Réalisations

Dans le port de Dunkerque y’a des artistes qui bâtissent…

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gares, aéroports - Manifestations culturelles - Transport maritime

Soutenue par la communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral et la Région Nord-Pas-de-Calais, l’association Fructôse accompagne des projets culturels. Sur une friche du port, elle a construit une base de production artistique. Sans toucher au bâti. Un mode de requalification douce venu d’Amsterdam.

Quelle vie pour les friches en attendant le projet urbain ? A Dunkerque, «capitale régionale de la culture 2013», la question a trouvé sa réponse. Grâce à l’association Fructôse, des artistes vont dans quelques jours investir un entrepôt désaffecté du Môle 1 du port.

«C’est une pratique courante aux Pays-Bas, souligne Ingrid Petit, une des trois architectes lillois concepteurs du projet, avec François Théry (Atelier F) et Frédéric Olek (Folkarchitecture). On ne démolit plus et on donne la jouissance par le biais d’un bail emphytéotique. On dénombre actuellement 48 ruches d’artistes de ce type à Amsterdam.»
C’est d’ailleurs une association néerlandaise, Citymix, qui s’est occupée de la programmation du projet dunkerquois. Celui-ci concerne trois bâtiments. Dans l’un, ont été aménagés 23 ateliers (14 individuels et 9 «volume») ; dans un autre, deux plateaux de répétition de 100 m2, dont un, en forme de maison, clos et chauffé. Enfin, des bureaux et des studios d’enregistrement ont trouvé place dans un ancien local administratif des Douanes.  «La règle c’est qu’on ne touche pas au bâti dans la mesure où l’on ignore l’utilisation qui en sera faite dans dix ou quinze ans, explique François Théry. On construit mais à l’intérieur. Et tout doit être démontable pour être éventuellement remonté plus tard ailleurs.»

 

Eco-matériaux

 

Le Môle 1 du port de Dunkerque n’est pas sans évoquer Les Ateliers du Vent, un collectif d’artistes installé dans une ancienne usine à Rennes, ou encore Karting, éco-concept de bureaux modulaires qui accueille, sur l’île de Nantes, une quarantaine d’entreprises du secteur des industries culturelles et créatives. La structure architecturale est légère et les matériaux naturels : bois, paille, textile.
Sur le chantier, SIRC met la dernière touche à son ouvrage.  L’entreprise alsacienne a réalisé la charpente métallique du «plateau-maison» dont les murs sont constitués de paille et le toit d’une double toile isolante. Les premiers tests ont été concluants : avec son plancher posé sur une dalle de béton, l’espace s’avère parfaitement adapté à la pratique de la danse.
Des études à la réalisation, 900 000 euros d’investissement auront suffi. Dans leurs ateliers respectifs, les artistes vont désormais procéder à leurs propres aménagements. En échange de l’occupation des lieux, pour couvrir leurs charges d’électricité principalement, ils paieront un loyer. Modeste. Aux Pays-Bas, le système est un peu plus sophistiqué : chacun a son propre compteur ! Mais Dunkerque a le mérite d’avoir ouvert une voie. Les étudiants de l’Ecole Centrale de Lille ne s’y sont pas trompés qui ont fait de l’opération un sujet d’étude.



Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Fructôse
Maîtrise d’œuvre : Atelier F – Folkarchitecture – Ingrid Petit – ATMO (économie, OPC) – ASTEO (bureau d’études)
Entreprises : EGC (dalle béton plateau) – Les écoconstructeurs (ossature bois + paille) – SIRC (charpente métallique) – Eurotelec (électricité)

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