Entreprises de BTP

Cri d’alarme des entreprises du BTP de l’Aveyron

Mots clés : Entreprise du BTP - Monde du Travail - Travaux publics

Retards de paiement des acteurs publics, ajournements des travaux en marchés publics et privés, fragilité des trésoreries…Et des conséquences inéluctables sur l’emploi et les défaillances d’entreprises. Le Président de la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics de l’Aveyron en appelle aux élus du département pour  trouver des solutions rapides.

C’est un ultime appel au secours que vient de lancer Jean-Pierre Servant, le Président de la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics de l’Aveyron (FBTP 12), auprès des élus politiques du département pourvus de mandats nationaux (1).
A travers un courrier adressé le 10 juillet, il alerte sur les problèmes rencontrés quotidiennement par ses adhérents, artisans et entreprises et brosse une situation où tous les voyants sont au rouge, alors que le secteur s’est frotté depuis 2008 à des années de ralentissement et a enregistré une baisse de 1005 emplois entre le 2ème trimestre 2008 et la 2ème 2011, selon Pôle Emploi.

 

Des marchés publics en berne

 

Une enquête réalisée auprès des adhérents sur la période 2011 –janvier à juin 2012, relative au financement de leurs marchés et à leurs trésoreries n’est pas pour rassurer.
« Le constat est inédit, insiste Jean-Pierre Servant, 80,85% de nos entreprises subissent des retards de paiement. 23,81% d’entreprises attributaires (avisées) de marchés publics non signés n’ont pas vu ces marchés publics démarrer, de même que 20,93% d’entreprises titulaires d’un marché public attribué et signé subissent un ajournement ». Des chiffres d’autant plus inquiétants que les marchés publics en 2011 ont représenté en moyenne chez les adhérents 40% du chiffre d’affaires des activités Bâtiment et 70% de celui des TP. Raison invoquée par les élus, les difficultés nouvelles de financements des collectivités suite à la défaillance de Dexia. Et Jean-Pierre Servant de souligner que « les difficultés de financement des collectivités locales atteignent maintenant une acuité si sensible qu’elles amènent à craindre, pour l’année en cours et la suivante, une nouvelle « dégringolade » de nos effectifs salariés ».

 

Pas mieux du côté des marchés privés

 

La situation  en marchés privés ressemble à s’y méprendre à celle des marchés publics. 25,53% des entreprises du département adhérentes à la FFB sont titulaires d’un marché (au moins) signé puis abandonné faute de financements bancaires. « Nos entreprises nous signalent un nouveau durcissement de la position des banques, particulièrement concernant les découverts, l’escompte, les crédits d’équipement, les crédits immobiliers, les crédits de trésorerie à moyen terme. Autre évolution, précise le président de la FBTP 12 : le tiers des entreprises a désormais recours pour le financement des équipements matériels, à des financements spécialisés dans les désormais classiques formules de location financière, et plus du tout à leur banque ». Un constat symptomatique !

 

Trésoreries mises à mal par les dispositions LME

 

Concernant les délais de paiement entre professionnels, Jean-Pierre Servant rappelle « l’ineptie absolue qui consiste à appliquer les dispositions LME au secteur du BTP ; cette loi n’ayant eu que pour effet d’affaiblir massivement les trésoreries des artisans et entreprises du BTP au profit d’un renforcement proportionnel de celles de leurs (puissants et dominants) fournisseurs qui n’en avaient nul besoin ». Un chiffre à l’appui : 85,42% des adhérents confient subir un nouveau resserrement du crédit fournisseur, notamment des marques nationales et internationales, mais aussi des réseaux de négociants intégrés appartenant à des groupes (respectivement pour 71,74% et 65,22% d’entre eux). Il pointe ainsi du doigt le rapport de force diamétralement opposé entre fournisseurs et entreprises.

En conclusion, le président de la FBTP 12 insiste sur la mise en place de solutions  « Il me paraît donc qu’il est urgentissime d’en finir avec, des règles dogmatiques d’origine « technocratiquo-financières », des dispositions textuelles inadaptées à notre secteur et de rediriger enfin les flux financiers dans ce qu’il reste de l’économie réelle dont le BTP constitue une part déterminante autant qu’un levier à la réactivité inégalée (lorsqu’on ambitionne de relancer l’économie et l’emploi ».
En résumé, il est grand temps que les politiques s’en mêlent !

 

 

(1)    Anne-Marie Escoffier, ministre déléguées, chargée de la Décentralisation, Cécile Pozzo di Borgo, Préfet de l’Aveyron, Marie-Lou Marcel,  Yves Censi  et Alain Marc, députés de l’Aveyron, Alain Fauconnier et Stéphane Mazars, sénateurs de l’Aveyron, Denis Chaput, directeur départemental des Finances Publiques de l’Aveyron et Philippe Saigne-Vialleix, directeur départemental de, la banque de France-succursale de Rodez.

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  • - Le
    La problématique des collectivités locales à financer leur travaux n’arrange rien pour les entreprises du btp. Nous concernant nous travaillons dans la démolition : http://www.ddmc.fr et nous connaissons ce problème
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