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Désamiantage : les laboratoires de métrologie accrédités ne seront pas prêts au 1er janvier 2014
Pour le syndicat des entreprises de démolition (Sned-FFB), les laboratoires ne seront pas assez nombreux en 2014 pour répondre à la demande. - © © Gaël Kerbaol / Divergence Gael Kerbaol

Désamiantage : les laboratoires de métrologie accrédités ne seront pas prêts au 1er janvier 2014

Florent Lacas |  le 29/11/2013  |  Produits et matérielsBâtimentFrance ParisTechnique

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Au 1er janvier 2014, la réglementation impose que les laboratoires effectuant les mesures d'empoussièrement en fibres d’amiante soient accrédités par le Cofrac. Mais les retours terrain laissent sceptiques sur la mise en place du dispositif dans le calendrier imparti.

Le 28 novembre, le Syndicat national des entreprises de démolitions (Sned-FFB) a organisé, à Paris, un débat sur les problèmes liés au désamiantage et au recyclage des déchets. "Ce n'est pas tous les jours qu'un syndicat du désamiantage co-organise un évènement avec la direction générale du travail (DGT)", a remarqué, amusé, Nathanaël Cornet-Philippe, président du Sned. Il est vrai que la tension est parfois palpable entre la DGT qui, ces dernières années, impose aux entreprises une réglementation "amiante" de plus en plus exigeante (formation des salariés, certification des entreprises, équipements de protection individuelle...), et les entreprises de désamiantage qui ont parfois l'impression que l'Etat, les maîtres d'ouvrage ou l'inspection du travail se défaussent de leurs responsabilités sur elles.

Les débats ont donc été relativement vifs, en particulier sur la question des diagnostics déchets et surtout des diagnostics amiante avant démolition. Pour le coup, les acteurs sont unanimes : ces diagnostics sont mal faits dans la plupart des cas. C'est-à-dire que la réalité du chantier vient souvent contredire les prévisions.

"Le volet 'amiante' est un aléa majeur"

Cette imprécision des diagnostics peut rallonger considérablement les délais de chantier, surtout quand la quantité d'amiante en place a été sous-estimée voire est passée inaperçue. Un risque contre lequel certaines sociétés, comme Bouygues Immobilier, se prévalent en choisissant les meilleurs laboratoires de mesure, qui peuvent aussi être parmi les plus onéreux. "Nous cherchons à avoir un bon diagnostic amiante, explique Dominique Eberlin de Bouygues Immobilier, présent à la journée du Sned. Le volet 'amiante' représente un aléa majeur. Nous nous sommes aperçus que certains bâtiments apparemment désamiantés contenaient encore de l'amiante."

D'où la décision de Bouygues Immobilier de ne pas compter ses sous sur cette question. "Nous devons absolument tenir nos délais. Nous ne souhaitons pas perdre quatre mois sur un planning parce que de l'amiante a été découverte en façade." Dominique Eberlin signale par ailleurs que le désamiantage représente, en moyenne, 5 à 10% des coûts d'une opération. "Les économies ne se font donc pas sur le coût du diagnostic, mais par la bonne connaissance du bâtiment. Si les entreprises estiment que le diagnostic n'a pas été bien fait, ils faut qu'elles nous alertent", a-t-il ajouté.

Rappelons que les entreprises peuvent se retourner contre les diagnostiqueurs qui auraient mal fait leur travail, dans la mesure ou le récolement final des diagnostics permet d'évaluer leur qualité.

Mesure : prendre date très en amont

Autre point qui a provoqué le débat : la métrologie. Aujourd'hui, il n'y a en France qu'une dizaine de laboratoires agréés Cofrac capables d'effectuer les mesures d'empoussièrement en fibres d'amiante. Depuis plusieurs mois, les désamianteurs font état d'une saturation de ces professionnels. Du côté de la DGT, on incite donc les désamianteurs à prévenir les laboratoires un mois avant le début des travaux, et non pas "quelques jours avant".

Pour Nathanaël Cornet-Philippe, la situation ne sera pas résolue au 1er janvier 2014, date à laquelle tous les laboratoires de mesure devront être certifiés pour pouvoir intervenir sur site. "Nous avons un énorme problème dans la métrologie : les laboratoires ne sont pas prêts, a-t-il indiqué dans son discours de clôture. Il serait donc souhaitable de donner un peu de souplesse au dispositif, car sa réalisation pratique au 1er janvier 2014 me paraît quasiment impossible."

Pourquoi impossible ? D'une part, parce que certains laboratoires n'auront pas la temps, d'ici l'échéance, d'être certifiés par le Cofrac. D'autre part, ceux qui le seront ne seront pas assez nombreux pour répondre au marché du désamiantage. Enfin, certains laboratoires accrédités ne disposeront pas encore, au 1er janvier 2014, de microscopes haute-précision nécessaires au respect du décret en vigueur.

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