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Des biotopes marécageux à Paris Rive gauche
PHOTO - 236899.HR.jpg - © ah ah paysagistes

Des biotopes marécageux à Paris Rive gauche

Yannick Nodin - |  le 30/10/2009  |  ArchitectureAménagementUrbanismeRéglementationParis

Parc urbain -

Dans l'Est parisien, le jardin des Grands Moulins démontre que les tissus denses des villes peuvent accueillir des lieux de diversité écologique. Dans cet espace contraint et à la topographie pentée, l'aménagement urbain conserve une qualité d'usages, grâce à des terrasses étagées en direction de la Seine.

Ouverts au public en septembre, les jardins des Grands Moulins, 1,2 hectare de verdure au cœur du quartier Masséna Nord à Paris, concilient fonctions urbaines et ambitions écologiques. Sur cette ancienne emprise ferroviaire, le projet urbain Paris Rive gauche façonne à l'est de la capitale une nouvelle topographie en bord de Seine. L'avenue de France, épine dorsale du projet, s'élève ainsi à 10 mètres au-dessus du niveau initial de ce méandre du fleuve.

Les jardins, faisant la jonction avec l'esplanade aménagée en contrebas en 2006 (paysagiste : Thierry Huot) entre la Halle aux farines et les Grands Moulins de Paris, reconvertis en équipements universitaires, absorbent ce dénivelé. « La composition s'établit suivant une série de terrasses orientées vers la Seine. Elles confortent la percée visuelle vers le fleuve depuis l'avenue de France, tout en optimisant dans les jardins les espaces praticables », explique Patricia Perrier, de l'agence Ah-ahpaysagistes, mandataire de l'équipe choisie sur concours en 2004.
Deux espaces de proximité prolongent le jardin central, l'arrimant au tissu existant, et établissent de nouveaux cheminements en cœur de quartier. Au point haut du site, un square vient s'ancrer à l'avenue de France, reliée à l'esplanade par une passerelle surplombant le jardin central (architecte : Vong DC). Celui-ci est prolongé au nord-ouest par un espace de jeux encastré dans un îlot ouvert, déclinant les principes établis par l'architecte-urbaniste Christian de Portzamparc. Cet espace public fragmenté répond à la topographie, maintenant aussi une qualité de vues dans un tissu pourtant très contraint. Enfin, il introduit des usages différenciés : promenade botanique sur les Carrés nomades dans la partie Est du jardin central, grande prairie propice à la détente et au repos sur sa partie ouest, jeux pour enfants dans le square la prolongeant, pause sous les pergolas en lisière de l'avenue de France.

Lysimaque et salicaire

« Dans ce tissu bâti marqué par l'acier, le béton et le verre, nous avons pris le parti de décliner le thème de la conquête végétale », explique Patricia Perrier. Ce travail sur les porosités, en contrepoint des ambiances minérales et des matériaux lisses des architectures, se double d'objectifs écologiques. En effet, la Ville de Paris a souhaité couvrir les besoins en eau du jardin par l'utilisation des eaux de toiture de certains bâtiments alentours.
Pour y parvenir, une cuve enterrée de 550 m³ recueille et filtre cette ressource, utilisée en surface dans les Carrés nomades. D'abord pulsée vers le « mur des pluies », au point haut du jardin central, elle y est ensuite restituée via une série de rigoles et de canaux (voir schéma ci-dessus). « En jouant sur les mélanges grainiers, les substrats et l'alimentation en eau, on peut faire coexister des dynamiques végétales très différentes, explique Patricia Perrier. Un carré traité en prairie humide, planté de salicaire, lysimaque et reine des prés, voisine ainsi avec un carré de graves non ensemencé, dont la colonisation végétale sera spontanée. » Econome en eau, ce système hydraulique a également un coût important. Les seuls travaux de génie civil (ouvrages enterrés, conduites, canaux et rigoles, bassins de rétention.) auront mobilisé pas moins de 45 % de l'enveloppe finale, qui s'établit à un peu plus de 3 millions d'euros. Le prix à payer pour des espaces autoalimentés en eau dans un tissu contraint.

- Maîtrise d'ouvrage : Ville de Paris, Direction des espaces verts et de l'environnement. - Maîtrise d'œuvre : Ah-ahpaysagistes (mandataire) ; BG Ingénieurs Conseils, BET ; Biotec Biologie appliquée, génie écologique. - Entreprises : Eiffage TP Réseaux et Valentin, génie civil ; Cochery, sols et maçonneries ; G2E, fontainerie ; Stapef, arrosage intégré ; Eiffage TP Réseaux, locaux techniques ; PMS, serrurerie ; Bernard Bois, ouvrages bois ; ISS Espaces verts, végétalisation. - Surface : 12 000 m², dont 8 000 m² pour le jardin central. - Ouverture au public : septembre 2009. - Coût de réalisation : 3,06 millions d'euros

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