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Coût global et style global

Patrice Bazaud, architecte et enseignant, vice-président d’Archinov |  le 10/01/2008  |  ArchitectureTechniqueProfessionnels

> (...) Si l’architecture est un art, la spécificité de l’architecte est que le but de son œuvre n’est pas personnel. Il ne finance pas son œuvre, il ne construit pas son œuvre, il ne la possède même pas. La valeur de son œuvre est sociale : dès lors qu’elle ne répond plus aux besoins, elle est détruite pour libérer l’espace qu’elle occupe et permettre une meilleure réponse aux nouveaux usages. Répondre au programme est une évidente nécessité, qui prime sur toute tentation d’affirmer son ego à ses dépens.

Prendre en compte le long terme, l’échelle de temps qui correspond à l’investissement, doit être la règle. C’est également pour l’architecte la perspective de voir son œuvre survivre à travers les reconversions successives que permettra « son » bâtiment.

Il faut généraliser la démarche en coût global (air connu), mais il faut aussi généraliser la démarche en « style global ». L’attirance que l’on constate pour l’habitat « traditionnel », les techniques « artisanales », la baguette « à l’ancienne », et qui rejoint parfois une expression nostalgique de l’écologie, ne doit pas être jetée avec l’eau du bain de l’obscurantisme.

Elle témoigne d’une demande de permanence qu’elle ne trouve pas dans les « ruptures » qui s’imposent.

Au risque d’être soupçonnés de provocation, nous pensons que la tradition peut être néfaste, en ce sens qu’elle nie l’innovation. Elle transmet des attitudes anciennes à des acteurs qui les reproduisent sans critique. Au contraire, la « conception durable » profitera pleinement de l’innovation pour prendre en compte l’évolution future.

On reconnaîtra un « style global » à sa faculté d’être assimilé au cours des décennies. Au-delà du décor, de l’image, c’est la consistance même du bâtiment qui est concernée. Lorsque les concepteurs du XIXe siècle ont créé les palais de l’industrie, ils ont d’abord affirmé l’image de leur client. Ils ont dans le même temps répondu au programme.

Et ils ont aussi intégré la dimension du temps, au cours duquel le bâtiment devra évoluer. Ils ont souvent prévu une surélévation, ou une extension, sans se soucier de la modification de l’image qu’ils avaient voulue au départ.

Aujourd’hui, si l’on a souvent oublié le nom de l’auteur premier, ces bâtiments poursuivent leur vie au service d’autres usages.

L’architecte qui prend en charge une reconversion pour permettre à ce bâtiment de survivre, intégrant ses qualités pérennes comme matériaux d’un nouveau projet, fait totalement œuvre d’architecture.

(le texte complet est à lire sur www.lemoniteur-expert.com, rubrique Points de vue)

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