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Des bétons coulés en place sans vibrage

FRANCOIS SAGOT |  le 20/02/1998  |  BétonMaîtrise d'ouvrageFinistèreProduits et matériels

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LE CHANTIER Extension du parc de loisirs Océanopolis, à Brest. LE PROGRAMME Réalisation de pavillons polaire et tropical accueillant des aquariums géants. LES SOLUTIONS Utilisation de bétons fluides mis en oeuvre par simple gravité pour des voiles bruts de décoffrage, incorporant de larges ouvertures.

L'extension du parc de loisirs Océanopolis, situé à Brest, porte sur la création de deux pavillons polaire et tropical accueillant des aquariums géants. Le bâtiment, d'une longueur de 164 m, d'une largeur variant entre 12 et 100 m pour une hauteur maximale de 15 m, est réalisé sur un polder. Le sol peu portant a donc nécessité des fondations profondes de 10 à 17 m : les pieux forés à la tarière creuse supportent un réseau de longrines.

Des voiles bruts de coffrage

Compte tenu de la spécificité des ouvrages, Mab Construction, filiale de Spie-Citra et mandataire du lot gros oeuvre, utilise pour certains voiles des bétons spéciaux. En effet, l'entreprise doit réaliser des voiles de grande hauteur dans lesquels s'insèrent de larges ouvertures, et qui resteront bruts de décoffrage. Pour obtenir une bonne qualité de parement avec une arase parfaite des murs, des bétons fluides, qui ne nécessitent pas de vibrage lors de la mise en oeuvre ni d'outils coffrants particuliers, sont utilisés. Albert Salaun, conducteur de travaux de Mab, et Bernard Pailler, responsable de chantier, expliquent « que des banches classiques ont été employées, avec une peau en acier ou en Bakélite, sans dispositif particulier d'étanchéité en pied. Seul le choix des huiles de décoffrage suppose des essais préalables afin d'éviter des phénomènes de bullage ». Et d'ajouter : « Nous gagnons du temps lors du coulage. »

Meilleures conditions de travail

L'utilisation de ces bétons livrés par la société brestoise BBS et qui incorporent un adjuvant développé par la société Sika (voir encadré) a permis à l'entreprise MAB de ne pas avoir recours à la préfabrication qui aurait ralenti le chantier et demandé des engins de levage.

Pour Albert Salaun, « il est encore trop tôt pour tirer des conclusions en termes de rentabilité. Si ces bétons spéciaux coûtent 25 % plus cher qu'un béton classique, en revanche leur emploi se traduit par de meilleures conditions de travail auxquelles les compagnons sont sensibles. De plus, leur rapidité de mise en oeuvre autorise des rotations plus rapides ». Pour ce chantier, 5 700 m3 de béton seront coulés, et 330 t d'acier utilisées. Une grande partie des voiles sont courbes (il existe vingt-cinq rayons différents). Les outils coffrants, de 6 m de hauteur et cintrables, sont fournis par le fabricant Outinord. Le coût des travaux pour cette tranche s'élève à 100 millions de francs HT. Le lot gros oeuvre représente 40 millions de francs. Lorsque cette tranche sera ouverte au public au printemps 1999, la surface du parc de loisirs passera de 2 700 m2 à 8 500 m2.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : communauté urbaine de Brest.

Maître d'ouvrage délégué : Semaeb.

Assistant au maître d'ouvrage : Sopab.

Architecte de conception : cabinet Rougerie.

Architecte d'opération : cabinet Ricard et Halet.

Muséographe : Rainer Verbizh.

Economiste : cabinet Pigeon.

Bureau d'ingénierie : Isateg-Sodeg.

OPC : Sofresid Ouest.

Entreprises de gros oeuvre : MAB (mandataire), Courté, Priser (fondations profondes).

Coordination sécurité : Socotec.

Contrôle technique : Veritas-Socotec.

Un béton « autoplaçant »

Le béton « autoplaçant », utilisé pour les voiles, ou « autonivelant » pour les planchers est obtenu à l'aide du superplastifiant Viscocrête 3010 SCC développé par Sika. Il est le fruit de recherches menées avec le laboratoire régional des Ponts et Chaussées de Montpellier. A très haute fluidité, il se caractérise par une cohésion élevée et par l'absence de ségrégation lors de la mise en oeuvre. A Brest, il a fait l'objet d'une adaptation spécifique aux granulats locaux avec le fournisseur de béton BBS.

PHOTOS : Albert Salaun, conducteur de travaux de Mab Construction, et Bernard Pailler, responsable du chantier : « Nous obtenons une meilleure qualité de parement même lorsqu'il y a beaucoup de réservations. »

Compte tenu des larges ouvertures dans les voiles, un vibrage classique avec des aiguilles aurait été délicat.

Le coulage du béton s'effectue avec des banches classiques, sans dispositif particulier d'étanchéité en pied.

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