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Alain Juppé, un maire bâtisseur
Alain Juppé a annoncé, le 13 février, son départ prochain de la mairie de Bordeaux et de la Métropole. - © BRUNO LEVY/LE MONITEUR

Alain Juppé, un maire bâtisseur

Orianne Dupont et Bertrand Escolin (Bureau de Bordeaux du Moniteur) |  le 14/02/2019  |  Collectivités localesGirondeArchitecture

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Alain Juppé est nommé au Conseil constitutionnel. Cette annonce du 13 février restera comme un coup de tonnerre dans l’horizon calme de la Métropole bordelaise. Il quittera prochainement ses fonctions de maire de Bordeaux et de président de la Métropole.

Tout grand départ politique commence par une déclaration. La voici, envoyée aux rédactions mardi 13 février 2019 à 17h19 :

« Le Président de l’Assemblée Nationale m’a proposé de me nommer au Conseil constitutionnel.
Je le remercie de cette proposition qui m’honore.
Je l’ai acceptée.
J’ai décidé, il y a plusieurs mois, de ne pas me représenter à l’élection municipale de mars 2020.
Je comptais annoncer cette décision au lendemain des élections européennes fin mai prochain.
Ma nomination bouleversera ce calendrier.
C’est avec une profonde émotion que je me prépare à quitter mes fonctions de maire et de président de la métropole de Bordeaux qui m’ont procuré tant de bonheur
Rendez-vous est pris le 14 février: je donnerai mes raisons aux Bordelais(e)s lors d’un point de presse demain à 11 h à l’Hôtel de Ville.
 »

Laissons aux commentateurs le soin d’analyser les raisons d’Alain Juppé.
Voilà ce que l'élu a déclaré lui-même, le 14 février, lors de son point presse : « Je ne m’y attendais pas, j’ai dû me décider en 24h ». Si le maire de Bordeaux a hésité au moment de donner sa réponse, en raison de sa volonté de participer aux élections européennes, « l’esprit public délétère, la violence, la stigmatisation des élites et le climat infecté par les réseaux sociaux », l’ont convaincu de changer de cap. « La vie politique est un combat, j’ai aimé ce combat, mais aujourd’hui l’envie me quitte ». Il souhaite un environnement de travail « plus serein », « le Conseil constitutionnel m’en donne la chance ». Il savait qu’il ne se représenterait pas en mars 2020, mais pensait dévoiler ses intentions après les élections européennes. Il prendra ses fonctions en mars prochain et désignera dans les prochains jours celui ou celle que l’équipe soutiendra pour 2020. Alain Juppé estime que la ville a besoin de renouvellement, il s’est dit fier de ce qu’il a accompli durant ces 25 ans à la mairie de Bordeaux, « j’avais tant de projets en tête et il y a encore tant de choses à faire », a-t-il reconnu tout en manifestant son soutien et sa confiance à son équipe en place. La majorité se réunira dès samedi pour évoquer la suite et choisir le futur candidat à l’élection de mars 2020.

Bilan

Sans parler encore d’héritage, puisqu’il reste maire de Bordeaux jusqu’à sa nomination effective au Conseil constitutionnel, on peut néanmoins dresser une esquisse de son bilan de maire (depuis 1995) et de président de la Métropole.
En 2009, le maire présentait au Moniteur son nouveau projet urbain en dressant déjà un premier bilan « le premier projet urbain date de 1995-1996, il a été en grande partie réalisé. Il reposait sur la réalisation de la première et deuxième phase du réseau de tramway, qui fonctionne, et sur la réhabilitation du fleuve » Et le pourquoi de son nouveau projet alors intitulé Bordeaux 2030 : « Le monde a changé, la ville également, les priorités ont évolué, la dimension du développement durable, qui n’était pas présente en 1996, est un axe structurant de ce projet. C’est une nouvelle étape pour les quinze années qui viennent. » Parallèlement, il lance l’opération d’intérêt national Bordeaux Euratlantique, à cheval sur les deux rives. Et poursuit la rénovation du centre-ville : la ville blonde du XVIIIe siècle réapparaît.

Maire bâtisseur

Dix années plus tard, tous les nouveaux quartiers achèvent leur mutation en rive gauche (Bassins à flots, écoquartier Ginko), sont au milieu du gué ou ont dépassé le stade des permis de construire en rive droite (Bastide Niel, Brazza, quai Descamps, Belvédère). Le maire a su préserver la rive droite d’un front bâti uniforme que souhaitaient conjointement les promoteurs et son prédécesseur, Jacques Chaban-Delmas, lui aussi ancien Premier ministre. Dans un récent entretien de grand témoin au Moniteur (à lire dans Le Moniteur, numéro spécial Immobilier 2019, pp.21-23), le maire bâtisseur évoque la figure marquante de Michel Corajoud, urbaniste jardinier des quais : « mon Guggenheim à moi » disait-il avec fierté.

Sur le même sujet «L’osmose entre le politique et l’urbaniste-architecte est une des clefs de la réussite d’une opération»

Grands ouvrages

On lui doit notamment, avec Alain Rousset, président de région, l’arrivée de la LGV en 2017, qui met Bordeaux à 2 h de Paris, dont l’impact économique est majeur en terme d’attractivité économique et démographique. Et deux nouveaux ponts sur la Garonne, les premiers depuis 40 ans, le pont levant Chaban-Delmas (Lavigne-GTM livré fin 2012), en aval de la Garonne et le futur pont Simone Veil (OMA avec Fayat, prévu pour 2023).

Côté tramway, il étend son réseau actuel sur 67 km en service et la 3e phase d’extension le portera en 2020 à 77 km en exploitation. Lancé en 2003, il a rattrapé tous les autres réseaux des métropoles.

Attractivité

En terme démographique, la petite ville girondine tire son épingle du jeu : la 9e ville de France (entre Strasbourg et Lille) est au cœur de la 4e métropole française avec 783 000 habitants en 2016, devant Toulouse, son éternelle rivale.

Elle remonte encore au classement par son dynamisme démographique en 2e place derrière Montpellier avec une progression annuelle de 11 165 habitants supplémentaires par an entre 2011 et 2016. Et elle grimpe en première position devant Nantes pour le taux de croissance moyen de population entre les deux périodes 2006-2011 et 2011-2016. Bref, le pari de l’attractivité est réussi et indéniable.

Niveau européen

Grands noms de l’architecture, grands chantiers, pôles aéronautique et de recherche, attractivité touristique : Alain Juppé a su tirer parti de toutes les opportunités pour mettre la petite capitale girondine au rang des métropoles européennes.

Autres indicateurs qui ne trompent pas : des embouteillages et un prix du logement neuf au premier rang également des métropoles françaises. Ce sera sans doute le challenge du prochain maire et président de la métropole.

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