En direct

Des bâtiments en bois pour la décarbonation
Mathieu Robert, Directeur Building Solutions, Stora Enso Wood Products. - © Stora Enso
Tribune

Des bâtiments en bois pour la décarbonation

par Mathieu Robert, Directeur Building Solutions, Stora Enso Wood Products |  le 17/05/2022  |  RE2020Construction boisFrance

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

RE2020
Construction bois
Industrie
France
Valider

Ingénieur en construction bois formé à Nantes, Mathieu Robert, responsable des solutions de construction du groupe suédo-finlandais Stora Enso Wood Products se félicite de la mise en place de la RE 2020, pionnière en Europe, qui doit permettre à terme le développement de l'industrie de la construction bois dans toute l'Union.

D’après le Programme des Nations unies pour l'environnement, la fabrication de matériaux de construction - en particulier l'acier et le ciment - était responsable de 10 % des émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie en 2020. Ainsi, en raison de ces émissions dites incorporées, notre industrie du bâtiment a le devoir inéluctable de faire mieux pour la planète. La France a ouvert la voie le 1er janvier 2022 avec une nouvelle réglementation pionnière, la RE2020. *

La RE2020 est un formidable levier de croissance vertueuse pour l'industrie en faisant d'elle un marché très attractif. Elle sera également bénéfique pour les usagers en favorisant la création d'un plus grand nombre de bâtiments à faibles émissions qui contribuent au bien-être personnel, en rendant les logements plus abordables grâce à la baisse des coûts de construction, etc. Tout cela sera rendu possible grâce à son solide écosystème d'investisseurs et de développeurs.


Une approche pionnière

La nouvelle réglementation française RE2020 rend obligatoire l'analyse des émissions intrinsèques sur l'ensemble du cycle de vie d'un bâtiment, de la création de l'installation à sa déconstruction ou sa démolition. Elle s'applique à partir du 1er janvier 2022 pour les bâtiments résidentiels et s'étend en 2023 à d'autres types de bâtiments.

Ce qui est remarquable dans la RE2020, c'est qu'elle exige une analyse dynamique du cycle de vie, qui pondère moins les émissions futures que les émissions actuelles. Ainsi, la RE2020 favorise les matériaux - comme le bois - qui ont de faibles émissions pendant leur fabrication et qui stockent le carbone. La France serait le premier pays à appliquer une approche d'analyse dynamique du cycle de vie au secteur du bâtiment.

La RE2020 comprend des valeurs limites de carbone incorporé qui, au cours des années suivantes, seront progressivement abaissées pour réduire les émissions. Le déploiement des valeurs limites a également pris effet au début de l'année 2022. Ces valeurs limites seront renforcées en 2025, 2028 et 2031, chaque étape faisant davantage pression sur le secteur du bâtiment pour qu'il se décarbonise.
À partir de cette année également, en France, tous les nouveaux bâtiments publics devront être composés d'au moins 50 % de bois ou d'autres matériaux durables afin de contribuer à un développement urbain durable.

L'UE se concentre sur le carbone incorporé


D'autres pays commencent à prendre des mesures dans le même sens, et la Commission européenne aborde pour la première fois la question du carbone incorporé dans sa réglementation, ce qui pourrait fortement stimuler la demande de produits de construction en bois.

Tout d'abord, la première partie du règlement de l'Union européenne visant à orienter l'argent vers des activités économiques classées comme durables est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Cette partie de la taxonomie de la finance durable concerne les activités qui peuvent apporter une contribution substantielle à l'atténuation et à l'adaptation au changement climatique. Pour les nouveaux bâtiments de plus de 5 000 m² qui remplissent cette condition, le potentiel de réchauffement planétaire du cycle de vie du bâtiment résultant de la construction a été calculé pour chaque étape du cycle de vie et est divulgué aux investisseurs et aux clients sur demande.

Deuxièmement, dans le cadre de la proposition de révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB) introduite récemment, à partir de 2027, les nouveaux bâtiments de plus de 2 000 m² devront faire l'objet d'un calcul des émissions sur l'ensemble du cycle de vie de chaque bâtiment, les résultats étant rendus publics par le biais du certificat de performance énergétique du bâtiment. Les certificats de performance énergétique partageront également des informations sur tout stockage de carbone au niveau du bâtiment.

Enfin, la proposition de la DPEB appelle à des plans nationaux de rénovation des bâtiments pour lesquels les États membres devraient décrire leurs politiques de réduction des émissions de carbone incorporées sur l'ensemble du cycle de vie et l'adoption de l'élimination du carbone. Le Parlement européen va maintenant se saisir de cette révision de la DPEB dans le cadre du processus législatif, au cours duquel la proposition sera ajustée.


D'autres actions sont nécessaires, mais la tendance est claire.

Ces réglementations symbolisent un changement indéniable vers la généralisation de la réglementation du carbone incorporé dans les bâtiments, ce qui est de bon augure pour une augmentation de la construction en bois. Un tel examen du carbone incorporé est nécessaire pour que le secteur du bâtiment contribue correctement à l'engagement légal de la France en faveur de la neutralité carbone d'ici 2050. La réalisation de cet objectif est un objectif que nous devons tous soutenir.

Sur le même sujet « Tout l’enjeu pour nous est de prendre des parts de marché au béton et au métal », Mathieu Robert (Stora Enso Wood Products)

Stora Enso investit dans ACDF Industrie 

 

Le groupe a annoncé le 9 mai avoir pris une participation 35 % dans ce spécialiste français de la construction bois qui travaille tous les types de bois d’ingénierie (CLT, Lamellé-collé, LVL (lamibois), etc.), proposant différents produits à valeur ajoutée tels que des éléments de murs, de planchers ou de toitures sur le marché du bâtiment résidentiel et non résidentiel, principalement en France.


« La France est l’un de nos marchés de croissance prioritaires ; la réglementation y favorise tant les matériaux durables et renouvelables que l’immobilier bas carbone. Cet investissement accroît notre capacité de production de panneaux CLT et LVL à proximité de forêts gérées durablement, ainsi que les possibilités pour ACDF Industrie de transformer nos produits bois en éléments de murs, de planchers et de toitures au plus près des chantiers français. Ce partenariat nous donne davantage de poids sur le marché en tant que leader mondial des produits en bois transformé durables », a déclaré Lars Völkel, EVP de la division Produits du bois de Stora Enso.


L’investissement d’ACDF Industrie SAS dans une deuxième chaîne de production se déroule conformément aux prévisions. Cette chaîne, qui doit renforcer la capacité de production d’éléments en bois massif transformé de l’entreprise, entrera en service en février 2023.


 

Commentaires

Des bâtiments en bois pour la décarbonation

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil