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Creil Devenir une agglomération séduisante

ELISABETH GILLION |  le 21/11/1997  |  OiseCollectivités localesRénovationAménagementCulture

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-Ni banlieue ni vraie ville, l'agglomération de Creil est en quête d'une image valorisante pour constituer le premier pôle urbain de l'Oise. -Le développement sera encadré par un « plan de référence ».

Avec 70 000 habitants, à 60 km de Paris, le district de Creil reste, selon l'expression de son président Christian Grimbert, « un agrégat sans fusion des quatre communes qui le composent Creil, Nogent-sur-Oise, Montataire et Villers-Saint-Paul ». Les usines, les jardins ouvriers et les maisons s'entremêlent dans un espace mal organisé, et les grands immeubles ont envahi les plateaux environnants.

Aujoud'hui, l'établissement du plan de référence dans le cadre du contrat de développement urbain, à l'initiative de la région Picardie et sous la houlette du district, veut tenir le pari de l'élaboration concertée de l'avenir de l'agglomération. A ce projet commun, les quatre maires (1) s'accordent en écho : « La diversité de nos villes fera leur richesse. »

En effet, le plan de référence se présente comme un indicateur pour l'urbanisme et le développement économique, permettant d'harmoniser les interventions des collectivités locales et de l'Etat. Confié au cabinet Oise-La Vallée, il va au-delà des actions finançables pour une projection à long terme. Un objectif : constituer le premier pôle urbain de l'Oise, en cherchant à accroître la population et en développant des activités.

Pour la première fois, les communes se rassemblent et mettent en avant les atouts d'une agglomération déprimée par les plans sociaux et souffrant de la proximité de prestigieuses voisines comme Senlis et Chantilly.

Symboliquement, sur les quatre communes, où le patrimoine se compose à 42 % de logements sociaux, une Opah (opération programmée d'amélioration de l'habitat) se déroulera jusqu'en 1999, avec une opération de rénovation des façades. Les objectifs sont divers : mettre à niveau de confort des maisons anciennes ; rouvrir des habitations fermées pour les louer ; et diversifier la population en redonnant du lustre aux pavillons du XIXe et de l'époque « Arts déco », ainsi qu'aux demeures bourgeoises en pierres du siècle dernier.

Freiner l'érosion démographique en créant logements et activités

Comme les territoires communaux sont tissés de façon inextricable, le centre de la ville principale, Creil, sera renforcé pour offrir des logements haut de gamme et des emplois tertiaires. Enfin, un soin particulier sera apporté aux liaisons entre quartiers.

Pour freiner l'érosion démographique (1982 : 70 089 habitants, 1990 : 69 230 habitants), les élus veulent diversifier l'offre de logements, en augmentant la part de l'accession. Au total, on table sur la construction de 5 000 logements sur dix ans. Les réserves foncières actuelles suffisent pour tenir la cadence de 600 logements par an jusqu'en 2003.

D'ailleurs, cette agglomération dense, bloquée par les embouteillages, coincée entre les rivières et la voie ferrée, dispose de 200 ha de zones d'activités et de plusieurs espaces boisés.

Extension du centre-ville vers l'Oise

Un soin particulier sera apporté à la gare de Creil qui voit passer 30 000 personnes par jour - c'est la principale destination du nord de Paris. Posée en plein centre, entre l'Oise et des usines abandonnées, elle cumule les problèmes de circulation et de stationnement. Elle devrait être aménagée à double face (Creil-Nogent) et servir d'élément de renforcement du coeur de ville.

Ce dernier présente, d'un côté, un quartier élégant en pierres de Saint-Maximim datant de 1950, qui contraste avec la rue des Usines, située au dos. A cet endroit, la commune et le district possèdent une partie des terrains, mais devront opérer d'autres acquisitions pour disposer des friches industrielles mitoyennes, et lancer l'extension de ce coeur de ville vers les bords de l'Oise.

Ils devraient d'ailleurs récupérer plus rapidement l'immense friche de Vieille Montagne délaissée par l'Union minière, mais un gros chantier de dépollution s'imposera préalablement à tous travaux.

En attendant, l'étude de faisabilité vient d'être lancée pour un programme comprenant de nouvelles habitations, des locaux pour activités artisanales et des équipements publics en liaison avec les IUT et le centre culturel de la Faïencerie. « L'aménagement de ce coeur de ville représente un objectif déterminant, qui exige de travailler dans l'unité puisque les terrains sont répartis sur trois communes », explique Olivier Réguer, du cabinet Oise-La Vallée.

Equipements culturels et universitaires

L'agglomération, qui a longtemps ignoré l'Oise, tient maintenant à en faire un atout (voir encadré page 117). Elle y concentre, par exemple, les équipements culturels symboles de son renouveau.

Après le théâtre de la Faïencerie, l'IUT de technologie est actuellement en construction sur 8 020 m2. Les deux premiers départements viennent d'ouvrir à la rentrée. Le troisième sera achevé à l'automne prochain, ainsi que les 200 places de parking et les plantations préfigurant le futur parc urbain qui longera les berges. Cet oeuvre des architectes picards Jean Claisse, François-Xavier Legenne et Michel Salandre aura coûté 81 millions de francs HT, dont 30 % seulement auront été financés par l'Etat, la région, le département et le district se partageant le reste. (Un quatrième département est prévu, mais il n'est pas encore programmé).

« Creil est une ville d'opportunités foncières magnifiques. Il suffirait que les promoteurs la regardent positivement pour relancer l'investissement. Au contraire, les initiatives stratégiques traînent », regrette le président du district, Christian Grimbert.

Par exemple, la ZAC République, située dans le centre commerçant, avance par à-coups. Heureusement, la ville de Creil vient de décider d'emprunter 10 millions de francs pour que l'office d'HLM Oise Habitat puisse achever le parking, les logements et les bureaux dont l'agglomération est quasiment dépourvue.

De l'autre côté de la rue, le projet conçu par Roland Castro et Sophie Denissof pour 150 logements auxquels s'ajouteraient des commerces et des bureaux est en panne. Trop ambitieux, ce dernier devra certainement être revu à la baisse.

Diversifier et augmenter l'offre de transport

Pour débloquer le trafic au centre, le plan de déplacement urbain, confié au cabinet Isis-Béture, suggère une forte augmentation des bus et des aménagements facilitant leur stationnement.

Le morcellement du territoire par les voies rapides aboutit au passage de 15 000 à 30 000 véhicules/jour selon les axes. D'où la nécessité de hiérarchiser les voies de circulation, d'augmenter les liaisons est-ouest et les dégagements sur la rocade, de mailler les villes entre elles, de lancer plusieurs ponts et de creuser des souterrains.

L'objectif est de désenclaver trois quartiers dont le potentiel est inexploité : Vitel/Gournay à Montataire ; le sud de Creil ; et Royaumont, entre Villers et Nogent.

Enfin, l'instauration d'une signalétique globale s'impose, et un soin tout particulier devra être apporté aux entrées d'agglomération et aux nombreux espaces plus ou moins délaissés qui gênent la perception des lieux.

Pour les deux-roues, Isis-Béture préconise de multiplier passerelles, voies parallèles et passages souterrains. Là encore, les berges vont prendre de l'importance.

Contourner Paris par Creil en 2015

La vision à long terme est brouillée par l'absence de schéma directeur pour le sud de l'Oise. Il est réclamé à cor et à cri par le président du conseil général, Jean-François Mancel : « Le ministre de l'Equipement doit se déterminer rapidement, car il nous est impossible de programmer les investissements indispensables pour la préservation du bien-être des gens de l'Oise menacés par la poussée de la banlieue. » L'enjeu ? Séparer, sur des routes distinctes, les trajets internationaux et les migrations entre habitations et bassins d'emploi.

