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Démonstration végétale à Reims
Les coteaux, maisons et caves de Champagne sont entrés dans le patrimoine mondial de l'humanité en 2015 - © Laurent Miguet

Démonstration végétale à Reims

Laurent miguet |  le 05/10/2018  |  AménagementEspaces vertsvilledurableServices territoriaux d’espaces vertsEspace public

Du champagne à la bio-économie, le raccourci passe par Reims. Le congrès annuel des directeurs de services territoriaux d’espaces verts l’a emprunté, les 4 et 5 octobre. Dans le territoire de la jeune communauté urbaine, leur association Hortis a découvert un terreau favorable à une démonstration qui positionne le végétal comme le trait d’union entre culture et économie, comme le suggère le titre de la rencontre : « Du végétal produit au végétal patrimoine ».

La seconde inscription de Reims au patrimoine mondial de l’humanité, après celle de la cathédrale en 1991, a guidé le programme du congrès annuel des directeurs de services territoriaux d’espaces verts, réunis dans l’association Hortis : patrimoine historique et filière économique, les « coteaux, maisons et caves de Champagne » sont entrés en 2015 dans la liste des sites d’une valeur universelle exceptionnelle, selon la terminologie des Nations unies.

 

Trajectoire vertueuse

 

Les 300 maisons et 15 000 vignerons ont ressenti cette reconnaissance comme un encouragement sur le chemin où ils se sont engagés en 2003 : celui du facteur 4, qui doit les amener à diviser par quatre l’empreinte carbone de leur activité d’ici à 2050. Les chiffres commentés aux congressistes par Arnaud Descotes, directeur  technique du comité interprofessionnel du vin de Champagne, montrent autant la réalité de l’engagement que la nécessité de son intensification : « De 2003 à 2013, nos émission de gaz à effet de serre ont baissé de 7 %, malgré une augmentation des ventes de 14 % », assure le porte-parole de la filière.
Dans cette trajectoire vertueuse, la naissance de la communauté urbaine de Reims a donné un coup d’accélérateur, en janvier 2017 : d’ouest en Est, le territoire de la collectivité descend les coteaux viticoles pour atteindre, sur la rive droite de la Vesle, le site de la bio-raffinerie de Pomacle-Bazancourt. La production d’ « alicaments » -nourriture aux effets thérapeutiques – à partir de la vigne fait partie des nombreux débouchés du complexe de production et de recherche qui, avec l’aide du Grand Reims, s’agrège autour de l’ancienne sucrerie de la coopérative Champagne Céréales, rebaptisée Vivescia depuis sa fusion avec son homologue picarde.

 

Espoirs bio-industriels

 

En janvier dernier, l’Etat a reconnu la dynamique d’innovation fédérée par les projets bio-industriels coordonnés par le Grand Reims, sélectionné à l’issue de l’appel à manifestation d’intérêts sur les territoires d’innovation de grande ambition (Tiga). La collectivité espère transformer l’essai en 2019, pour bénéficier des financements du programme Investissement d’avenir.
Certes, les 1200 emplois directs, dont 200 chercheurs, ne prétendent pas, à eux seuls, détenir les clés de la transition écologique. Ils n’en demeurent pas moins déterminés à maintenir le cap vers la neutralité carbone d’une industrie entièrement biosourcée. Outre le complexe agro-industriel, la ferme expérimentale Terralab, exploitée par l’association Terrasolis sur 220 hectares de l’ancienne base aérienne 112, contribue à mettre l’agriculture céréalière de l’ouest du Grand Reims sur une voie décarbonée.

 

Pylônes transitionnels

 

Quelle ligne de continuité imaginer pour un territoire si contrasté, de part et d’autre de la Vesle ? Au sud-ouest, les « forêts d’exception » (label de l’office national des forêts) et le parc naturel régional de la montagne de Reims bordent des coteaux viticoles enchanteurs. Au nord-est, la plaine céréalière déroule la monotonie des immenses parcelles remembrées. Incités par Miroir Environnement, bureau d’études créé en 2012 par Jérémy Miroir, plusieurs dizaines d’agriculteurs de de la Champagne crayeuse ont semé les premières graines d’une mutation écologique et paysagère : sans prétendre singer un bocage qui ne répond pas à la tradition des openfields, quelques haies plantées à partir de 2016 commencent à dessiner des points de repère.
A l’occasion de la reconstruction de la ligne à très haute tension Reims Charleville-Maizières, plus de 60 agriculteurs plantent des graines collectées dans la nature environnante, pour favoriser le retour de la biodiversité au pied de 84 pylônes. 16 autres exploitants se sont privés de 10 hectares de luzerne, pour enherber les bords des chemins. « La motivation des agriculteurs progresse, pour des actions collectives bénéfiques à tous », se réjouit Jérémy Miroir.

Promenades réenchantées

Au cœur de l’agglomération, les promenades de Reims, en cours de rénovation sous la maîtrise d’œuvre de l’Atelier Jacqueline Osty, offriront en 2019 une vitrine verte en phase avec de nouveaux usages : dans les coulisses du congrès, Olivier Finance, conseiller des fabricants de mobilier urbain Husson et Seri, n’a pas manqué d’avancer sur la faisabilité des formes et des usages imaginées par l’agence d’architecture Encore heureux, associée à Jacqueline Osty sur ce projet doté de 12 millions d’euros TTC sur 8,6 hectares. Chef de projet au sein de l’agence mandataire de la maîtrise d’œuvre, Mikaël Mugnier a  rendu un hommage appuyé à la maîtrise d’ouvrage municipale qui assume jusqu’au bout le choix fort d’enlever des places de stationnement : « Le dialogue en amont a rendu possible une ambition collective et partagée », se réjouit-il.

Président d’Hortis, Jean-Pierre Gueneau a retrouvé presque mot pour mot cette expression, dans sa conclusion : « Une vision commune et des objectifs partagés, voilà le message du congrès ». Seul ombre au tableau de la démonstration végétale du Grand Reims, la proximité de Paris n’a pas suscité les flux franciliens auxquels l’organisateur pouvait s’attendre : le congrès a retrouvé les quelque 125 participants réunis en moyenne par l’association, dans les premiers jours d’octobre. Ce chiffre ne reflète pas la dynamique d’Hortis, qui réunit 620 adhérents, dont 87 recrutés au cours de l’année écoulée.

 

Partenariat resserré

 

A l’issue du congrès, l’assemblée générale a délibéré sur une révision de ses statuts qui clarifiera la place des membres associés, qu’il s’agisse d’étudiants ou de sponsors. Parmi ces derniers, la trentaine d’exposants installés dans le centre de Congrès a trouvé une oreille attentive : « Le pseudo-salon intégré au congrès ne marche pas bien. A l’avenir, nous souhaitons donner aux exposants un rôle plus actif dans le contenu du congrès », annonce Jean-Pierre Guéneau. Rendez-vous en octobre 2019 à Bordeaux.

Commentaires

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steph51

10/10/2018 10h:28

C'est Charleville-Mézières

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