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Des filières de recyclage  plus ou moins matures
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Des filières de recyclage plus ou moins matures

JULIE NICOLAS |  le 29/11/2013  |  MorbihanFrance entière

Déchets du BTP -

Diverses initiatives sont en cours afin de recycler les déchets issus des chantiers de construction et de démolition. Si leur tri entre dans les habitudes, il reste encore beaucoup à faire pour que ces déchets soient réellement valorisés. Certaines filières se veulent exemplaires, tandis que d’autres commencent tout juste à émerger et à se structurer.

Le secteur du BTP produit chaque année environ 250 millions de tonnes de déchets, issus de la démolition de bâtiments ou de chantiers de construction, ce qui représente plus de 70 % de la totalité des déchets produits dans l’Hexagone. Dans ce contexte, il est important d’appliquer la directive européenne 2008/98/CE Déchets qui fixe un objectif de valorisation matière des déchets non dangereux et inertes de 70 % d’ici à 2020. « Or, il reste difficile d’évaluer notre état d’avancement », constate Laurent Chateau, ingénieur en charge des déchets du BTP à l’Ademe. Certes, une enquête a été menée par le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie en 2009-2010. Selon cette étude, menée auprès des entreprises de travaux - c’est-à-dire celles qui détiennent les déchets -, la France valorise actuellement 60 % de ses déchets non dangereux. Mais le chiffre semble surestimé, en particulier parce que le fait qu’un déchet soit apporté dans un centre de tri ne préjuge pas de sa valorisation effective ultérieure.

« Outre le fait que cette méthode de calcul diffère de celle employée jusque-là, il est surtout important de noter que la progression reste faible », souligne Laurent Chateau. Cela dit, il sera bientôt possible d’y voir plus clair grâce aux plans de prévention et de gestion des déchets de chantier du bâtiment et des travaux publics. Lancés par la loi Grenelle II et adossés au décret du 11 juillet 2011, ces plans, menés sous l’égide des conseils généraux, doivent permettre de connaître la situation dans chaque département.

Démarche de progrès

Cette évaluation conduira ensuite à l’élaboration de scénarios afin d’améliorer le recyclage des déchets de chantier. Il convient de fixer des objectifs réalistes en tenant compte du contexte environnemental à l’échelle d’un territoire. Il s’agit d’éviter que l’économie d’une ressource se traduise par une augmentation des émissions de CO2. Grâce à l’incitation au dialogue entre les acteurs, une démarche de progrès commence à se mettre en place. « Certains territoires ont pris de l’avance, en particulier la Sarthe, le Morbihan et l’Ile-de-France », note Laurent Chateau. Ce dernier cas est particulier puisque la région se veut irréprochable et sera prête en septembre 2014. L’augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) incite à la valorisation. « Le tri devient plus rentable que la mise en décharge », estime Magali Schwob, animatrice sécurité environnement chez Tryba. Le producteur de fenêtres et portes-fenêtres en PVC et en aluminium trie en permanence 24 matériaux dans des bennes de 20 à 40 m 3 . « Malheureusement, il y a souvent un amalgame entre tri et recyclage. La majorité des sociétés trient, mais ne recyclent pas », rappelle Jean-Yves Burgy, qui calcule que plus de 80 chaînes de tri semi-mécanisées supplémentaires sont encore nécessaires, en plus des 11 en service, dont les capacités sont comprises entre 30 000 et 50 000 tonnes/an. Si les progrès ne sont pas aussi rapides qu’espéré, diverses initiatives émergent tout de même.
Ainsi le plâtre, qui fait figure de bon élève en matière de recyclage, vient de passer à l’échelle européenne avec le projet « Gypsum to gypsum » (voir ci-contre). « Le plâtre était stocké parmi les déchets inertes. Or, mélangé à des produits fermentescibles, il produit de l’hydrogène sulfuré », rappelle Gwenaëlle Croizer, responsable environnement chez Occamat, membre du projet européen. Lorsque la réglementation a obligé à stocker ce matériau dans des alvéoles dédiées, le coût du stockage est passé de 0 à 75 euros/tonne. Nul doute que ce changement a encouragé les pratiques vertueuses.

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