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Coordination : une mission sur toute la durée de l'opération

le 09/04/1999  |  Maîtrise d'ouvrageNumériqueEntreprisesCommunicationParis

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Le rôle de l'OPC ne concerne pas uniquement la phase de travaux mais aussi la phase de conception. Pour le compte du maître d'ouvrage, et en liaison avec les autres intervenants, il veille au respect des délais et au bon déroulement du chantier.

Particularité française, la mission d'ordonnancement, de pilotage et de coordination (OPC), a été « officialisée », en quelque sorte, par la loi MOP du 12 juillet 1985, relative à la maîtrise d'ouvrage publique et ses relations avec la maîtrise d'oeuvre privée. L'article 7 de la loi précise, en effet, qu'elle relève de la maîtrise d'oeuvre. Toutefois, le contenu de cette mission, qui peut comporter un volet financier avec l'établissement de calendriers prévisionnels, n'est pas suffisamment bien défini, comme le remarquent les professionnels. Ils souhaitent participer au projet de construction, le plus en amont possible, et non pas uniquement lors de la phase de chantier. L'objectif n'est pas de figer les choses une fois pour toutes. Il s'agit, bien au contraire, d'évaluer le plus tôt possible les difficultés du projet. Ainsi, si elle est prévue en amont avant le choix des entreprises, voire celui de l'architecte, la mission d'OPC constitue une assistance à la maîtrise d'ouvrage. Par exemple, le nombre de grues nécessaires sur le chantier sera déterminé ou, dans le cas d'une restructuration en site occupé, le phasage des opérations à tiroirs sera défini. Dès lors, ces études préalables facilitent l'approche que peuvent avoir les entreprises du coût de l'opération, en fonction des contraintes imposées par le client. La taille et la complexité du chantier jouent également un rôle déterminant : face à des opérations de restructuration en site occupé ou de gestion d'un nombre important de corps d'état techniques, une mission de synthèse peut s'avérer indispensable. Mais attention, les chantiers de petite taille manquent cruellement d'encadrement, au sein des entreprises, ce qui peut rendre la présence d'une mission d'OPC nécessaire. Les différentes missionsLes missions confiées par le maître d'ouvrage portent essentiellement sur quatre aspects : l'organisation et la coordination générale des intervenants, l'ordonnancement et la planification de l'ensemble de l'opération, l'organisation et la coordination temporelle des études d'exécution, ainsi que le pilotage du chantier. Elles concernent donc toute la durée d'une opération, depuis la phase de conception, en passant par la phase de travaux, jusqu'à la période de parfait achèvement, après la levée de réserves. Les missions de l'OPC ne portent pas sur les actions techniques dont la responsabilité incombe aux autres intervenants. Le rôle de l'OPC est de recenser ces actions, de les inscrire dans un calendrier, et ainsi de fournir à chacun un cadre méthodique d'intervention. Ce travail, par essence neutre et indépendant, passe souvent par l'utilisation d'outils informatiques : ils permettent aisément la comparaison entre les situations réelles et les situations prévues. De plus, ils garantissent une « traçabilité » (historique des opérations) des échanges. La phase de conception. Pendant la phase de conception des ouvrages, qui aboutit à la passation des marchés de travaux, le rôle de l'OPC consiste à élaborer l'organigramme fonctionnel, à répertorier les intervenants, afin de mettre en place un schéma de circulation des documents. Le choix d'un outil de planification intervient à ce stade. Par ailleurs, toutes les difficultés sont recensées. La passation des contrats de travaux. Lors de cette phase cruciale, le rôle de l'OPC est notamment d'aider le maître d'ouvrage et les autres intervenants de la maîtrise d'oeuvre dans le mode de dévolution des travaux et le regroupement éventuel des lots. La préparation du chantier. A ce stade, le rôle de l'OPC porte sur l'organisation générale, la coordination des études d'exécution et la planification des travaux. Les besoins des entreprises en matière d'installation de chantiers sont identifiés. Ce travail débouche sur l'établissement d'un plan d'installation du chantier assorti d'un cahier d'organisation : accès, installation, alimentation, circulation, gardiennage. C'est également à ce moment qu'est prise la décision de mettre en place ou non une cellule de synthèse, dont le but est d'obtenir des plans d'exécution détaillés intégrant les réservations nécessaires au cheminement des fluides techniques. L'exécution des contrats de travaux. Pendant la phase d'exécution des travaux, la fonction de l'OPC est d'assurer la liaison permanente entre tous les intervenants. Il s'agit, par exemple, d'élaborer les comptes rendus de chantier dont il assure la diffusion ou, encore, de tenir à la disposition des intervenants l'ensemble des documents de référence. Le contrôle des délais passe par la confirmation des dates de début et de fin de tâche. En cas de retard, des mesures correctives sont proposées. La réception des travaux. L'OPC prépare le calendrier détaillé des opérations préalables à la réception (OPR). Il élabore le rapport de fin de chantier et donne son avis éventuellement sur les responsabilités respectives des intervenants dans les retards. Le parfait achèvement. Au cours de la mise en service de l'ouvrage, le rôle de l'OPC est de recenser les problèmes afin d'y apporter d'éventuelles mesures correctives.Pour en savoir plus« Conduire son chantier », « Coordonner une opération de travaux », « 120 Séquences pour mener une opération de construction », éditions Le Moniteur, 17, rue d'Uzès, 75002 Paris ; tél. : 01.40.13.30.30.« La Préparation de chantier, les outils d'aide à la gestion », Agence Qualité construction, 9, boulevard Malesherbes, 75008 Paris ; tél. : 01.44.51.03.51 ; fax : 01.47.42.81.71.« Un Logiciel pour les pilotes de chantier », « Le Moniteur » du 26 septembre 1997, p. 93.« Internet et EDI : des utilisations complémentaires », « Le Moniteur » du 5 juin 1998, p. 89.« Gestion de chantier, Internet au secours des petits bâtiments », « Le Moniteur » du 1er janvier 1999, p. 33. A contacter Unapoc, Union nationale des professionnels de la coordination en OPC, sécurité et protection de la santé, Maison de l'ingénierie, 3, rue Léon-Bonnat, 75016 Paris ; tél. : 01.53.93.72.06 ; fax : 01.45.63.84.30.

