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Des boues compostées sans nuisances olfactives

BERTRAND ESCOLIN, NORA HACHACHE, ROLAND KUSCHNER, LAURENT MIGUET, BERNARD REINTEAU |  le 25/06/1999  |  TechniqueEnvironnementFrance entière

Deux stations de traitement de boues d'épuration urbaine ont lancé le procédé Aerogreen ces derniers mois en France : la Sede (Vivendi) a choisi cette technique à Caudecoste pour une unité, mise en service en septembre, d'une capacité annuelle de 12 000 à 15 000 t ; le même groupe a démarré en janvier l'exploitation d'une seconde unité de 35 000 t dans le Sud-Ouest. Pour mettre au point ce procédé, six entreprises, collectivités et universités françaises, luxembourgeoises, allemandes et wallonnes se sont regroupées dès 1997 au Luxembourg sous l'enseigne Soil Concept (1). Ce programme vise à mettre au point un pilote en grandeur réelle pour traiter la plus grande part des boues d'épuration urbaines du Grand Duché (12 000 t/an). La mise en service de la station interviendra l'été prochain.

« La clé du process réside dans la régulation de la ventilation par insufflation et aspiration », résume Alain Guégan, responsable des projets de biotraitement chez Greenworld, exploitant de stations de compostage et partenaire français du programme Soil Concept. Des sondes de 1,50 m en Inox, plantées dans les andains, mesurent leur température, leur humidité et leur oxygénation. Les armoires de régulation qui traitent les informations envoyées par ces sondes déclenchent la durée et le mode de ventilation : insufflation ou aspiration par les caniveaux incrustés dans la dalle étanche. La disposition des andains par paires permet à l'un d'eux de jouer le rôle de biofiltre pour l'autre, « ce qui évite des investissements onéreux dans des appareils difficiles à piloter », souligne Alain Guégan. Au pilotage par armoires connectées aux sondes, l'exploitant peut préférer le suivi informatique, à l'aide d'une supervision développée par Greenworld. Cet outil mémorise l'historique des produits traités et permet à l'exploitant d'affiner le temps et le mode de traitement en fonction de la composition des boues. L'économie générée par Aerogreen résulte surtout de la maîtrise des nuisances olfactives. Une caractéristique qui rend le procédé compatible avec des stations de traitement à ciel ouvert : « Les préfectures admettent un traitement à 55 °C pendant quelques jours. Nous garantissons une température à plus de 60 °C durant plusieurs semaines », précise Alain Guégan.

La compétence acquise par Greenworld explique la diversification engagée par la société en 1997 : pour se lancer dans l'ingénierie de traitement de boues et de sols pollués, l'exploitant alsacien a créé le bureau d'études ITD Environnement, filiale commune à Greenworld et l'autrichien Innovative Umwelttechnik.

(1) Soil Concept, 251, route d'Arlon, L-1150 Luxembourg. Tél. : 00352/45 56 36. E-mail : http : //www.soil-concept.lu.

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