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Des sols coffrés dans des murs en pisé

GABRIEL EHRET |  le 02/09/2016  |  ÉvénementBâtimentLoiret

Loiret -

A Orléans, le conservatoire de l’Institut de recherche agronomique stocke des échantillons de sols dans sa chambre forte en terre crue.

Pour l’Institut national de recherche agronomique (Inra), il semblait logique que la terre crue entre dans la construction de son Conservatoire européen des échantillons de sols à Orléans (Loiret). La technique retenue par Design & Architecture et Nama Architecture, lauréats du concours de maîtrise d’œuvre en 2011, a été le pisé. Cette terre banchée répondait parfaitement à la double vocation du bâtiment, à la fois scientifique pour les chercheurs et pédagogique pour les visiteurs.

Au cœur d’un édifice compact, quelque 30 000 spécimens de sols sont entreposés dans une chambre forte de 300 m2. Conserver pareilles collections exige une température de 18°C, plus une hygrométrie à 50 % d’humidité. Ces contraintes rendaient donc le pisé particulièrement approprié. « Par ses qualités intrinsèques et sa mise en œuvre sur 60 cm d’épaisseur, avec les deux faces du mur d’enceinte laissées nues, il réduit considérablement la consommation d’énergie nécessaire à la régulation thermique et hygrométrique de la salle de stockage », détaillent les architectes. La salle de conférences, visible en façade sud et accessible depuis le hall d’entrée principal, est aussi partiellement construite en pisé de 50 cm d’épaisseur. Un soubassement en béton sablé de 60 cm de hauteur protège la terre des remontées d’eau par capillarité. Une toiture-terrasse végétalisée couvre le tout.

Phénomène de strates.

Pour réaliser les 251 m2 de parois en pisé, les entreprises Héliopsis et Caracol, références en la matière, ont réemployé la terre sablo-argileuse des terrassements. Selon un dosage défini en laboratoire et validé par un test de rupture à la compression, elle a été mélangée à un quart de terre argilo-graveleuse extraite à 80 km de là, à Montargis. Le temps pluvieux entre les mois de février et d’avril 2013 a nécessité d’assécher le matériau avec 3 % de chaux. Pour remplir les banches, les entreprises ont spécialement conçu et fabriqué un bac doseur. Manœuvré à l’aide d’une grue, il a simplifié et accéléré le travail de la poignée d’ouvriers spécialisés. Une fois versée, la terre a été nivelée puis compactée à l’aide d’un fouloir pneumatique. « La superposition des couches de terre, caractéristique de la construction en pisé, exprime le phénomène de strates qui forment nos sous-sols », soulignent les architectes. Cette mise en œuvre participe ainsi à la mission didactique du Conservatoire auprès de son public.

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