Les échanges de données informatisés

L'utilisation des EDI devient indispensable en présence de chantiers complexes tels que des hôpitaux, où la multiplication des fluides suppose la superposition d'un grand nombre de couches, et pour lesquels la mission de synthèse peut durer un an.

Depuis les premières armoires à plans utilisées dans les années 1980, des progrès liés à la généralisation de la bureautique ont été accomplis, qui démocratisent l'échange de données informatisé (EDI) sur des chantiers de taille réduite, de l'ordre de quelques dizaines de millions de francs.

L'arrivée d'Internet va permettre d'aller encore plus loin, à condition de résoudre les problèmes de rapidité de transmission de l'information, particulièrement aigus lorsqu'il s'agit d'échanger des fichiers lourds correspondant à des plans. Les gains obtenus portent sur les frais postaux, les tirages papiers, et surtout l'amélioration de la productivité lors de l'établissement des plans d'exécution.

Les outils informatiques utilisés tiennent à la taille du chantier : OTH, Prosys et EDI Management (Coteba) proposent des outils informatiques adaptés à des chantiers d'une certaine taille : le coût d'une armoire à plan représente environ 0,3 % du montant d'une opération de 300 millions de francs. Il existe également des outils propriétaires, développés par des entreprises, répondant à des besoins plus modestes.

SCHEMA : Echanges de données informatisées

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La démarche séquentielle

Des chantiers de réhabilitation conduits selon une méthode séquentielle peuvent aboutir à des échecs dus à une définition trop rapide des objectifs du maître d'ouvrage, un management inadapté, ou un manque de pratique de la part des entreprises. Le principe est cependant séduisant : il a pour objet d'intervenir en un lieu donné et en un temps donné sans discontinuité pour réaliser une tâche de construction précise et complète, pour éviter la gêne entre les intervenants et celle des occupants.

La Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction, du ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement, a repris la réflexion sur ce type de méthode d'intervention adapté à la réhabilitation en site occupé. La notion d'ateliers qui convient à tous les prestataires sur le chantier est introduite, renforçant le pilotage des opérations et prenant en compte la notion de service rendu pour les bénéficiaires, locataires ou élus, chargés de veiller à l'allocation de voirie durant les travaux.

Quatre types d'ateliers sont définis : espaces extérieurs, enveloppe, parties communes et logement. Ce qui rompt totalement avec l'allotissement traditionnel par corps d'état. Un document sur cette nouvelle approche (1) précise notamment comment prendre en compte ce découpage aux différentes étapes du chantier : diagnostic, programme, conception, dossier de consultation des entreprises, chantier et réception de travaux. Cette organisation spatiale règle plusieurs problèmes : la bonne gestion des attentes des locataires, mais aussi la coactivité en respectant les règles de sécurité et la logistique des flux d'information et de matériels. Ce modèle a d'ailleurs fait l'objet d'expérimentations sur deux chantiers de réhabilitation.

(1) « La Réhabilitation séquentielle en milieu occupé : une nouvelle approche », par Patrick Martin et Fabienne Degorce, pour le compte du ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement (Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction), coordinateur Jean-Jacques Viala, décembre 1998, DGUHC/QC2 ; tél. : 01.40.81.94.70.

L'avis des experts Patrick Dula et Hervé Cerles, Fédération nationale des coordonnateurs SPS Coordonnateur SPS et fonction OPC : une obligation de communication

La mission du coordonnateur sécurité/protection de la santé consiste à régler les problèmes de coactivité sur chantier, à définir les règles de sécurité, d'hygiène, de protection du personnel. Les lois et décrets définissent cela. Cette réglementation dit clairement que la mission du coordonnateur doit commencer très en amont, dès la phase de conception.

De même, dès la phase de préparation du chantier, il est indispensable que le coordonnateur participe à l'élaboration du planning. Cela doit d'ailleurs être l'objet du premier rendez-vous avec la personne chargée de la fonction ordonnancement, pilotage, coordination.

Dans ce cadre, le rôle du coordonnateur est celui d'un pédagogue. Il est évident qu'il peut exister des contradictions entre ces fonctions : le coordonnateur règle des problèmes de coactivité et de sécurité quand la mission OPC a pour objectif de livrer le chantier dans un délai fixé. Inversement, on peut rencontrer des coordonnateurs qui ont une propension à « ouvrir le parapluie », sans garder à l'esprit la notion de planning.

De fait, la qualité de relation tient essentiellement aux rapports entre les hommes : il faut que l'un et l'autre aient l'habitude de communiquer. Il peut s'agir d'échanges brefs, sans délais, des coups de fil ou des réunions. Ils résolvent les problèmes courants qui peuvent prendre des proportions gênantes pour la suite du chantier : le respect des règles de sécurité, les délais, l'enveloppe financière du projet.

Notre pratique nous conduit à favoriser le partenariat entre le maître d'ouvrage, le coordonnateur, le maître d'oeuvre et la fonction ordonnancement, pilotage, coordination.

PHOTO : Patrick Dula (à droite), président, et Hervé Cerles, secrétaire.

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ORGANISATION DE CHANTIER

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