visage qui proviennent des besoins en air de l’opérateur sous effort quand ils dépassent ce que lui fournit l’appareil. Attention également aux défauts d’étanchéité liées à la morphologie du porteur si le masque est mal adapté ». Certes l’air fourni par la centrale est pur, mais s’il se mélange à d’importantes fuites alors ce que respire le compagnon risque d’être plus nocif qu’un air filtré.

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    Polémique bien française

    « Même avec les masques à adduction d’air il y a des fuites  » Et les plongeurs sous-marins, ils boivent de l’eau quand ils nagent fort ! Arrêtez l’assistanat de l’incompétence ! et faites de la formation et de la responsibilisation … Madame Anita, essayez la plongée, vous verrez ça marche pas si mal !
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