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Des fleurs au bâtiment : les nouveaux horizons de l’horticulture
Corinne Bitaud, directrice de l'institut technique de l'horticulture Astredhor depuis décembre dernier, entend poursuivre une stratégie d'intégration vers l'aval - © © Astredhor

Des fleurs au bâtiment : les nouveaux horizons de l’horticulture

Laurent miguet |  le 09/01/2017  |  PaysageTechniqueInnovation

L’innovation horticole française franchit de nouvelles frontières, y compris dans l’univers de la construction. Nommée en décembre dernier directrice de l’institut technique Astredhor, Corinne Bitaud confirme un cap d’intégration vers l’aval, pour l’institution rattachée au ministère de l’Agriculture.

La stratégie française pour la bio-économie donnera à Corinne Bitaud l’occasion d’engager son parcours de directrice de l’institut technique de l’horticulture Astredhor dans la continuité de ses précédentes fonctions : chargée des politiques publiques de recherche au ministère de l’Agriculture depuis 2011 jusqu’à décembre dernier, elle a rédigé le premier volet du document d’orientation. Attendu dans les prochaines semaines, le plan d’action qui en découlera devrait conforter Astredhor, dans sa volonté d’élargir les horizons de l’horticulture bien au-delà de ses fonctions ornementales.

Economie circulaire

« Les souffrances de la filière stimulent la recherche de nouveaux débouchés qui répondent aux attentes de la société : sur des thèmes comme le changement climatique ou le bien être, l’horticulture peut contribuer à des solutions inscrites dans l’économie circulaire, susceptibles de retisser les liens entre ville et campagne », espère la directrice. Outre la santé, la cosmétique et l’alimentation, le secteur de la construction et de l’aménagement fait partie des débouchés de la bio-économie ciblés par Astredhor, notamment à travers les dalles composites et les paillages. En cours dans les régions Seine-Manche et Loire-Bretagne, deux projets phare illustrent la mobilisation de l’institut sur ce créneau : le premier concerne une tour dépolluante, le second les parkings plantés soumis à des conditions d’éclairage difficiles.

Les sols, un thème fédérateur

Associant le choix des plantes à l’adaptation des substrats dans lesquelles elles se développent, ce dernier exemple montre que l’élargissement des débouchés en aval implique aussi l’ouverture de nouveaux champs de recherche vers l’amont. Le thème du sol a d’ailleurs suscité une démarche lancée le 7 décembre avec les réseaux scientifiques et techniques des ministères de l’Environnement, de l’agriculture et de la recherche, avec la participation d’Astredhor.

« L’élargissement des objectifs implique une réflexion sur l’évolution de la structure et de ses financements », annonce la directrice : avec un budget de 7 millions d’euros, les 100 équivalents temps pleins et les 10 stations expérimentales réparties dans six unités régionales ne suffiront pas à satisfaire les nouvelles ambitions. L’Institut s’appuie sur 10 ans d’expériences accumulées par les réseaux mixtes technologiques (RMT), créés en 2006 par le ministère de l’Agriculture pour mutualiser ses moyens de recherche. Il se tourne désormais vers les ministères de la recherche, de l’environnement, l’Europe, le mécénat... Sur le plan institutionnel, l’intégration, au bureau d’Astredhor, d’un représentant de l’interprofession du végétal et du paysage, a marqué une étape franchie en décembre dernier.

Fonctionnement éco-systémique

Sans perdre de vue les besoins immédiats des producteurs et notamment la conduite d’études qui éclairent l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour les autorisations de mises sur le marché de produits phytosanitaires, l’Astredhor inscrit sa mission dans une logique radicalement nouvelle : « Un processus linéaire a longtemps dominé la recherche agricole, du chercheur vers l’agriculteur. Nous entrons dans un fonctionnement écosystémique, avec ses mécanismes de rétroaction, pour co-construire les projets de recherche », explique la directrice, soucieuse de ne jamais perdre de vue l’objectif à long terme de développement durable, même dans la réponse aux contraintes du quotidien des producteurs de  plantes ornementales.

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