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Déchets du BTP : pourquoi les professionnels redoutent une année 2019 «agitée»
69% des déchets collectés proviennent de la démolition et de la déconstruction de bâtiments. - © ©amorando - stock.adobe.com

Déchets du BTP : pourquoi les professionnels redoutent une année 2019 «agitée»

A.F. |  le 17/10/2018  |  Déchets de chantier

Soutenus par la FFB et la Capeb, les professionnels du recyclage BTP préparent une étude sur la faisabilité d’une REP bâtiment. Cette mesure, qui figure dans la Feuille de route économie circulaire (FREC) du gouvernement, ne fait pas l’unanimité chez les professionnels.

La filière du recyclage des déchets du BTP s’attend à une année 2019 « agitée ». A l’occasion de la présentation des résultats de l’Observatoire Federec, ce mercredi 17 octobre 2018, les professionnels du recyclage ont fait part de leur appréhension concernant l’une des pistes envisagées par le gouvernement dans le cadre de la Frec (Feuille de Route Economie Circulaire), à savoir la création d’une filière de Responsabilité Elargie du Producteur (REP) appliquée au Bâtiment. Cette REP imposent aux fabricantsde produits qui mettent sur le marché des produits générant des déchets, de prendre en charge, notamment financièrement, la gestion de ces déchets.


Cette mesure est loin de faire l’unanimité chez les professionnels du bâtiment. En avril dernier, l’AIMCC, la Capeb et la Fédération du Négoce de bois et des Matériaux de construction (FNBM) ont exprimé leur colère quant à la mise en place d’une éco-contribution pour les producteurs de matériaux visant à financer une filière de reprise gratuite des déchets des artisans paraît « inefficace, voire représentant des risques avérés pour le secteur ».

100 000 tonnes de déchets dans les dépôts sauvages

Les adhérents de Federec BTP se disent « circonspects sur l’idée première de la Frec », consistant à dire : « étudions la reprise gratuite des déchets », a déclaré Erwan Lemeur, président de Federec BTP.

« Les entreprises de la construction ont fait des efforts énormes depuis dix ans pour faire du tri sur chantier », a-t-il ajouté. « La principale problématique provient des dépôts sauvages que l’on estime aujourd’hui à 100 000 tonnes par an, 12 millions de tonnes de déchets de construction qui sont bien traités ».

Soutenu par les principales organisations professionnelles, Federec BTP prépare une étude sur la faisabilité d’une REP bâtiment. Cette enquête, dont la publication est prévue pour avril 2019, apportera des pistes de réflexion pour améliorer le taux de recyclage dans le BTP.

Contexte réglementaire incertain

Le volume de déchets de chantiers du bâtiment (hors travaux publics) collectés par les entreprises de recyclage a progressé de 2% en 2017. « Ce résultat s’inscrit dans un rythme de reprise du marché de la construction, principalement dans le neuf », note Erwan Lemeur, le président de Federec BTP.

Ce marché continue d’être tiré par les déchets de démolition et de déconstruction (25 millions de tonnes), contre 15,4 millions de tonnes issues des activités de réhabilitation de bâtiments et de la construction neuve. Le chiffre d’affaires de la branche a augmenté de 2%, à 1,777 Md €.

Ralentissement des mises en chantier

Au niveau géographique, les entreprises de recyclage intervenant en Ile-de-France affichent une forte croissance (+4,5%), lié aux travaux du Grand Paris. Les Pays-de-la-Loire et la Bretagne surfent également sur une bonne dynamique avec respectivement une hausse de 4,8% et de 4,2% du tonnage collecté.


D’ici à la fin de l’année, Federec BTP craint un ralentissement de l’activité lié à la baisse des mises en chantier et de l’activité des producteurs de matériaux constatée au deuxième trimestre. La branche de l’organisation estime que « le contexte réglementaire incertain et les travaux en réflexion au sein des ministères sur l’organisation de la gestion des déchets issus du bâtiment sous la forme de REP, ne mettent pas les acteurs en confiance ».

Avec 40,4 millions de tonnes collectées l’an passé par les entreprises de recyclage, le secteur du bâtiment reste le plus gros émetteur de déchets, suivi des déchets organiques (30,9 millions de tonnes) et des ferrailles (12,83 millions de tonnes).

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Bois, métal… la collecte en hausse


Dans la branche métal, le volume collecté a bondi de 5,7% en 2017, pour atteindre 12,8 millions de tonnes. La filière profite d’un marché sidérurgique européen revigoré par la reprise du secteur de la construction et de l’automobile.

A cela s’ajoute les mesures antidumping prises par la Commission européenne pour limiter l’impact de la concurrence de certains aciers chinois. Dans le même temps, le géant asiatique a été contraint de fermer certaines aciéries en cours d’année, pour des raisons environnementales, ce qui a entraîné une diminution des exportations vers l’Europe.

Le chiffre d’affaires de la filière pour l’année 2017 a, quant à lui, progressé d’environ 6%. Cette hausse s’explique par l’évolution à la hausse des tonnages mais aussi par l’évolution des prix à la tonne, qui ont grimpé en moyenne de 50 à 60 euros la tonne l’an passé.

Selon Federec Métal, le volume d’activité en 2018 devrait s’inscrire dans le même rythme que 2017. La filière se dit toutefois attentive à « l’impact des droits de douane imposés par les Etats-Unis ainsi que les accords avec certains pays européens qui pourraient créer des distorsions de prix, selon les niveaux de taxe ».


Dans la branche des métaux non ferreux, les volumes collectés ont augmenté de 10%, pour s’élever à 1,97 millions de tonnes. Les recycleurs de cuivre, inox, plomb… ont profité d’un contexte favorable – cours des métaux à la hausse, volume élevé – pour reconstituer leur marge. La filière a observé une forte augmentation des volumes d’inox, notamment due à la hausse du cours du nickel. « La reprise mondiale de l’industrie automobile, du secteur de la construction et de l’ensemble du monde industriel, s’est traduite par une demande continue en matières premières issues du recyclage, ce qui n’a pas empêché les industriels de rencontrer certaines difficultés à écouler le cuivre car les usines des affineurs étaient surchargées », explique Patrick Kornberg, président de Federec Métaux non ferreux.


Dans la branche bois, le volume collecté s’élève à 6,41 millions de tonnes, soit une hausse de 5,9% par rapport à 2016. Le chiffre d’affaires des entreprises est resté relativement stable (169 millions d’euros). Le marché a observé une réorientation des flux destinés à l’industrie du panneau de particule (-5%) vers l’énergie (+5%). Ce phénomène s’explique par un ralentissement de l’activité de l’industrie panneautière en début d’année. La filière anticipe de bonnes perspectives pour 2018, compte tenu d'un hiver favorable au chauffage-bois, à la meilleure santé des fabricants de panneaux de particules et à la pérennité des exportations.

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