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« Dans le maelström de la crise, nos Scop s'en sont bien tirées » Charles-Henri Montaut, président de la Fédération des Scop du BTP
Charles-Henri Montaut, président de la Fédération des Scop du BTP. - © PHOTOS : JULIEN FALSIMAGNE / LE MONITEUR
Interview

« Dans le maelström de la crise, nos Scop s'en sont bien tirées » Charles-Henri Montaut, président de la Fédération des Scop du BTP

Propos recueillis par Fabien Renou |  le 31/05/2021  |  France FNSCOP BTPScop Matières premières

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Si les coopératives du BTP ont résisté en 2020, elles s'inquiètent des pénuries et des absences qui ralentissent les chantiers actuels.

 

Les Scop mettent souvent en avant leur capacité de résilience. Comment ont-elles traversé l'année 2020 ?

Trois facteurs favorisent traditionnellement la résilience des Scop : la qualité du dialogue social, l'obligation de sanctuariser une partie de leurs résultats dans des réserves impartageables, et enfin la puissance de leur structure interprofessionnelle, la Confédération générale des Scop. Or, en période de crise, ces éléments sont encore plus déterminants. La confiance entre partenaires sociaux permet de trouver les bonnes solutions, par exemple dans l'organisation des congés payés.

Les réserves impartageables, elles, ont permis d'affronter l'arrêt des chantiers avec un matelas financier supérieur à la moyenne : un atout précieux, car en période de crise, « cash is king ». Enfin, la solidarité interprofessionnelle est venue en soutien de certaines Scop qui en avaient besoin.

Pouvez-vous mesurer l'impact de la crise sanitaire sur l'activité des Scop du BTP ?

Nous n'avons, pour l'heure, pas assez de recul pour une analyse chiffrée approfondie. Cependant, grâce aux cotisations, nous disposons de données financières qui témoignent d'un redressement assez spectaculaire à partir de l'été. S'en est suivi un phénomène de rattrapage qui a eu pour effet que, sur douze mois, la masse salariale est restée assez proche de celle de l'année 2019. La baisse d'activité, elle, est estimée entre 8 et 10 %, contre 12 à 15 % pour l'ensemble du secteur du bâtiment. Plongées dans ce maelström, nos Scop s'en sont collectivement bien tirées.

Comment expliquez-vous cette surperformance, même relative, des Scop ?

D'abord, notre panel est beaucoup plus faible. Ensuite, il se compose d'entreprises du bâtiment mais aussi de travaux publics. Enfin, en proportion, les Scop sont moins présentes sur la construction neuve et davantage sur l'entretien-maintenance.

L'envolée des prix des matières premières depuis le début de l'année menace-t-elle la reprise ?

Nous n'avons pas vu venir ce phénomène d'augmentation de prix, voire de pénurie. Nous avons d'abord imaginé un phénomène conjoncturel. Or de nouvelles hausses s'ajoutent désormais aux précédentes et nous ne voyons pas de perspectives de détente actuellement. Cela risque évidemment de peser lourd sur les marges des entreprises de travaux. Mais l'envolée des prix représente aussi une menace pour l'activité elle-même : certains chantiers sont fortement perturbés à cause des délais de livraison. Enfin, le risque de pénalités de retard constitue le troisième facteur susceptible de menacer la bonne santé des entreprises.

Cette poussée inflationniste constitue-t-elle la seule menace pour 2021 ?

Même si la baisse des permis de construire nous inquiète beaucoup pour les mois et les années à venir, l'inertie des carnets de commandes devrait nous protéger quelques mois encore. En revanche, un autre phénomène, moins visible, est d'ores et déjà à l'œuvre : nos entreprises ne tournent pas à 100 %. Comme les salariés des autres secteurs, les collaborateurs de chantiers rencontrent des problèmes de garde d'enfant, se retrouvent cas contacts, ou sont eux-mêmes atteints par le Covid-19. Ces absences sont saupoudrées au fil du temps, mais elles amputent une partie de l'activité et perturbent mêmes les autres entreprises intervenant sur un chantier en coactivité. Au final, quand une entreprise tourne à 95 %, il manque les 5 % qui font le résultat.

« 10 % des entreprises de bâtiment seront à transmettre au cours des dix prochaines années. En la matière, les Scop fournissent un bon modèle. »

[...]

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