Faire pénétrer l'A16 Paris-Boulogne dans la capitale reste un objectif prioritaire ; les dégagements est-ouest viendront la compléter, avec de nouvelles voies rapides Clermont-Creil et Cergy-Pontoise - Creil - Senlis - Marne-la-Vallée. Dès maintenant, les élus se battent pour obtenir la liaison ferroviaire Creil-Roissy : « Elle reliera les deux tiers des Picards à l'aéroport », rappelle le président de la région Charles Baur. A condition de moderniser les lignes Creil-Compiègne et Creil-Beauvais, et de brancher Paris-Laon sur le RER. A terme, Creil pourrait devenir le noeud du périphérique nord de Paris... vers 2015.

(1) Jean Anciant (Creil), Jean-Pierre Bosino (Montataire), Claude Brunet (Nogent-sur-Oise) et Gérard Weyn (Villers-Saint-Paul).

PHOTOS :

Séparer, sur des routes distinctes, les trajets internationaux et les migrations entre habitations et bassins d'emploi, pour le bien-être des habitants de l'Oise.

Le théâtre de la Faïencerie situé à proximité de l'Oise où se concentrent les nouveaux équipements culturels et universitaires.

5 000 logements à construire sur dix ans.

L'acquisition de la friche de Vieille Montagne permettra l'extension du centre-ville.

Les berges de l'Oise en cours de reconquête

L'agglomération est attentive au projet de canal Seine-Nord à grand gabarit qui devrait faciliter le développement des entreprises le long des rivières et l'épanouissement du secteur logistique. Mais, en attendant, les villes s'attachent à lutter contre les inondations : une étude est en cours sur la résistance des berges, et un appel d'offres sera lancé au printemps pour la construction d'un mur anticrues.

Côté circulations, et pour relier Villers à la piscine de Nogent, un circuit cyclopédestre vient d'être aménagé le long de la rivière, et une deuxième tranche de travaux est prévue en 1998. « C'est également le moyen de faciliter l'accès d'un équipement intercommunal aux habitants de Villers qui vivent de l'autre côté de la rocade », rappelle Christian Grimbert.

En fait, l'ensemble des rives de l'Oise, du Thérain et de la Brèche devrait évoluer en lieux de promenade, circuits piétonniers et jardins familiaux. Trois parcs publics sont également prévus, dont celui de Montataire, qui s'étendra sur 10 ha, à la place d'une gravière en fin d'exploitation.

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L'usine Chausson en pleine transformation

Bien située sur l'axe nord-européen, au bord de l'autoroute A1 Paris-Lille, l'agglomération de Creil se trouve à vingt minutes de voiture de Roissy. Elle est bien dotée en laboratoires comme l'Institut national de l'environnement et des risques industriels (Ineris). Pour tirer parti de ces atouts, le district, propriétaire depuis juin dernier des 30 ha de l'usine fermée depuis dix-huit mois par Chausson, engage actuellement sa transformation en village d'entreprises. Devraient y être accueillis des équipementiers automobiles, de la mécanique et de la maintenance. Situé au centre de la vallée de Montataire, à cheval sur trois villes, le futur village présente l'avantage de se trouver intégré dans la zone franche.

L'appel d'offres pour la démolition et l'installation des réseaux est lancé ; celui sur la signalétique doit suivre. Par ailleurs, les 6 ha de parking vont être convertis par la commune de Montataire en locaux à louer par des artisans.

Un nouvel incinérateur de déchets pour 2000-2001

L'incinérateur de déchets ménagers, qui doit ouvrir en 2000-2001 à Villers-Saint-Paul, est conçu par Oise-La Vallée pour servir les 400 000 habitants de l'est du département. Il devrait traiter 200 000 t/an et fournir de la vapeur d'eau aux usines et aux logements collectifs. Une étude est en cours pour déterminer sa configuration définitive en fonction des déchetteries construites localement et des résidus industriels banals qu'il devrait absorber. Menacé de fermeture par la préfecture, le vieil incinérateur de Nogent devra donc attendre encore plusieurs années la mise en route de celui de Villers-Saint-Paul. Aussi le district est-il en train de négocier son déclassement.

Les travaux de modernisation se concentrant sur un seul des fours, cela permettrait de réduire le coût de sa remise aux normes à 6,5 millions de francs, au lieu de 30 millions.

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