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Déréglementation : les artisans du paysage et des TP s’en prennent à la loi Macron 2
Séance officielle. La présidente Françoise Despret (au centre) entourée d'Alain Griset et Bernard Stalter (à sa droite et à sa gauche) et encouragée par l'élue locale Catherine Moreau (à droite) - © © Laurent Miguet

Déréglementation : les artisans du paysage et des TP s’en prennent à la loi Macron 2

Laurent miguet |  le 23/11/2015  |  ArtisansTravaux sans tranchée

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La loi Macron 2 inquiète les artisans du paysage. Réunis en congrès les 19 et 20 novembre à Mandelieu La Napoule, les membres de la chambre nationale artisanale des Travaux publics et du paysage (CNATP) ont exprimé les craintes inspirées par une dévalorisation de leurs métiers, sous couvert d’une loi dédiée à l’accompagnement de la révolution numérique.

« Ce n’est pas en galvaudant nos métiers que l’on développera l’économie ! ». Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale artisanale des Travaux publics et du paysage (CNATP), s’est inquiétée des dessous du projet de loi sur l’innovation numérique, en ouverture de la séance officielle du congrès de cette organisation, le 20 novembre à Mandelieu La Napoule (Alpes-Maritimes). Selon la présidente, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron laisse entendre que son texte « permettra à tout un chacun de créer une entreprise artisanale, sans formation ».

Moteurs du changement

Loin de refuser la modernité, les artisans du paysage se saisissent des outils numériques : «  Nos réponses aux appels d’offres dématérialisés nivellent les écarts qui nous séparent des grosses entreprises », rappelle Françoise Despret. Président de l’Assemblée permanente des Chambres des métiers de France, Alain Griset encourage les artisans du paysage à aller au-delà d’une simple adaptation : « Soyons les moteurs du changement » !

Bernard Stalter, président de la Siagi, filiale de l’APCM dédiée au cautionnement bancaire, prône la même attitude offensive : « Trop souvent, l’artisan s’autocensure en partant du principe que le banquier refusera le prêt. Aujourd’hui, les banques financent les 9/10e des dossiers, et nous sommes là pour trouver les chemins, par le biais des pré-garanties ou de l’assemblage des crédits », insiste le coiffeur alsacien.

Unité et combat

Rebondissant sur l’appel à l’unité entre l’organisation professionnelle et l’institution consulaire, Alain Griset  assume une position de combat : « Oui, les chambres de métiers doivent privilégier l’action sur les trésoreries dormantes ». La loi Macron 2 renforce sa détermination : « Si la modernité signifie qu’il ne faut plus s’acquitter des charges ou de la TVA, alors posons-nous la question : quel modèle social voulons-nous ? Qui paiera nos hôpitaux et nos services publics » ? Avant le passage du projet au conseil des ministres du 15 janvier, les chambres de métiers annoncent leur séminaire des 7 et 8 décembre comme un temps fort de leur campagne pour préserver les qualifications professionnelles des artisans.

Valeurs partagées

Les congressistes adoptent la même posture d’unité face aux défis de la réforme territoriale : pour accéder aux marchés des agglomérations et des grandes régions, la CNATP prône les groupements momentanés et les coopératives. Les élus invités ont mis les bouchées doubles pour afficher leur engagement au service des emplois et des valeurs portées par les artisans : « Le circuit de l’artisanat des Alpes-Martimes, mis en place avec les collèges, s’est organisé autour du trio gagnant de la proximité, de la jeunesse et de la participation des élus », s’enthousiasme Catherine Moreau, conseillère départementale et adjointe au maire de Nice, mais aussi cheffe d’entreprise de paysage et pionnière du syndicalisme de la profession.

« Je ne connais pas de maire insensible à votre rôle dans l’économie locale », s’était exclamé un peu plus tôt le maire et vice-président du conseil général Henri Leroy, hôte d’un congrès hanté par le traumatisme du 13 novembre, dans un territoire ravagé par les inondations du 3 octobre : l’ambiance de guerre et de catastrophe est entrée en résonnance avec les thèmes d’unité et de combat qui ont dominé les débats du 20 novembre.

Exposition record

La conjoncture n’a pas stoppé la montée en puissance continue du salon qui accompagne le congrès des artisans du paysage depuis quatre ans : avec 32 exposants, l’événement franchit pour la première fois la barre de la trentaine. Signe de la percée du numérique dont ont débattu les congressistes, la jeune société des services informatiques Phosphorus Technologies a profité du salon pour lancer la déclinaison de son offre de sauvegardes de données et de gestion de chantiers dédié aux artisans des TP et du paysage.

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