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Convention FNB Vers une relance des marchés

MICHEL OCTERNAUD |  le 03/10/1997  |  Loire-AtlantiqueLogementCommande publiqueEtatArtisans

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-Réunis en convention à Nantes du 1er au 3 octobre, plus de 3 000 entrepreneurs et artisans du bâtiment présentent à tous les intervenants de l'acte de construire et aux pouvoirs publics leur projet professionnel d'avenir. -La profession retrouve l'espoir, après l'annonce de bonnes nouvelles dans la loi de finances 1998.

Il y a presque un an, toute la profession manifestait sa colère dans la rue : la manifestation des entrepreneurs du 24 octobre avait résonné de la porte Maillot à l'Elysée, en passant par Matignon. Aujourd'hui, dans le cadre de la seconde convention de la Fédération nationale du bâtiment (FNB), qui se déroule à Nantes (Pays de la Loire), il s'agit pour les professionnels de fonder de nouvelles bases, rebâtir un projet collectif, mettre au point de nouvelles stratégies pour s'adapter à la nouvelle donne des marchés et réussir une véritable mutation.

Le contexte est différent : certes, la situation du bâtiment demeure critique, puisqu'en sept ans, rappelle Alain Sionneau, président de la FNB, « 40 000 entreprises ont déposé leur bilan et 195 000 emplois ont disparu ». Le secteur devrait rester dans le rouge cette année avec une production en volume qui chuterait entre 1,8 % et 1 %, la poursuite de la dégradation des prix et une perte de 25 000 à 30 000 emplois, si des opérations sont lancées au cours du dernier trimestre de 1997, dans le cadre du plan de réhabilitation de 100 000 logements sociaux supplémentaires.

Un «bon budget 1998»

« La profession n'est cependant pas dans le même état d'esprit qu'il y a un an, souligne Alain Sionneau. Nous avons l'impression - pas sur tout - d'avoir été entendus. Par exemple, la déduction fiscale pour les gros travaux des particuliers s'est appliquée concrètement. C'est une résultante de la manifestation du 24 octobre au cours de laquelle nous avions présenté des propositions. Dans le projet de budget 1998, le bâtiment n'a pas été oublié, faisant la part belle au logement social et à la réhabilitation », et de commenter : « A certaines réserves près, c'est un bon budget (voir p. 20), qui offre aux entreprises de meilleures perspectives. »

« Au-delà de ces mesures qui, additionnées, vont dans le bon sens, explique le président de la FNB, la capacité d'adaptation des entreprises aux marchés est réelle. Mais une fois encore, d'importantes disparités subsistent, selon les régions, la taille des entreprises, les corps d'état. » Les maçons souffrent ainsi beaucoup plus que les entrepreneurs de second oeuvre en raison de la chute du logement collectif neuf. En Paca, on ne rencontre que des entrepreneurs malheureux tant la récession est importante. En revanche, le marché de la maison individuelle, qui a peut-être atteint son apogée, offre de bonnes perspectives d'activité pour les petites entreprises et les artisans ; il en est de même du marché de la réhabilitation.

« A quoi sert-il d'aller vers des marchés où il n'y a pas de demande, s'interroge Alain Sionneau ? Mieux vaut au contraire en créer de nouveaux, mettre au point des stratégies d'offres de produits, de services. Il y a une prise de conscience très vive dans notre profession de la nécessité de développer des démarches marketing : c'est là un des grands thèmes débattus à la convention dans le cadre du colloque animé par EPI (1). Nous devons entraîner les entreprises dans un cercle vertueux qui les positionne mieux sur leurs marchés » (voir notre enquête p. 42). Autres grands thèmes abordés à Nantes : « réussir ensemble la qualification et l'emploi des jeunes » (un jeune sur six en France démarre sa vie professionnelle dans le bâtiment, et ce, malgré la mauvaise conjoncture) ; « quelles compétences et quelles formations dans la construction en Europe » ; « l'assurance-construction : priorité à la prévention » ; et le colloque Perle, qui réunit plus de 600 femmes du bâtiment, particulièrement motivées par la promotion de leur rôle dans l'entreprise, le développement d'outils innovants de formation, la mise en place d'un partenariat transnational...

