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Construction passive : une étude compare les coûts de part et d'autre du Rhin
Une étude trinationale sur le marché de la rénovation thermique - © © DR

Construction passive : une étude compare les coûts de part et d'autre du Rhin

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 28/03/2013  |  Bas-RhinFrance EuropeHaut-RhinInternational

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En clôture du projet transfrontalier sur la construction passive dans le Rhin supérieur entre 2011 et 2013, le réseau Trion a présenté les perspectives du marché de l’éco-rénovation à l’horizon 2020 dans ce territoire trinational, au cours d’un colloque animé par Le Moniteur, le 21 mars à Colmar.

Entre 70 et 90 euros par m2, le solaire thermique alsacien coûte deux à trois fois plus cher que ses voisins du Rhin supérieur. Issu d’un échantillon de devis, ce résultat figure dans l’étude de 86 pages (1) rendue publique le 21 mars dernier par Trion, le réseau « Energie climat » de la conférence du Rhin supérieur (2). Co-organisé par cet organisme et par le conseil général du Haut-Rhin, un colloque (3) animé par le Moniteur a servi de cadre à la restitution de cette étude, devant quelque 200 acteurs de la construction issus des trois pays. Les prix alsaciens reflètent un décalage persistant : de l’autre côté du Rhin, la fin programmée du nucléaire renforce la lutte contre le gaspillage d’énergie et la détermination à garder une longueur d’avance dans la construction passive.

Effet d’aubaine

Les subventions génèrent-elles un effet d’aubaine qui expliquerait les différences de prix ? « Pour éviter les dérives, nous avons plafonné l’éligibilité en fonction du prix du m2 installé », répond Bruno Flochon, chargé du suivi du programme Energivie.Info, porté par l’Etat et la région Alsace. Alors que le territoire français se distingue de ses voisins par la forte proportion de propriétaires en situation de précarité énergétique, le conseil général du Haut-Rhin prône un nouveau cap : « Plutôt que de favoriser l’excellence pour une minorité, notre politique vise à réduire les  charges pour le plus grand nombre », résume Yann Thépot, directeur de l’habitat au conseil général du Haut-Rhin. L’ingénierie française se tient prête à dédramatiser la question des coûts : « Bien pensé en amont, le passif ne coûte pas toujours plus cher », soutient Pierre-Emmanuel Litaize, secrétaire de la fédération française de la construction passive, créée en 2012 à Saverne (Bas-Rhin).

Agréger les volontés

L’émulation transfrontalière favorisera-t-elle un envol massif du marché ? En présentant l’étude de Trion, la directrice du réseau, Vulla Parasote, n’a pas dissimulé l’ambition du Rhin supérieur : d’ici à 2020, amener le taux annuel de rénovation énergétique des bâtiments existants à 3 % par an, au lieu de 1 %. Cette hypothèse aboutit à évaluer le marché annuel à 3,6 milliards d’euros, dont 930 pour l’Alsace. En ouverture du colloque, le président du conseil général du Haut-Rhin a formulé le mot d’ordre politique correspondant à cette ambition : « Agrégeons nos volontés… ».

En parlant d’agrégation plutôt que de stratégie et de marché intégrés, le chef de l’exécutif du sud de l’Alsace montre en creux les limites du système : chaque composante du territoire transfrontalier détermine ses propres ambitions et moyens, ce qui n’autorise qu’une « comparabilité relative » des politiques publiques, selon l’expression de Vulla Parasote. Président de la commission Energie Climat de la conférence du Rhin supérieur, le suisse Alberto Isenbourg a donné la mesure de cette situation : le canton de Bâle campagne, où il dirige l’administration de l’environnement, s’apprête à tripler les financements dédiés aux rénovations énergétiques, pour les porter à 150 millions de francs suisses par an. Mais l’ambition économique ne déborde pas des frontières du canton de 260 000 habitants : les entreprises y captent 78 % du marché de l’éco-rénovation, devant le reste de la Suisse avec 18 %, et l’Allemagne avec 4 %.

Décollage annoncé de l’habitat participatif

Pour autant, les militants d’une stratégie intégrée ne désarment pas, et certains outils publics peuvent se prêter à des initiatives coordonnées : « Dans les années 2000, les différences entre nos deux systèmes ont découragé les volontés de coopération entre les agences locales de l’énergie de Fribourg et de Mulhouse. Aujourd’hui, encouragées par Trion, elles décident de relancer cette dynamique », annonce Nils Sonderman, chef de projet à l’Energieargentur Regio Freiburg.

La production de logements par des groupes d’autopromotion pourrait aussi favoriser la capillarité transfrontalière : « A Fribourg, l’autopromotion a joué un rôle décisif dans le développement de la construction passive », rappelle l’architecte Meinhard Hansen. Le transfert d’expériences favorisera-t-il un phénomène comparable en France ? Les débats animés sur ce sujet reflètent l’espoir des militants français de l’habitat participatif : la prise en compte de leur mouvement, dans le projet de loi en gestation sur le logement, s’ajoute au volontarisme affiché par la ville de Strasbourg, parmi les chevilles ouvrières du groupe de collectivités qui défendent ce nouveau modèle de production de logements.

1)   « Analyse de marché et potentiel de la rénovation du bâti dans le Rhin supérieur » : étude coordonnée par Trion avec le concours d’Ortenauer Energieagentur pour l’Allemagne, Cellule économique du BTP pour l’Alsace, et TEP Energy pour la Suisse.

2)   Emanation des Etats et des grandes collectivités riveraines du Rhin, entre Bâle et Mannheim.

3)   « Réussir la performance énergétique des bâtiments : quelles solutions économiques et sociales dans le Rhin supérieur ? »

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