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Démarche environnementale Le nouveau défi des entreprises

JOSETTE DEQUEANT, JEAN-JACQUES TALPIN |  le 20/06/1997  |  EnvironnementNormesDéveloppement durableBâtimentDroit de l'environnement

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-Certification, éco-audit, plan environnement d'entreprise : des procédures ambitieuses mais coûteuses et qui tardent à se développer.

Respecter les ressources, valoriser les déchets, utiliser des technologies propres : autant d'éléments clés d'une démarche environnementale désormais incontournable pour les entreprises. Mais les moyens pour parvenir à ce management peuvent être très divers, comme l'a souligné un récent colloque organisé à l'ESEM (Ecole supérieure de l'énergie et des matériaux) d'Orléans. Entre la certification ISO 14001 (1), l'Eco-Audit européen et le Plan Environnement Entreprise (PEE) développé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les entreprises ont une grande liberté de choix et de moyens. Pourtant le bilan français reste relativement modeste (voir encadré ci-contre). Un retard que veulent combler certaines initiatives locales comme celles lancées en Bretagne (2) et surtout en Bourgogne avec l'opération Prométhée (voir entretien).

Retour sur investissement

« Nous avons expérimenté les deux systèmes et choisi ISO 14001, explique Philippe Dumoulin, directeur environnement de Lexmark, seconde entreprise certifiée en France, car c'est une image de crédibilité et de notoriété alors qu'Eco-Audit n'est pas connu ». Mais les procédures apparaissent compliquées et coûteuses pour les entreprises. Christian Vallier, ingénieur aux carrières Morillon Corvol, estime le coût « énorme » : « Nous travaillons sur un Plan Environnement Entreprise depuis huit ans. L'audit de départ coûte entre 50 000 et 300 000 francs, qu'il faut multiplier par autant de carrières ». De plus, à ces coûts initiaux, il faut rajouter un suivi régulier et des analyses onéreuses. Pourtant, ces coûts, très variables d'une entreprise à l'autre, ne doivent pas être un frein au management environnemental car, en termes de produits, de compétitivité commerciale ou d'image, les retombées peuvent être notoires. Et cela, sans compter les retours sur investissements assez rapides avec les économies réalisées ou la valorisation des déchets.

Certaines entreprises peuvent, par ailleurs, espérer un autre retour sur investissement : un allégement ou un espacement des contrôles des inspecteurs des installations classées. Une circulaire du ministre de l'Environnement en date du 28 février dernier (4) laisse espérer une attitude moins contraignante des directions régionales de l'industrie, de l'environnement et de la recherche (Drire), même si cela demeure une possibilité et non une obligation.

De toute façon, les entreprises n'ont pas le choix car, selon Thierry Marzolf de l'association Orée : « Aujourd'hui 80 % des entreprises ne respectent pas la réglementation sur l'environnement, elles devront donc s'adapter ».

(1) Voir Fiche pratique dans « Le Moniteur » du 28 mars 1997, (p. 53). (2) Voir « Le Moniteur » du 9 mai 1997 (p. 17). (3) OREE (Entreprises et collectivités : partenaires pour l'environnement), 42, rue du Faubourg-Poissonnière, 75010, Paris ; tél. : 01.48.24.04.00. (4) Cette circulaire est publiée dans le cahier « textes officiels » de ce numéro.

Double accréditation pour Ecopass

La société anonyme Ecopass, filiale détenue majoritairement par Gras Savoye avec pour partenaire américain ACI Environnemental, vient d'obtenir du Comité français d'accréditation (Cofrac) une double accréditation : d'une part, celle d'organisme de vérification et, d'autre part, celle d'organisme de certification des systèmes de management environnemental. C'est le seul organisme, déjà agréé par le ministère de l'Environnement, à détenir cette double accréditation.

Le retard de la France

Entre les normes internationales ISO 14001 et le règlement Eco-Audit adopté par l'Union européenne, les similitudes sont nombreuses, mais la réglementation européenne impose des analyses préalables plus précises et un effort de communication renforcé sur les « performances environnementales ». Sur 690 sites enregistrés en Europe au titre du règlement Eco-audit, il y en a 9 en France contre 530 en Allemagne. L'Union européenne compte 700 entreprises certifiées ISO 14001 mais la France seulement 29. De même, le plan Environnement Entreprise (PEE) n'a été choisi que par une cinquantaine de grandes entreprises.

Parmi les entreprises pionnières, citons : Laval Service, filiale du groupe Séché, première éco-industrie du déchet à être certifiée au titre d'ISO 14001 ; SGS Thomson (fabrication de composants électroniques), dont les quatre sites français sont enregistrés au titre de l'Eco-audit ; la société Nicoll Raccords et plastiques (fabrication d'articles en matières plastiques pour la construction) à Cholet, premier site français à avoir été certifié ISO 14001 et enregistré au titre de l'éco-audit.

ENTRETIEN CATHERINE BOUSSEAU « Il faut multiplier les partenariats » Catherine Bousseau, chargée de mission « management environnemental » au conseil régional de Bourgogne, région pilote en la matière, explique comment accompagner les entreprises dans leur démarche de certification.

En quoi consiste l'opération Prométhée ?

CATHERINE BOUSSEAU. Prométhée signifie « Programme régional des meilleures technologies environnementales pour les entreprises ». Son objectif est d'accompagner 50 entreprises de la région vers la certification ISO 14001 ou vers l'enregistrement Eco-Audit.

Pourquoi avoir lancé cette opération ?

Parce que l'environnement doit être un facteur de compétitivité. Nous avons inscrit cette opération dans le contrat de plan Etat-région en apportant 3,5 millions de francs d'aides par an aussi bien pour les initiatives individuelles que pour les opérations groupées. Notre objectif est de sensibiliser et d'accompagner les entreprises.

Quel bilan tirez-vous trois ans après ?

En Saône-et-Loire, nous avons financé 160 pré-diagnostics environnementaux et touché plusieurs centaines d'entreprises. Plusieurs ont mis en place un management environnemental : trois entreprises sont aujourd'hui certifiées ISO 14001 et deux autres le seront prochainement. Au total, vous voulons accompagner 12 PMI vers l'ISO ou l'Eco-Audit. Nous sommes donc largement pilote en France et c'est pourquoi nous exportons notre expérience vers d'autres régions comme la Franche-Comté ou le Pas- de-Calais.

Ces procédures ne sont-elles pas trop lourdes ?

Pour ISO 14001, il faut compter de 12 à 15 mois de délais : c'est pourquoi il faut une implication forte des collectivités et un partenariat avec l'Etat et les chambres consulaires. C'est grâce à cela que la démarche de certification peut toucher des petites entreprises et pas simplement les grands groupes.

PHOTO : Catherine BOUSSEAU

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