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Décarboner le bâtiment: la filière bois doit quadrupler sa part de marché en France en 10 ans
Chantier de la construction du bâtiment B sur l'île de Nantes (Architecte Barra et Lambot). - © Atlanbois

Décarboner le bâtiment: la filière bois doit quadrupler sa part de marché en France en 10 ans

A.P avec AFP |  le 05/05/2021  |  Construction boisFilière boisRE2020France Artisans

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La filière bois française, avec 60 000 entreprises et près de 400 000 emplois, compte quadrupler sa part de marché dans la construction au cours des 10 ans à venir, afin de décarboner le secteur du bâtiment, responsable de près de 19% des émissions carbone du pays.

"Pour décarboner le secteur du bâtiment, nous devons passer de 7% de logements en bois à une proportion significative": (...) "on peut penser 30%, dans les 10 prochaines années, essentiellement via la mixité des matériaux utilisés", a estimé mercredi 5 mai Fréderic Carteret, président de France Bois Industrie Entreprise, association qui regroupe les entreprises de transformation du bois, lors d'une visio-conférence de presse.

Cet objectif implique en amont une meilleure gestion des forêts, plus de plantations de renouvellement, et en aval des investissements massifs dans les outils de transformation afin de réduire les coûts de revient.

Essences adaptées

En amont, la filière s'engage donc à planter 50 millions de plants en 2021 et autant en 2022. "Nous devons nous inscrire dans une trajectoire de plantation d'un arbre par Français et par an, soit à terme environ 70 millions d'arbres par an jusqu'en 2035", a indiqué M. Carteret.

"Les essences devront être adaptées au réchauffement climatique, provenant de France ou d'autres pays, comme le cèdre ou le sequoia" a précisé Michel Druilhe, président de France Bois Forêt.

La France ne récolte actuellement que 60% de la pousse biologique des arbres, ce qui laisse une marge d'amélioration pour l'exploitation de la forêt sans nuire à l'équilibre naturel.

Après avoir subi une déforestation massive entre l'ère glaciaire et le 19e siècle pour des besoins agricoles, alimentaires et énergétiques, tombant à 8,5 millions d'hectares en 1850, la forêt française couvre désormais 17 millions d'hectares, ce qui en fait le 3e stock forestier d'Europe.

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800 M€ par an d'investissement

Mais la filière bois, très morcellée entre une multitude de petits propriétaires privés, de petites et moyennes entreprises, aux côtés de l'Etat qui entretient la forêt publique, a du mal à être compétitive. La part de marché du bois français ne s'élève qu'à 30 à 35% dans les constructions neuves en France par rapport aux importations.

Pour réduire ses coûts et massifier la production, la filière envisage donc en aval de développer la pré-fabrication d'éléments, ce qui entrainera aussi des investissements dans des usines "biomasse" pour le bois énergie, nécessaire aussi à la transition énergétique.

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Pour Luc Charmasson, qui dirige le comité stratégique du bois, le besoin d'investissement dans les 5 prochaines années, est de 800 millions d'euros par an, afin de répondre aux objectifs  fixés par le gouvernement dans la récente réglementation environnementale dite RE2020, qui doit permettre d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

"La filière qui a obtenu 250 millions d'euros dans le plan de relance souhaiterait être mieux dotée dans le cas d'un éventuel deuxième plan de relance", a glissé M. Carteret à l'attention des pouvoirs publics.", a glissé M. Carteret à l'attention des pouvoirs publics.

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Le sondage qui fait du bien au moral de la filière

 

D’après la récente enquête menée par CSA pour la filière bois française, plus de 8 Français sur 10 (82 %) font confiance à la filière pour sa capacité à réduire les émissions de CO2 du secteur et ainsi contribuer à la transition écologique en France. Ils sont même 74 % à juger le bois trop peu présent dans les constructions.

 

94 % des personnes interrogées estiment que les acteurs de la construction devraient davantage prendre en compte l'impact environnemental des matériaux utilisés dans la conception des constructions.

 

En ce sens, les Français sont près de 9 sur 10 (89 %) à approuver la décision du Gouvernement d'utiliser davantage le bois dans la construction de bâtiments neufs afin de réduire les émissions de CO2 du secteur en France.

 

96 % jugent important que le gouvernement mette en oeuvre une politique à long terme favorisant la plantation d'arbres et 92 % une politique favorisant les investissements financiers pour accompagner le développement des industries de transformation du bois (recherche, formation, scierie, etc.).

 

Les Français sont en effet à 90 % à penser que la filière bois française doit être soutenue, car elle favorise le bois français. D’après 89 % d’entre eux, elle constitue un véritable atout économique pour le pays et 88 % s’accordent à dire qu’elle crée des emplois en France.

 

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