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« Des résultats sur trois ans avec une vision sur vingt ans »

Propos recueillis par Christiane Wanaverbecq |  le 01/06/2018  |  Bouches-du-RhôneFrance entièreEuropeEtat

Collectivités -

Renaud Muselier,président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La région a adopté en décembre un budget primitif recentré sur ses compétences obligatoires. Dans quel but ?

Lorsque Christian Estrosi et moi-même avons pris les rênes de la collectivité, nous avons trouvé une institution qui finançait tout à tous ceux qui le demandaient, sans donner un sens et avec un équilibre territorial contestable. La région ne sera plus un tiroir-caisse ! Nous nous sommes fixé la ligne de conduite suivante : nous voulons des résultats sur trois ans avec une vision sur vingt ans. Dans cette optique, nous avons revisité nos douze opérations d'intérêt régional pour n'en garder que huit. Elles doivent lever 1 milliard d'euros de financements publics et privés. Autour de 300 millions ont été réunis à ce jour.

L'enjeu est le développement harmonieux d'un « petit pays » de 5 millions d'habitants, plus grand que la Belgique et avec le PIB de l'Irlande. Il compte six départements et trois métropoles. Paca est la première région touristique de France. Nous sommes héritiers d'une « marque monde ». Nous disposons de 25 % de parcs naturels, 50 % d'espaces boisés, 1 000 km de côtes et 360 jours de soleil par an. Comment développer ce territoire pour protéger ce dont nous avons hérité ? C'est la logique de notre slogan « Une COP d'avance ».

En quoi consiste votre action environnementale ?

Nous nous appuyons sur le plan climat, via cinq axes majeurs développés en une centaine de propositions qui constituent notre feuille de route, tels l'écomobilité, la mer et les énergies. Sur les 2,6 milliards d'euros du budget, 20 % sont réservés à l'économie verte. A la fin du mandat, cette part atteindra 30 %. Cela se traduit notamment par l'installation, tous les 100 km, de bornes de recharge pour les véhicules électriques, ou encore de panneaux photovoltaïques sur les toits des lycées (12 % à ce jour, 20 % à la fin du mandat). En termes d'habitat, la région soutient les opérations de rénovation énergétique de logement social. Autre piste : le plan régional de gestion des déchets qui a été adopté à 95 % en février dernier. Il vise à réduire de 10 % la production des déchets et à valoriser 65 % d'entre eux à l'horizon 2025. Pour financer ces actions, j'ai mis ma casquette de député européen pour défendre les dossiers et créé une équipe d'une quarantaine de personnes. Nous bénéficions déjà de 1,2 milliard d'euros de fonds européens.

En début d'année, vous avez lancé un appel à manifestation d'intérêt auprès d'opérateurs de transport ferroviaire en proposant trois lignes : Marseille-Vintimille, Briançon-Marseille et Nice-Breil-Tende. Quel en est le résultat ?

Dix candidats se sont positionnés : des Allemands, des Anglais [Arriva, filiale britannique de la Deutsche Bahn, NDLR], des Italiens [Thello, filiale de Trenitalia, NDLR], des Espagnols et des Français [Transdev, filiale de Veolia ; Keolis, filiale de la SNCF ; RATP Dev ; RDT 13, NDLR]. L'ouverture à la concurrence du marché ferroviaire national est programmée pour la fin 2019.

Dès que nous aurons l'autorisation légale, nous attribuerons les marchés, sachant que nous ne fermerons aucune ligne et aucune gare. Nous ambitionnons d'être une région pilote.

L'installation d'un facsimilé de la grotte Cosquer dans la Villa Méditerranée, à Marseille, est un autre projet phare…

Nous avons reçu les offres de deux candidats. Nous choisirons l'exploitant en octobre. A charge pour lui d'organiser la scénographie en respectant l'architecture du bâtiment. L'objectif est d'ouvrir le site à l'horizon 2020-2021. Je rappelle que nous sommes propriétaires de la Villa Méditerranée. Le bâtiment a coûté 70 millions d'euros et son fonctionnement représente une dépense de 4 à 6 millions par an. Nous ne pouvons pas le vendre pour des raisons liées à l'exonération de TVA lors du chantier de construction. Nous resterons donc propriétaires du bâtiment, mais nous en céderons l'exploitation via une délégation de service public. Le futur exploitant nous reversera une redevance dont le montant sera indexé sur le nombre d'entrées. Pour atteindre l'équilibre d'exploitation, un tel équipement doit recevoir 300 000 visiteurs. Avec Cosquer, nous estimons pouvoir en drainer au moins 500 000.

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