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De dangereux polluants dans l'environnement domestique...

DEGIOANNI Jacques-Franck |  le 28/10/2003  |  SantéUrbanismeRéglementation

Des substances dangereuses pour la santé, qui proviennent de très nombreux objets ou produits de la vie quotidienne, empoisonnent l'air intérieur des logements comme des locaux publics, selon un rapport publié par l'association écologiste Greenpeace, qui dénonce "l'obstructionnisme" du gouvernement français sur ce dossier.
Les résultats de l'enquête menée par les experts de Greenpeace "ne font que confirmer la présence répandue de substances dangereuses dans l'environnement intérieur", a expliqué Yannick Vicaire, responsable de cette campagne à Greenpeace France.

Des volontaires de l'association sont allés passer l'aspirateur dans 50 foyers français de dix villes différentes, ainsi que dans une école maternelle de la région parisienne, pour traquer cinq familles de substances chimiques particulièrement nocives.
Les résultats de ces prélèvements de poussières, analysés notamment à Exeter (Grande-Bretagne) dans un laboratoire de Greenpeace et dans plusieurs autres laboratoires européens, confirment des études menées précédemment en Grande-Bretagne. "Ils illustrent clairement la contamination généralisée de nos logements par des additifs toxiques et persistants provenant de biens de consommation courants", a indiqué Yannick Vicaire.
Les cinq familles de produits recherchés par l'association sont les alkyphénols, composés organoétains, esters de phtalates, retardateurs de flamme au brome et paraffines chlorées. Ces substances sont utilisées comme additifs dans de nombreux produits: lessives, cosmétiques, colles, plastiques divers...

"Le résultat le plus révoltant porte sur la présence d'un fort taux de phtalates, utilisés comme plastifiants dans des jouets ou des revêtements de sol flexibles, dans une école maternelle de la région parisienne...utilisée comme centre aéré", a ajouté le responsable de Greenpeace.

Selon l'organisation écologiste, l'industrie chimique n'arrive pas à garantir la stabilité de ces substances, qui migrent dans l'environnement. Les modes d'exposition sont multiples -directe ou via l'alimentation- et les effets sur la santé peuvent être dangereux quelle que soit la dose, car la plupart de ces polluants ont des effets cumulatifs, dans l'organisme ou dans l'environnement, a rappelé M. Vicaire. "Il ne s'agit pas d'effrayer les gens, mais de forcer les industriels à mettre en place des molécules de substitution", a-t-expliqué.

Une première percée dans la lutte contre ces polluants a été obtenue avec un projet de directive européenne, obligeant les industriels à fournir des données sur la sûreté des substances dangereuses et soumettant les plus préoccupantes à un régime d'autorisation. Mais cette réforme, en gestation depuis quatre ans et qui devrait voir le jour en 2006, est contestée par les industriels en raison de son coût présumé. Selon la dernière mouture de ce projet de directive, le seuil à partir duquel des contrôles seraient exercés est passé d'une production d'une tonne par an à dix tonnes. Ce qui signifie que sur les 30000 substances produites à plus d'une tonne par an et par producteur en Europe, "20000 resteront inconnues en termes d'impact", selon Yannick Vicaire, parce qu'elles sont en-dessous de ce seuil de 10 tonnes. Greenpeace accuse par ailleurs le gouvernement français de faire de "l'obstructionnisme" dans l'élaboration de cette réforme européenne.

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