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Des ambitions difficiles à atteindre

GUILLAUME DELACROIX |  le 12/09/1997  |  EnvironnementDéveloppement durableFrance SantéRéglementation

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- Des mesures au cas par cas pour réduire les nuisances aux riverains. - La protection de l'environnement est souvent difficilement conciliable avec les performances techniques.

Avant même de parler de « développement durable », il paraîtrait logique de mettre en adéquation des actes de court terme avec un discours général favorable à la protection de l'environnement. Il semble malheureusement qu'il n'en soit rien - ou presque rien -, à observer les maigres dispositions mises en oeuvre sur les chantiers de bâtiment et de travaux publics pour limiter les nuisances, en particulier le bruit et la poussière. Les chantiers réellement « propres et silencieux » font encore aujourd'hui figure d'exception, pour deux raisons : le coût que représentent des mesures souvent comptabilisées au titre de l'amélioration de l'image de marque des maîtres d'ouvrage ou des entrepreneurs ; la complexité des procédures qu'elles engagent et qui contraignent à traiter les chantiers au cas par cas, sans pouvoir formaliser des démarches globales de qualité environnementale.

Respecter la tranquillité du voisinage

La réglementation demeure, il est vrai, fort limitée. « Elle impose des plafonds d'émissions sonores, sans distinguer précisément les chantiers de BTP, précise Guy Mottard, chef du bureau du bruit industriel au ministère de l'Environnement. Il existe des règles concernant le niveau de bruit maximal produit par les matériels : la réglementation européenne concerne les compresseurs, les marteaux piqueurs, les groupes électrogènes, les grues à tour et, depuis 1988, les engins de terrassement (bouteurs, chargeuses, chargeuses-pelleteuses, pelles hydrauliques et à câble), alors que niveleuses, compacteurs, pompes et engins à moteur thermique en général sont régis par la réglementation nationale de mai 1973.

Les chantiers peuvent toutefois être soumis à une sanction fixée par le décret du 18 avril 1995 sur la "lutte contre les bruits de voisinage", lorsqu'il est porté atteinte à la tranquillité des riverains (voir tableau). Par ailleurs, les travaux font l'objet de dispositions sur le plan local, au travers d'arrêtés préfectoraux et/ou communaux. » A la décharge des donneurs d'ordre et des entreprises de travaux, il faut bien convenir de la complexité d'exigences contradictoires en matière de limitation des nuisances. Les collectivités cherchent à protéger les habitants et les usagers de la voirie et des transports ; les riverains exigent tranquillité nocturne et propreté ; les clients requièrent des équipements de qualité, à coûts contenus, dans des délais de plus en plus courts.

Or, il s'avère pratiquement impossible de concilier performances et réduction des nuisances. La technique et les rendements vont souvent de pair avec la production de bruit ou des horaires de travail « étendus ». C'est donc un équilibre qu'il s'agit de trouver pour tenter de satisfaire tout le monde. Les chantiers s'équipent de murs provisoires antibruit ou de filets anti-poussière ; les matériels améliorent leur niveau sonore ; les travaux de fondation, de terrassement ou de route contrôlent les vibrations qu'ils produisent ; les entreprises limitent la quantité de déchets produits.

Avant de parler de chantiers propres et silencieux, il est donc plus réaliste de souligner les efforts engagés, et d'encourager leur multiplication.

TABLEAU : Valeurs admises d'émergence du bruit

L'émergence est la différence entre le niveau de bruit ambiant, comportant le bruit particulier en cause, et celui du bruit résiduel constitué par l'ensemble des bruits habituels. « Les valeurs admises de l'émergence sont calculées à partir des valeurs de 5 dB(A) en période diurne (de 7 h à 22 h) et de 3 dB(A) en période nocturne, valeurs auxquelles s'ajoute un terme correctif, fonction de la durée cumulée d'apparition du bruit particulier. »

Les chantiers du TGV polluent-ils ?

Soupçonnés par les riverains du TGV de polluer la Provence, les adjuvants des bétons ont fait l'objet d'une polémique : relayée par une presse non spécialisée, une association écologiste prétendait que les matières premières servant à leur fabrication étaient dangereuses pour l'environnement.

« Ceci est anachronique, rétorque Rémi Le Bastard, vice-président du syndicat des adjuvants pour bétons et mortiers (Synad). Aujourd'hui, nos produits ne contiennent plus ni formaldéhydes ni métaux lourds, et leur concentration ne représente que 2 % du poids du ciment. Incriminer la lixiviation des bétons est ridicule, les adjuvants servent précisément à accélérer la prise et à rendre les ouvrages imperméables ! »

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CHANTIERS PROPRES ET SILENCIEUX

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