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Constructions-3D, l'impression en mode turbo
Axel Théry, ingénieur développement et associé de la jeune pousse, à côté de la grue télécommandée aux bras longs de 9,5 m. - © SAMUEL DHOTE / LE MONITEUR

Constructions-3D, l'impression en mode turbo

Alexandre Lenoir |  le 08/11/2018  |  NordNumériqueChantier connectéStart-up

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La start-up valenciennoise a mis au point une araignée mobile capable de bâtir maisons et ouvrages complexes.

Alors que la révolution 3D s'apprête à ébranler le monde du bâtiment, à Valenciennes (Nord), la start-up Constructions-3D fourbit patiemment ses armes. Ou plutôt son arme. Une imprimante aux allures d'araignée géante dont le bras mesure près de 10 m. Elle file le mortier sans relâche, bien campée sur ses quatre pattes au centre du bâtiment à construire. Et, une fois son ouvrage achevé, elle se recroqueville et ressort… par la porte !

A la différence d'autres automates, nul besoin de lourdes structures extérieures ni d'assembler des éléments imprimés en amont. Un outil de chantier robuste qui se démarque par son côté tout-terrain du robot mis au point par XtreeE, autre start-up française spécialiste de l'impression 3D appliquée au bâtiment.

Phase expérimentale

Après trois ans de conception, Constructions-3D se lance aujourd'hui dans la commercialisation de sa grue télécommandée. La clientèle visée ? Des centres de recherche, à l'image de cette école marocaine qui souhaite tester la machine avec de l'argile local. Ou de PME prêtes à casser leur tirelire - la machine coûte près de 500 000 euros HT - pour anticiper le virage de la construction additive et réaliser des ouvrages complexes : piscine en forme de papillon, palais-bulle, corail artificiel, skate-park…

« Ces acteurs sont conscients que nous sommes encore dans une phase expérimentale et souhaitent s'investir dans le projet en partageant leurs retours d'expérience », expose Antoine Motte, patron de la jeune pousse.


La clientèle visée ? Des PME prêtes à casser leur tirelire pour des réalisations atypiques

A 34 ans, cet ancien conducteur de travaux chez Bouygues et Vinci, reconverti dans le commerce d'imprimantes 3D, est intarissable sur les vertus de la construction automatique : coût marginal réduit, économie de matériaux, libération de l'architecture, remède au mal logement… Fan de l'essayiste Jeremy Rifkin, concepteur de la « troisième révolution industrielle », et de l'architecte écologiste Nader Khalili, ce rejeton d'une grande famille de l'industrie textile du Nord rêve d'une machine capable d'édifier une maison en moins d'une journée partout dans le monde.

Pour prouver son savoir-faire, Constructions-3D va imprimer en fin d'année le hall d'accueil de ses nouveaux locaux à Bruay-sur-l'Escaut, en banlieue de Valenciennes. Quitte à détruire le bâtiment s'il n'obtient pas les agréments nécessaires.

Car, au-delà du défi technologique, en passe d'être maîtrisé, la construction additive butte sur l'absence de normes de référence nécessaires pour convaincre les assurances. « A terme, les assureurs seront les premiers militants d'une technique qui retrace seconde par seconde toutes les étapes de la construction, veut croire Antoine Motte, persuadé que la révolution 3D s'annonce aussi violente qu'inéluctable. Nos imprimantes sont l'équivalent des premières voitures quand elles étaient entourées de calèches et de chevaux. »

265 m2

265 m2 : surface maximale d'impression.

5 M€ : chiffre d'affaires escompté en 2020.

75 MPa : résistance à la pression du mortier.

A suivre - L'avis de l'expert

« L'un des avantages de cette imprimante est d'être mieux acceptée parce qu'elle se rapproche des machines déjà présentes sur les chantiers. Autre atout : sa mobilité. Mais il reste des points à éclaircir comme le matériau à imprimer, dont la qualité ne se limite pas à une bonne résistance. Constructions-3D doit maintenant faire la démonstration de ses compétences et de sa maîtrise. Le défi est d'abord normatif, pour mettre en place un modèle économique viable et convaincre les assureurs. Il est ensuite humain et social car la notion de travail va changer, ainsi que le rôle du compagnon. »

Zoubeir Lafhaj, professeur en recherche industrielle « Construction 4.O » à Centrale Lille.

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