En direct

Délais de paiement, le BTP veut se payer les retardataires
Les professionnels du BTP attendent (en vain ?) l’automatisation des paiements et le renforcement des contrôles des mauvais payeurs. - © PHILIPPE TURPIN / BELPRESS / ANDIA

Délais de paiement, le BTP veut se payer les retardataires

Augustin Flepp |  le 28/09/2018  |  PMETravaux publicsDélais de paiement

Les règlements tardifs fragilisent la santé financière des plus petites entreprises. Les professionnels préconisent d'abaisser le délai légal.

 

Les « mauvais payeurs » continuent d'abuser. Et ce sont les entreprises du BTP qui trinquent. En effet, selon une étude réalisée par « Le Moniteur » et BNP Paribas Factor, un quart des sociétés ont déjà dû renoncer à un projet ou à un appel d'offres pour ce motif et 17 % ont dû interrompre un chantier par manque de trésorerie (un taux qui passe à 22 % pour les TPE). Ce constat alarmant interroge : quelles sont les raisons de cette situation ? Et surtout, quelles pourraient être les solutions ?

En premier lieu, l'étude confirme les grandes tendances relevées par les statistiques annuelles publiées par l'Observatoire des délais de paiement. Une fois de plus, les ETI et les grands groupes sont pointés du doigt pour leur indiscipline, tandis que les TPE-PME sont considérées comme les commanditaires les plus respectueux de la réglementation. Un résultat qui s'explique en partie par le poids des TPE dans le tissu économique. Chose plus surprenante, les

particuliers et les professions libérales recueillent 76 % d'avis positifs. Chez les entreprises intervenant dans le secteur public, seulement 10 % constatent que les collectivités locales (petites ou grandes) respectent le délai maximum de 30 jours imposé par la réglementation.

Retards réguliers. L'étude montre qu'un tiers des professionnels du BTP constatent des retards de paiement de manière régulière (au moins une fois par semaine) ou occasionnelle (au moins quatre fois par an), que ce soit au cours de l'exécution du marché ou au moment du solde.

Un quart des sociétés ont déjà dû renoncer à un appel d'offres par manque de trésorerie

Les entreprises s'avèrent lucides quant aux causes de ces règlements tardifs. Près d'une sur deux juge qu'ils résultent d'une « organisation complexe » de leurs clients. La DGCCRF, qui a exercé un contrôle spécifique sur 2 500 établissements en 2017, a mis en lumière des stratégies peu orthodoxes mises en place par les grands groupes. Face à la quantité de factures, les services de comptabilité mènent des campagnes de règlement à des dates prédéfinies chaque mois, sans tenir compte de la date d'échéance de chacune de ces factures. Ainsi, certaines d'entre elles sont honorées avec des retards plus ou moins importants. Les chefs d'entreprises concèdent aussi que leurs clients ne disposent pas suffisamment de ressources humaines dédiées aux paiements pour tenir leurs engagements.

Fragilisation. Autre aspect notable : la gestion de ces retards nécessite une implication forte puisqu'un tiers des entreprises consacrent plus de trois jours par mois à la relance de leurs factures impayées. Ces règlements tardifs contribuent à fragiliser la stabilité financière des plus petites structures. Une grande majorité d'entre elles (91 %) exprime un impact non négligeable sur leur trésorerie et dans une moindre mesure (74 %) sur leur rentabilité.

Avec la loi Pacte, l'affacturage dans les marchés publics pourrait être adopté

Pour 38 % des sondés, la réduction des délais de paiement fixés par la réglementation se-rait un moyen efficace pour lutter contre les mauvais payeurs. Cependant, cette proposition, évoquée en 2017 par Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, n'a finalement pas été retenue dans le projet de loi Pacte actuellement débattu à l'Assemblée nationale. Les professionnels plaident aussi pour l'automatisation des paiements et le renforcement des contrôles par l'administration. Enfin, l'étude montre que le recours à l'affacturage est peu plébiscité par les dirigeants pour des raisons de coûts et de méconnaissance du dispositif. Lequel devrait en revanche faire l'objet, dans le projet de loi, d'une mesure encourageant son déploiement dans les marchés publics…

- 83 % des professionnels du BTP ne perçoivent pas de pénalités en cas de retard de paiement.
- 36 % des entreprises consacrent plus de 3 jours par mois à relancer leurs clients.
- 10 % des dirigeants ont connu un dépôt de bilan à cause des retards de paiement.

Commentaires

Délais de paiement, le BTP veut se payer les retardataires

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Le ravalement

Le ravalement

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur