Chantiers

Des pavillons modulaires pour une opération de rénovation urbaine

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Bois - Logement social - Maison individuelle - Produits et matériaux - Urbanisme - aménagement urbain

Pour remplacer une partie des logements sociaux d’un quartier de la ville de Cholet, le bailleur social Sèvre Loire Habitat a fait construire 25 logements individuels à l’aide de modules en panneaux  de bois aggloméré. Un choix alliant simplicité et rapidité d’exécution.

La Cité de Bostangis, à Cholet, a fait l’objet d’une rénovation urbaine en deux temps. Datant de 1958, l’ensemble était jusqu’alors constitué de quatre immeubles. Entre 2006 et 2008, les deux barres principales ont bénéficié d’un programme de rénovation thermique, tandis que les deux autres petites barres (totalisant 40 logements) ont été rasées.

A la place ont été construits sur la parcelle 25 nouveaux logements sous forme de maisons individuelles, (douze T3, huit T4 et cinq T5). Ces maisons en ossature bois ont été réalisées en filière sèche à l’aide de modules préfabriqués en usine, comprenant planchers, parois et menuiseries. Une solution proposée par Construction Millet Bois (CMB), retenue suite à l’appel d’offres lancé par le maître d’ouvrage, le bailleur social Sèvre Loire habitat, pour répondre à plusieurs critères du cahier des charges : « La topographie du chantier, avec 5 mètres de dénivelé, rendait difficile l’accès aux engins de levage, développe l’architecte Jean-Luc Guineberteau. De plus, les possibilités de stockage étaient limitées ; un système constructif traditionnel aurait donc été problématique. »

 

Orientation nord/sud

 

A la demande du maître d’ouvrage, le nouveau lotissement devait également s’inscrire dans le prolongement du quartier existant : la parcelle étant limitée à son extrémité est par une rue qui sera conservée, des modules trapézoïdaux ont été requis pour que les futurs logements épousent son tracé tout en présentant un front uni. Un détail qui avait son importance dans la conception bioclimatique du projet, comme l’explique Jean-Luc Guineberteau : « Les systèmes constructifs des autres candidats à l’appel d’offres proposaient des modules uniquement rectangulaires ; il aurait donc fallu orienter les logements est/ouest.» Aménagés en enfilade dans l’axe est/ouest, tous les logements ont donc pu être orientés nord/sud afin de bénéficient des apports solaires. De surcroît, la distribution des pièces permet de limiter les vis-à-vis : les séjours et chambres sont exposés au sud, tandis que les cuisines et salles de bains sont orientées au nord. 

 

Etanchéité à l’air

 

Les modules, de 3 à 4 m de large et de 3 à 3,80 m de haut selon les configurations, sont constitués de panneaux d’ossature en lamibois. Les parois intègrent, de l’extérieur vers l’intérieur, bardage en Douglas, pare-pluie, couche isolante (145 mm, densité 60 kg/m3), pare-vapeur et finition intérieure (BA 13). Les réservations pour les ouvrants accueillent des menuiseries double-vitrage aluminium, à l’exception de celles des baies vitrées des séjours, dotées de menuiseries bois dont les battants s’ouvrent à 180°C. Au même titre que les ouvrants, les modules qui sortent de l’atelier de CMB intègrent également les gaines électriques. Un degré de préfabrication poussé qui, outre le gain obtenu sur le temps de mise en œuvre, limite le risque de malfaçons portant atteinte à l’étanchéité à l’air des logements. Mesurée par un bureau d’étude, celle-ci est de l’ordre de 0,4 m3/h.m2 pour les T3 et de 0,55 m3/h.m2 pour les T5. Car s’il n’a pas cherché à obtenir une certification ad hoc, le maître d’ouvrage voulait que les logements tendent vers la basse consommation, au meilleur coût.

 

8 mois de chantier

 

La construction des 25 logements  s’est déroulée entre juillet 2011 et mars 2012. Les modules ont été acheminés sur site par camion à plate-forme surbaissée. Levés à l’aide d’une grue mobile, ils ont été posés sur des plots en béton. Deux modules ont été nécessaires à chacun des T3, tandis que les T4 et T5 oscillent entre quatre à cinq modules. Ils ont ensuite été complétés, à la manière d’un jeu de Lego, par les modules de toiture à pans inclinés, composés de poutres en lamellé-collé et d’éléments en bois massif. Les modules sont solidarisés par vissage et des joints d’étanchéité ont été appliqués aux interfaces. Restait ensuite à poser couvertures, terrasses et brise-soleil, avant la phase de finition (peinture, sols souples, faïences pour les cuisines et salles de bains, etc.).

Focus

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Sèvre Loire Habitat ;
Architecte : Jean-Luc Guineberteau ;
Mandataire : Construction Millet Bois (conception, fabrication et mise en œuvre des modules) ;
Surface habitable totale : 2043 m2 ;
Temps de préfabrication des modules : 9100 heures ;
Mise en œuvre sur le chantier : 2099 heures ;
Nombre d’intervenants : 3 personnes pour le grutage et l’assemblage des modules ;
Durée des travaux :  juillet 2011 – mars 2012 ;
Coût des travaux : 2 600 000 euros HT (dont 1 330 510 euros pour le lot bois).

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