Immobilier

« Crise : qui veut vendre 30.000 logements neufs ? Moi, non merci » par Alain Penchinat, maître d’ouvrage privé

Dans la rafale d’initiatives publiques pour tenter de faire face à la crise qui balaye notre planète financière et qui commence à toucher nos économies, l’Etat ou la collectivité se propose de racheter, dans certaines conditions, trente mille logements à construire.
Cette initiative suscite une série de questions à la Prevert ; série qui montre d’elle-même que cette initiative ne peut et ne doit aboutir.
Cette initiative, qui vise à relancer un secteur pourtant habitué, par nature, aux cycles et qui voit s’achever dix années extraordinaires, pose les questions suivantes :
– Qui va acheter ? les offices publics de l’habitat n’ont pas de fonds propres.
– Comment seront répartis équitablement les trente mille logements sur le territoire ?
– Les projets dont les terrains d’assiette ont été acquis et payés sont-ils les seuls vraiment et heureusement concernés ?
– Comment sera déterminé le prix de vente ? Enchères inversées ?
– Comment seront choisis les opérateurs – vendeurs concernés par cet effet d’aubaine ?
– Quelle sera la part des cinq majors de la promotion immobilière, filiale de banques (à l’origine des problèmes ?) ou filiale de groupes de BTP (qui ont d’autres intérêts) ?
– Quels effets, cette initiative aura-t-elle sur la commercialisation des programmes en cours de construction et qui répondent à un vrai besoin et une vraie demande?
– Quels effets, cette initiative aura-t-elle sur les prix des stocks ?
– Quels effets, cette initiative aura-t-elle sur la réputation et l’image de la promotion immobilière ?
– Quels effets, les achats à prix décotés de logements destinés au locatif social auront-ils sur les réservataires des programmes, effets autres que le sentiment naturel de s’être fait grugés ?
– Quels effets, cette initiative aura-t-elle sur la crédibilité future de la promotion immobilière dans son rapport avec les Pouvoirs Publics ?
– Qui va gérer les logements achetés ?
– Comment vont être portés financièrement les logements achetés sinon par le contribuable (en tous les cas en risque si l’Etat recourt à l’emprunt) ?
– Comment réagira le contribuable qui pourra voir sa banque qui lui a refusé un prêt immobilier, se ‘’sauver’’ en vendant par l’une de ses filiales des appartements neufs à la collectivité ?
– Qui va être chargé de revendre les logements, une fois la crise passée ?
– Comment réagiront les autres secteurs économiques touchés aussi par la crise devant ce précédent ?
On le voit, l’idée de faire acheter ou porter par le contribuable des logements à construire pose des questions dont les plus graves sont liées au fondement même du capitalisme régulé dont la transparence, l’efficacité et la responsabilité doivent être les piliers.

Alain Penchinat est associé- gérant des Villégiales, groupe privé de promotion immobilière.

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