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Début du procès du racket des chantiers de BTP marseillais
En 2015, les policiers de la Sécurité publique de Marseille avaient interpellé 11 personnes soupçonnées d'avoir racketté une filiale de Bouygues, en charge du chantier de la Rocade L2 à Marseille - © © phovoir.com

Début du procès du racket des chantiers de BTP marseillais

le 27/03/2017  |  EntreprisesBouches-du-Rhône

Neuf prévenus ont commencé à comparaître lundi 27 mars à Marseille dans un procès emblématique de racket présumé d'entreprises du BTP par des sociétés de sécurité véreuses des quartiers Nord.

C'est un mal sur lequel les chefs de chantier n'aiment pas s'épancher: le racket. Lundi 27 mars s'est ouvert à Marseille le procès de sociétés de sécurité des quartiers Nord de la ville, accusées de s'être attaquées à l'un des plus importants chantiers de construction de la décennie à Marseille, la rocade autoroutière L2, confiée notamment au géant du BTP Bouygues.

Soupçonnés d'avoir exigé des embauches, sans quoi le chantier ne pourrait pas continuer, neuf prévenus doivent répondre d'extorsion.

L'affaire a éclaté en janvier 2015 après l'incendie spectaculaire d'engins de chantier dont une foreuse sophistiquée de la société Bouygues Travaux Publics, une machine quasi-unique en Europe, à proximité de la cité Picon-Busserine, dans les quartiers Nord. Préjudice: deux millions d'euros.

Troublante coïncidence, trois jours plus tard, le responsable de ce chantier de la L2 reçoit un devis d'une société locale pour assurer la sécurité des lieux. Brisant le silence qui entoure ce type de délits, un ingénieur porte plainte, dénonçant les pressions subies pour embaucher une dizaine de personnes.

Signe de la peur qu'inspire les acteurs du dossier aux responsables de chantier : deux des trois personnes qui ont dénoncé les pressions n'ont pas souhaité témoigner publiquement devant le tribunal, a indiqué la présidente du tribunal Anouk Bonnet, à l'ouverture de l'audience.

Outre le volet extorsion, les prévenus devront répondre d'une multitude de délits financiers: les sociétés ne payaient pas d'impôts, réglaient les salaires en liquide, ne disposaient d'aucune habilitation...

Pour le tribunal de Marseille, ce procès doit être une vitrine de la lutte contre le racket sur les chantiers. Le parquet en a fait l'une de ses priorités, et des policiers sont chargés de lutter contre ces pratiques, souvent tues, en regagnant la confiance des entrepreneurs.

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