Une liste de propositions

Le moment fort de cette convention réunit ce 3 octobre plus de 2 000 entrepreneurs, artisans, partenaires et décideurs du monde de la construction. Les professionnels présentent en effet leur projet professionnel permettant d'assurer la relance des marchés de la construction.

« Il n'y a pas de fatalité à la récession, conclut Alain Sionneau. Les besoins en logement, en équipements sont réels. Quand on abandonne un grand projet d'équipement, ce sont au bout des projets de bâtiment qui sont annulés. Les entreprises réclament une politique pérenne de la construction et non une politique en dents de scie, des annonces anticipées qui déstabilisent le marché. C'est la raison pour laquelle ce projet professionnel, contient une liste de propositions. Nombre de celles qui figuraient dans le projet présenté lors de la convention FNB de Montpellier en septembre 1994 ont d'ailleurs été ensuite retenues, certaines en totalité, d'autres partiellement par les pouvoirs publics. »

(1) Le colloque organisé par EPI (FNB), « Stratégie, marketing et vente », s'est déroulé le 1er et le 2 octobre avec les ateliers suivants : groupements d'entreprises et offre globale, intégrer un vendeur dans une PME, forces et faiblesses de votre entreprise, les outils pour vendre plus et mieux, la vente au juste prix, l'entretien de vente.

PHOTO : «La profession n'est pas dans le même esprit qu'il y a un an. Nous avons - pas sur tout - été entendus.»

PHOTO : Alain Sionneau, président de la Fédération nationale du bâtiment, propose un «projet professionnel» à ses adhérents qui traduit la volonté de ses membres présents à la convention de Nantes d'entreprendre et de se battre pour l'emploi.

Un projet collectif pour une nouvelle politique de la construction

Touchés par « six années de récession et de déception », entrepreneurs et artisans de la FNB ont travaillé, ces derniers mois, dans leurs régions, leurs départements, leurs unions professionnelles, pour rebâtir un projet collectif traduisant, selon Alain Sionneau, « leur volonté intacte d'entreprendre et de se battre pour l'emploi, en présentant les solutions qu'ils préconisent pour une nouvelle politique de la construction ».

Les obstacles

Six freins principaux : la diminution des moyens financiers et le désengagement de l'Etat et des collectivités locales ; la perception d'un prix, à la fois trop élevé pour le client et trop bas pour l'entreprise ; la rigidité excessive des budgets, l'absence de programmation des travaux, la longueur des procédures d'appels d'offres dans les marchés publics ; le manque de confiance général ; le fait que le BTP ne soit plus une priorité pour les pouvoirs publics ; la concurrence du travail au noir.

Six blocages législatifs et réglementaires : la prise en compte insuffisante de la qualité ; la difficulté d'accès à la réglementation ; une fiscalité pénalisante pour la transmission du patrimoine ; les ponctions arbitraires sur le 1 % logement ; l'absence de pérennité des règles fiscales ; la lourdeur et la complexité de la législation.

Les propositions :

Stimuler les marchés publics en menant des actions pour inciter les collectivités à investir, en associant l'argent privé à l'argent public pour monter des projets, en détruisant les logements HLM vétustes pour reconstruire un cadre de vie de qualité...

Développer les marchés industriels et commerciaux.

Conquérir ou reconquérir les marchés des particuliers en rééquilibrant la fiscalité de l'investissement locatif, en facilitant et en accroissant les travaux dans l'existant, en incitant les ménages des catégories moyennes à accéder à la propriété...

Améliorer l'image de la profession et de la filière en promouvant la qualité, la qualification et la certification, en innovant...

Une urgence : rénover le cadre des activités de la profession (simplification du licenciement, réduction du coût du travail, arrêter le gâchis de l'assurance construction...)

Un défi : redonner aux entreprises les marges qui leur manquent en mettant hors la loi les prix anormalement bas, en réduisant les prélèvements obligatoires; rééquilibrer le rôle de l'Etat et son efficacité.

«Il n'y a pas de fatalité à la récession. Les besoins en logement, en équipement sont réels. »

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