En direct

Des façades « miroirs » en cuivre pour un gymnase en plein cœur de ville

Frédérique Vergne |  le 13/07/2011  |  TechniqueChantiersMarne

En plein centre-ville, le futur gymnase HQE  de la ville de Chelles en Seine et Marne est une boîte en verre à forte empreinte architecturale. Sa particularité : une façade constituée de panneaux de cuivre posés comme un histogramme, qui assurent légèreté et préciosité au bâtiment. Un objet magique en quelque sorte.

Pour son nouvel équipement sportif, le maître d'ouvrage la ville de Chelles s'est fixé un double objectif : remplacer l'ancien gymnase qui sera transformée en une médiathèque et intégrer de façon harmonieuse ce nouveau bâtiment dans le site constitué d'un collège, de deux églises accolées, vestiges de l'ancienne Abbaye Royale de Chelles, classées Monuments Historiques et devenues Centre d'art contemporain, et l'Hôtel de Ville. L'idée est d'apporter à l'ouvrage un signe esthétiquement reconnaissable par une architecture originale et de l'inscrire dans une démarche HQE.

Pour relever ce défi, l'agence LAN Architecture, qui a livré l'année dernière le centre des archives industrielles d'EDF dans la Meuse, caractérisé par une façade en béton incrustée de pastille Inox, a tout d'abord travaillé sur l'implantation du bâtiment en prenant en compte l'existence d'un environnement dense et des constructions existantes. Puis sur la matérialité. « Notre choix s'est porté sur une boîte en verre avec une façade double peau combinant le verre en extérieur et le cuivre en intérieur », précise Benoît Jallon de LAN Architecture. Ainsi l'enveloppe du bâtiment réfléchit les façades environnantes et crée un prolongement naturel entre les différents édifices.

Une façade de cuivre et de verre de 790 m2

Le verre et le cuivre couvrent près de 60% de la surface totale du gymnase. La façade est composée d'une structure en acier, des façades en verre composées en partie inférieure d'une paroi en béton isolé et d'un bardage en cuivre en intérieur. Les panneaux en bois, sur lesquels sont collées des lamelles de cuivre, sont posés comme un histogramme, ce qui permet un jeu de lumières tout en protégeant des regards extérieurs. Ils sont maintenus par des cornières métalliques en Inox qui évitent le phénomène d'électrolyse entre la plaque de cuivre et le profilé en aluminium. Cette double peau assure l'isolation acoustique, renforcée par un faux plafond.

Une esplanade en prolongement de la façade

Là-aussi, la créativité des architectes a joué. Si la nouvelle esplanade de près de 3 000 m2  s'inscrit dans la continuité de celle réalisée par l'architecte Marc Barani pour le Centre d'art contemporain, elle se veut l'extension naturelle du gymnase. Redessinée sous forme de damier, elle se compose de grandes dalles en béton bouchardé , surface dans laquelle viennent subtilement s'insérer des plaques de béton d'aspect Corten (15% de la surface totale du sol), rappelant à la fois le cuivre de la façade et celui de l'espace accueil du centre d'art contemporain.

Bâtiment THPE

Afin de garantir une meilleure maîtrise de l'énergie, certains choix d'équipements se sont opérés. La consommation énergétique du bâtiment ne devrait pas excéder les 88 kWh / an. Le confort est assuré par l'inertie des murs en béton brut isolé, des ouvrants qui permettent une ventilation nocturne et un système de ventilation double-flux. Pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire, le bâtiment profite du raccordement au réseau de chaleur géothermique de la ville. 46 m2 de panneaux photovoltaïques sont installés, l'électricité produite sera réinjectée dans le réseau EDF. Un système de récupération des eaux de pluie est également prévu. Fonctionnant avec la toiture végétalisée, il alimentera les sanitaires, l'arrosage des espaces verts et les réseaux de voirie.

Livrée en novembre, cette réalisation, dont le coût s'élève à 3,6 millions d'euros (auxquels il convient d'ajouter celui du parking en sous-sol  qui n'était pas dans le projet initial), se veut être un « objet magique » en site urbain dense, comme aime à le définir l'architecte Benoît Jallon. Un exemple dans la re-définition harmonieuse du paysage urbain.

Le futur gymnase de Chelles sera livré en novembre.
Le futur gymnase de Chelles sera livré en novembre.
Benoit jallon de LAN Architecture
Benoit jallon de LAN Architecture

Commentaires

Des façades « miroirs » en cuivre pour un gymnase en plein cœur de ville

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur