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Des outils pour gérer le grand cycle de l'eau
Dans le nouveau quartier Yléo, sur l’île de Nantes, des bassins paysagers ont été installés pour retenir l’eau. - © JONCHERAY / ANDIA.FR

Des outils pour gérer le grand cycle de l'eau

GABRIEL EHRET |  le 07/12/2018  |  RhôneAssises de l'eauFrançois de Rugy

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Le débat sur les solutions techniques et financières à disposition des communes est rouvert à l'occasion des Assises de l'eau.

Les Assises de l'eau, le retour. Après une première séquence consacrée au petit cycle (eau potable et assainissement), c'est le grand cycle (naturel) qui est au centre des attentions. Dans ce cadre, s'est tenu le 15 novembre à Lyon un colloque national regroupant les représentants des agences de l'eau et de leurs comités de bassin. Ces discussions ont permis de recenser les divers outils pour affronter le manque ou le surplus d'eau. Elles ont aussi fait apparaître quelques divergences entre scientifiques et politiques. Dans le cas des amples ouvrages de stockage, telles les retenues collinaires, le ministre François de Rugy défend ainsi leur nécessité pour rétablir un équilibre entre pluies diluviennes et sécheresse, tandis que, du côté du CNRS, on redoute qu'ils créent l'illusion d'une maîtrise des pluviométries.

Atténuer les crues grâce aux zones humides. Pour préserver la ressource et limiter les fuites, le consensus est en revanche entier sur la nécessité de rénover les réseaux d'eau potable, de procéder à la télérelève des consommations, ou encore de gérer, via des capteurs, l'arrosage dans les collectivités. La commune d'Eze (Alpes-Maritimes), a ainsi investi 11 780 euros pour équiper ses espaces verts, dont son jardin exotique, en capteurs télécommandables.


Les dispositifs associant réseaux de collecte et infiltration sont privilégiés.

Nombre d'intervenants ont également souligné l'efficacité d'aménagements reposant sur les milieux naturels eux-mêmes. La reforestation permet par exemple de stocker du CO2 et de limiter l'effet de serre, cause des dérèglements climatiques. Les forêts françaises pourraient ainsi compenser jusqu'à 40 % des émissions de CO2 (contre 15 % aujourd'hui). De leur côté, les zones humides - dont les marais littoraux -atténuent les crues, et, en saison sèche, alimentent les cours d'eau auxquels elles sont reliées. L'enquête du bureau d'études Ecowhat, menée en moyenne vallée de l'Oise, a établi que 1 hectare de terre laissé humide réduit une crue aussi efficacement que 10 000 euros investis dans un barrage-réservoir.

Enrobé ou béton drainant, restauration de zones d'expansion de crues, jardin de pluie, bassin, noue, bande enherbée, boisement, talus, haie anti-érosion… toutes ces solutions mêlant réseaux de collecte et infiltration se révèlent également moins onéreuses que le « tout-tuyau ». Par exemple, Roannaise de l'eau, le syndicat qui gère l'eau pour 40 collectivités du département de la Loire, finalise actuellement son schéma directeur d'assainissement en s'appuyant sur trois scénarios. Le premier, basé sur la désimperméabilisation et la fin de l'envoi des eaux pluviales dans les réseaux unitaires, coûterait 126 M€. Le deuxième, consistant à réaliser des bassins de pollution et à renforcer collecteurs et station d'épuration, 47 M€. Enfin, pour le troisième dispositif qui pioche dans les deux précédents en désimperméabilisant et en créant des ouvrages, il ne faudrait investir que 32 M€.

Aides et plates-formes d'investissement. Pour mener à bien ces réalisations, le recours à des instruments financiers spécifiques est parfois nécessaire. Parmi eux, le fonds Althélia identifie et finance des projets territoriaux et agricoles à fort bénéfice environnemental, au moyen de plates-formes d'investissement. L'une d'elles est dédiée à la transition agro-écologique en France. Les aménagements destinés à s'adapter au changement climatique sont par ailleurs éligibles aux aides européennes (fonds Feder) ou des agences de l'eau.

Les intervenants au colloque ont été nombreux à demander la mise en œuvre par l'Etat d'aides pour « services environnementaux rendus » par les collectivités locales ou les agriculteurs, notamment en préservant les réserves d'eau. Un appel du pied pour les travaux des Assises de l'eau, qui devraient s'achever au premier trimestre 2019.

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