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Des armes biologiques face aux nouveaux nuisibles

Yaël Haddad |  le 14/09/2018  |  Charente-MaritimeHaute-GaronneFrance entièreEuropeAménagements extérieurs

La lutte contre les ravageurs, pathogènes et nuisibles s'intensifie dans les espaces verts. Les évolutions réglementaires et le changement climatique imposent une vigilance accrue de la part des gestionnaires, ainsi que l'appui de la recherche et développement pour offrir des solutions adaptées.

Trois paramètres majeurs ont changé la donne en matière de lutte contre les pathogènes, ravageurs et maladies des végétaux dans les espaces publics : la mondialisation, les changements climatiques et l'évolution réglementaire. La croissance internationale des échanges commerciaux et du tourisme a favorisé l'arrivée de nombreux ravageurs et pathogènes exotiques au cours des dernières décennies. En l'absence de prédateurs naturels, ces derniers ont pu proliférer en provoquant d'importants dégâts sur le patrimoine végétal de leur nouveau territoire, à l'image de ce que l'on a pu voir avec le chancre coloré du platane et les ravageurs de palmiers, ou plus récemment avec la pyrale du buis. Les bouleversements climatiques, en particulier l'augmentation globale des températures et la baisse des périodes de froid intense en hiver, favorisent non seulement l'implantation de ces espèces exogènes, mais également l'expansion vers le nord et en altitude de ravageurs indigènes comme la chenille processionnaire du pin. « Le réchauffement climatique dynamise le cycle de développement des organismes nuisibles et favorise l'allongement de leur phase active », souligne Maxime Guérin, chargée d'études en protection des plantes et écologie urbaine à Plante & Cité, lors d'un webinaire qui s'est tenu le 8 juin dernier sur le thème « Impacts des changements climatiques sur les bioagresseurs des plantes ».

"Le réchauffement climatique dynamise le cycle de développement des organismes nuisibles." MAXIME GUÉRIN, Plante & Cité

Une problématique d'autant plus préoccupante que ces changements climatiques placent les plantations ornementales dans des conditions de stress accentué, les rendant encore plus sensibles aux attaques. Troisième facteur, l'évolution de la réglementation sur l'usage des pesticides chimiques -loi Labbé (1) modifiée par la loi sur la transition énergétique (2) et la loi Potier (3) -a conduit les gestionnaires des espaces verts à orienter leurs stratégies en s'appuyant désormais principalement sur le biocontrôle.

Culture du compromis

La lutte biologique implique le plus souvent d'utiliser une association de méthodes. À titre d'exemple, le programme Alterpro porté par l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) et Plante & Cité a démontré que seule la lutte combinée contre la processionnaire du pin s'avérait véritablement efficace. Ce ravageur dont l'aire d'expansion ne cesse de s'accroître pose des problèmes de santé publique importants du fait du caractère hautement urticant des poils présents sur la chenille dès le stade larvaire 3. La lutte s'appuie sur l'association du piégeage des papillons (pièges à phéromones), de la lutte microbiologique contre les chenilles avec le Bacillus thurengiensis kurstaki, de la lutte mécanique (prélèvement des nids), du piégeage des chenilles durant leur phase de procession et de l'enrichissement des populations de mésanges par la pose de nichoirs spécifiques. « La lutte biologique impose de disposer de connaissances spécifiques sur les cycles biologiques des organismes nuisibles. Elle nécessite aussi une bonne compréhension des milieux et des équilibres qui doivent se mettre en place progressivement pour créer les conditions favorables au maintien des auxiliaires utilisés contre ces ravageurs et pathogènes », précise Édith Mühlberger, responsable protection biologique intégrée au sein de l'entreprise In'Flor basée en Haute-Garonne. Le succès passe enfin par une culture du compromis : seuils de tolérance plus élevés, acceptation de la présence de dégâts minimes sur les plantes, maintien d'une population réduite de ravageurs, plutôt que leur éradication complète. Sur site, les observations doivent être régulières pour évaluer l'évolution de la pression parasitaire et agir au bon moment, car ces stratégies de lutte ne sont efficaces que sur des stades de développement précis.

À l'échelon d'un territoire, le bulletin de santé du végétal (BSV) régional constitue un outil précieux pour connaître les problématiques les plus prégnantes. La synthèse nationale des BSV réalisée annuellement par Plante & Cité offre un aperçu des bioagresseurs émergents dans les régions ou pays limitrophes et permet d'anticiper leur arrivée. Pour aider les collectivités territoriales à mettre en place une biosurveillance adaptée, Plante & Cité a également publié au printemps 2018 un guide des protocoles Suivi des organismes nuisibles aux Je vi [jardins, espaces végétalisés et infrastructures, NDLR]. Les gestionnaires se doivent aussi de rester vigilants lors de l'achat des végétaux, en s'informant auprès des fournisseurs de l'origine exacte des plantes, en exigeant le passeport phytosanitaire européen (PPE) pour les espèces qui le nécessitent et en restant attentifs en phase de réception des commandes. Afin de prévenir la dissémination des organismes les plus dangereux, certains végétaux ne peuvent en effet circuler sans [...]

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