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Déchets de chantiers : le négoce aura-t-il un rôle déterminant ?
Le négoce sera t-il un acteur incontournable dans la collecte des déchets ? - © © FV

Déchets de chantiers : le négoce aura-t-il un rôle déterminant ?

Jean-Yves Burgy |  le 17/11/2010  |  Paris

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Alors que l'accès des entreprises du bâtiment aux 4 500 déchetteries pourrait se réduire, le négoce apparaît comme un acteur naturel pour prendre la relève. Certaines pratiques déjà mises en place portent leurs fruits.

Le gisement des déchets de chantier a la spécificité d'être très diffus. Ceci est lié à l'hétérogénéité des détenteurs que l'on peut catégoriser en trois groupes : les entreprises de construction et de démolition, les particuliers (bricoleurs en tout genre), et les artisans. En termes de collecte, la première catégorie s'adresse à des professionnels du déchet, les tonnages importants nécessitant des moyens logistiques adaptés. Les particuliers quant à eux bénéficient de l'accès gratuit aux déchetteries de collectivité. C'est également le cas pour les artisans. Mais aujourd'hui, face aux difficultés rencontrées, les collectivités changent leur politique d'accès.

Vers une interdiction de l'accès des déchetteries aux artisans ?

La première des difficultés des déchetteries publiques est le manque de place. Construites à l'origine pour accueillir quelques bennes, elles ne permettent plus de répondre pour un grand nombre d'entre elles à la multiplication des filières de valorisation (plâtre, D.E.E.E, bois et bientôt ameublement) ni à l'augmentation des tonnages. Un vaste programme de rénovation va d'ailleurs être lancé pour répondre à ce problème. La seconde difficulté réside dans la prise en charge des coûts, assurés par la collectivité, alors même que souvent l'artisan n'est pas établi sur son territoire.
Pour faire face à cette problématique, la collectivité peut maintenir l'accès gratuit au risque de se le faire reprocher par ses administrés et dans ce cas instaurer un accès payant aux artisans et/ou restreindre le volume de déchets par jour. L'artisan doit alors être muni d'une carte achetée la plupart du temps en mairie. Elle peut aussi décider d'interdire l'accès de ses déchetteries aux artisans. Et c'est cette tendance que l'on observe de plus en plus. Cette décision s'accompagne en général de la création d'une déchetterie professionnelle, dont l'acceptation par le voisinage n'est pas toujours facile. Cette solution oblige souvent l'artisan à parcourir davantage de kilomètres.

Le négoce : un acteur bientôt indispensable

Dans ce contexte, alors que l'accès aux 4 500 déchetteries de collectivité pourrait se réduire fortement, le négoce apparaît comme un acteur évident avec ses dépôts répartis sur le territoire, au nombre sensiblement identique à celui des déchetteries.
Certains négociants, qui ont mis en place un service de collecte sur leur point de vente, le voient comme un moyen de fidéliser la clientèle. Différents expériences se sont ainsi développées.
D'un point de vue technique, les déchets, déposés dans des bennes spécifiques, peuvent être triés en amont de manière fine, mais cette solution est consommatrice de temps pour l'artisan. Un système plus simple consiste à séparer les déchets en deux catégories, déchets inertes et déchets non dangereux. Paprec Chantiers collecte ainsi 400 tonnes de Déchets Non Dangereux et de gravats propres par semaine dans trois dépôts sur les quais de Seine du groupe de négoces Raboni et les achemine par péniche vers sa plateforme de tri de Genevilliers. Les DND sont passés sur la chaîne de tri qui permet d'atteindre un taux de valorisation minimum de 75%.
D'un point de vie organisationnel, le négociant peut gérer lui-même le service ou le déléguer. La Plateforme du Bâtiment a choisi la première solution en confiant la gestion de ses déchetteries à Véolia qui accueille les entreprises. L'avantage est que le tri est maîtrisé en amont par le personnel dédié sur place. Les flux triés peuvent ensuite s'orienter vers les filières. En collaboration avec la société MSE à Nîmes, Gervais Matériaux a inauguré un nouveau modèle de déchetterie automatisée et sans personnel. L'entreprise du bâtiment achète une carte prépayée qui lui donne accès à la déchetterie sur le site. La carte prépayée est débitée du montant correspondant à la quantité de déchets versés dans une fosse sur pesons.

Analyser les besoins

Si la place le permet, le négociant peut donc envisager de mettre en place un service de collecte. Mais avant, il est important de bien analyser le besoin du client et surtout l'environnement concurrentiel. En effet l'artisan ne viendra pas déposer ses déchets à n'importe quel coût. Un tel service est estimé entre 150 et 250 €/t pour du DND, ce qui est beaucoup plus cher qu'en déchetterie de collectivité. Le coût doit donc compenser le gain de temps réalisé par l'entreprise qui va pouvoir charger des matériaux sur le même site.
Nul doute que les négociants de matériaux ont une carte à jouer dans la collecte des déchets de leurs clients. On ne peut toutefois déterminer comment et à quelle allure, les négoces investiront dans cette démarche. D'autant que la lourdeur des procédures administratives pourrait freiner l'ardeur des négociants ; un travail de révision est d'ailleurs en cours qui tend vers un allégement. Par ailleurs, si la collectivité laisse libre l'accès à ses déchetteries, il y a peu de raison de s'y lancer sauf en région parisienne où les transports sont difficiles. Une affaire à suivre.

Formation

La société d'expertise et de conseil dans le montage et le développement de filières de valorisation des matériaux, Recovering, propose en collaboration avec l'Association de Formation et d'Etudes du Négoce de Bois et de Matériaux de Construction (AFENBEM) une formation sur cette thématique. Cette formation concerne à la fois la problématique de gestion des déchets internes inhérents à l'exploitation d'un négoce, et l'opportunité que constitue l'implication du négoce dans la collecte des déchets de ses clients.
La première session aura lieu, le 9 décembre (de 9 à 17H) dans les locaux de la Fédération du Négoce de Bois et des Matériaux de Construction au 215 bis bd Saint Germain 75006 Paris.

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