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De la HQE au développement durable : l’usage fera la différence
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De la HQE au développement durable : l’usage fera la différence

M. R. |  le 24/10/2008  |  SantéImmobilierRéglementationTechniqueEnvironnement

Maya Ravereau Conseil en immobilier d’entreprise

Le projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement met le secteur du bâtiment au premier rang des préoccupations gouvernementales. Mais au-delà du bâtiment, l’enjeu, c’est l’utilisateur. Le secteur du bâtiment consomme plus de 40 % de l’énergie finale et contribue pour près du quart aux émissions nationales de gaz à effet de serre. Ce constat mène à une remise en question des habitudes de tous les professionnels liés à l’acte de construire. Jusqu’à présent, ceux-ci se sont attachés à optimiser l’efficacité des constructions neuves ou des réhabilitations lourdes. C’est l’objet des labels énergétiques et de la démarche HQE (1), pour haute qualité environnementale, démarche rattachée à des certifications. Mais en 2050, le parc immobilier des entreprises restera composé aux deux tiers de bâtiments anciens, donc initialement non performants. Le fait d’être dans un bâtiment HQE ne garantit pas l’attitude écoresponsable de l’utilisateur, de l’exploitant ou encore du gestionnaire. C’est pourquoi, parallèlement aux travaux du législateur, les organismes de certification travaillent sur des outils et méthodes permettant de valoriser les performances d’un bâtiment existant via une certification qui tienne compte de la qualité du bâtiment mais aussi de son maintien, de son amélioration, bref des pratiques quotidiennes de l’utilisateur comme du gestionnaire. La certification de la démarche HQE pour l’exploitation des bâtiments tertiaires est ainsi en phase d’expérimentation.

Choix écoresponsables

Au-delà de la conception des immeubles et des aménagements, des gestes simples comme, par exemple, le déclenchement des luminaires via des détecteurs de présence, des imprimantes partagées et faciles à paramétrer, la suppression des gobelets en plastique ou le tri sélectif, ont un impact environnemental important. Les salariés adoptent d’autant plus ces gestes quand ceux-ci s’intègrent dans un projet d’entreprise fédérateur et cohérent. Les choix écoresponsables débutent dès la stratégie immobilière : la localisation du siège social par exemple, pour tenir compte des domiciles des salariés, offrir un accès en transports en commun. On peut réfléchir encore plus en amont : faut-il être tous implantés sur un même site ou créer des bureaux satellites à proximité du domicile des salariés comme on le voit dans les pays du Nord ? Le télétravail offre aussi des solutions intéressantes. Une démarche environnementale est globale, bien plus qu’une réflexion énergétique. Tous les acteurs sont impliqués : services généraux, direction financière, DRH, responsables qualité, direction marketing et chacun des salariés individuellement. Ces projets sont une vraie opportunité de dynamiser une culture d’entreprise. Même si leur mise en œuvre aboutit à quelques contraintes et changements d’habitude, ce sont souvent les salariés eux-mêmes qui motivent les initiatives. Propriétaires et promoteurs devront aussi réfléchir au programme des surfaces des immeubles. On constate une diminution constante des surfaces de stockage au profit de surfaces de bureaux plus rentables. Cela engendre une valse incessante du nombre de livraisons journalières et donc de consommations de carburant ! Faut-il appliquer une fiscalité réduite aux espaces de stockage dans les immeubles tertiaires, voire déduire ces surfaces du maximum de surfaces « hors œuvres nettes » autorisées sur un terrain ?

Indicateurs environnementaux communs

Le législateur et le certificateur travaillent à créer un environnement favorable à de vraies évolutions. Grandes, moyennes ou petites, toutes les entreprises vont pouvoir s’emparer du sujet. L’utilisateur d’un immeuble aura d’abord besoin de situer la qualité intrinsèque du ou des bâtiments occupés, de ses pratiques et de celles de son exploitant, d’où une première phase de diagnostic pour identifier les chantiers et se rendre compte du temps et de l’énergie qu’il va falloir déployer pour optimiser son implantation immobilière. L’idéal est de saisir l’occasion d’un déménagement, d’une renégociation de bail pour mener une réflexion de fond sur le montant des charges, l’isolation des bâtiments, la performance des équipements mais aussi l’image que l’entreprise veut diffuser auprès des salariés et des clients.

Dernier point : 28 pays, dont la France, mènent à ce jour une réflexion d’ensemble pour définir des indicateurs environnementaux communs à chacun des pays. L’idée est de doter chaque immeuble d’un « passeport » qui fasse le lien entre les différents process de certification. Comme les démarches écoresponsables sont hautement valorisables, notamment auprès des investisseurs, voilà une jolie idée qui permettrait à tous d’estimer les performances des entreprises selon leurs implantations.

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