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Construction métallique Ossature de haute précision pour manufacture de luxe
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Construction métallique Ossature de haute précision pour manufacture de luxe

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 03/03/2006  |  RéalisationsGros œuvreAcierArtisansArchitecture

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Problème Construire rapidement une manufacture de plus de 5 000 m2 qui reflète par son aspect la rigueur, la précision et le travail accompli par les artisans d’art du maroquinier Hermès, maître d’ouvrage. Solution Un quadrilatère transparent sur ossature d’acier galvanisé apparente, fruit d’une conception, d’une fabrication et d’un assemblage maîtrisés de bout en bout pour un montage en huit semaines.

Cuirs précieux et savoir-faire exceptionnel : seuls les sacs « Kelly » et « Birkin », deux des références les plus demandées de la maison de sellerie Hermès, sont fabriqués ici, à la manufacture de Bogny-sur-Meuse (Ardennes). Conçu par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti, ce bâtiment dédié à leur façonnage se présente comme une plate-forme sur pilotis, inscrite dans la pente du terrain, en surplomb de la Meuse. Bien loin d’emprunter à l’exubérance d’un quelconque show-room, le plan ici est rigoureusement ordonnancé selon une trame de 17,40 m correspondant à l’échelle de chaque atelier. Une mesure dont la savante combinaison détermine un bâtiment horizontal et longiligne de 104,40 m sur 52,20 m. Son entrée, inscrite dans une nef traversante double hauteur, s’ouvre sur le fleuve. Elle distribue, d’un côté, les bureaux de l’administration et le restaurant ; de l’autre, les ateliers baignés de lumière naturelle, ponctués par de petits patios intérieurs. La succession de ces espaces s’organise selon le processus de fabrication des sacs (20 h de travail par pièce).

Soucieux de limiter la durée du chantier, la maîtrise d’ouvrage et les architectes ont opté pour une solution constructive sur ossature métallique (720 tonnes d’acier galvanisé) dont ils tirent parti en la laissant apparente, à l’extérieur comme à l’intérieur.

Du modèle au chantier,un parcours sans faute. Inspirés, sans aucun doute, par la perfection dont se réclament les créations de leur maître d’ouvrage, architectes, bureaux d’études et entreprises ont conçu, réalisé et assemblé un savant Meccano. Qu’on en juge. Le projet a été intégralement modélisé pour le calcul puis dessiné en 3D de manière à éditer les fichiers de programmation des machines à commandes numériques de l’atelier de fabrication. Sans oublier les nomenclatures de boulons des différentes pièces, ainsi que les plans de montage sur le chantier…

En atelier, la même minutie a prévalu. Après transformation des profils d’acier brut, chaque pièce de la structure (chevêtre, poutre, solive, poteau, etc.) est repérée pour en assurer sa traçabilité au long de son parcours. Toutes les réservations à prévoir ont été créées avant galvanisation : pas question, une fois les pièces de charpente protégées de l’oxydation, de les percer ni de les refaçonner ! L’ensemble est ensuite « colisé » pour transfert à l’usine de galvanisation. Après dégraissage et décapage, les éléments sont plongés dans un bain de zinc fondu à 450°C.

Livrées sur chantier dans l’ordre où elles ont été acheminées à l’usine de galvanisation, les pièces sont soigneusement entreposées avant d’être assemblées selon le plan de montage. 80 % des boulons sont serrés à la main, à la clé dynamométrique, seul procédé qui permet de certifier la conformité à la note de calcul. A raison de 70 boulons par tête de poteau – le projet comptant 78 poteaux –, ce sont au total plusieurs dizaines de milliers de boulons qui ont été utilisés sur ce chantier… Deux équipes de pose (1 grue, 2 nacelles et 6 opérateurs), supervisées par un conducteur de travaux, ont effectué le montage. Et en huit semaines, l’affaire était dans le sac !

Maîtrise d’ouvrage : Hermès International; maîtrise d’ouvrage déléguée : Luc De Vita.

Maîtrise d’œuvre : Patrick Berger et Jacques Anziutti, architectes ; Julien Abinal et Marc Rousseau (études) ; Blandine Patriarche-Rémy, Olivier Leruth et Julien Drevon (études et réalisation), architectes assistants. Michel Desvigne, paysagiste. Michel Forgue, économiste. Louis Choulet, BET Fluides. Coyne et Bellier, BET Structure. Technivert-Consultant, BET Paysage.

Principales entreprises : Groupement François-Vallogia-Palumbo-STP Vence-CMD (gros œuvre), CMD (charpente métallique), Petitmangin et fils (étanchéité et couverture), Warsmann (menuiseries extérieures et serrurerie-métallerie), groupement Lachaux Paysage-STP Vence-Arden’espaces verts (aménagement paysager), Elyo Nord-Est (chauffage-ventilation-climatisation).

Surface : 5460 m2 HON.

Coût travaux : 8,85 millions d’euros HT.

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Une charpente métallique « cousue main »

Long de 104,40 m sur 52,20 m, le bâtiment comporte une « galerie nef » qui culmine à 8,84 m de hauteur (soit 4,42 m au-dessus de la toiture principale de l’ouvrage). L’ensemble de la structure est réglé sur les multiples et sous-multiples d’un module unitaire de 1,45 m. La structure primaire de la charpente métallique est constituée de traverses en profilés reconstitués soudés (PRS) de 600 mm (pour le toit) et de 860 mm (pour le plancher). Celle-ci est encastrée sur 78 poteaux métalliques (en PRS), eux-mêmes disposés, via un appui glissant, sur un pilier en béton armé.

L’ensemble « poteaux-traverses » constitue un jeu de portiques qui assurent le contreventement latéral de la structure dans les deux directions. La trame des piliers en béton armé sur lesquels repose la structure porteuse du plancher est identique à celle des poteaux métalliques dans le sens transversal. Dans le sens longitudinal, les plus grandes portées ont été divisées en deux par l’ajout d’un pilier intermédiaire en béton, limitant ainsi la portée des poutres de plancher à 8,70 m. Dans le sens transversal, le bâtiment présente un porte-à-faux de 4,60 m par rapport à la dernière file de piliers en béton. Les solives du plancher et les pannes du toit, qui supportent respectivement des bacs en acier collaborants et les bacs de couverture, sont disposées entre les traverses principales de la structure, avec un espacement maximal de 2,90 m. Le plancher est dimensionné pour une surcharge d’exploitation de 350 kg/m2 et conçu pour supporter localement des presses de 5 tonnes. La charpente métallique de l’ouvrage repose sur les fondations par le biais de piliers en béton armé de 2,25 m de hauteur. Les charges sont transmises au sol par des pieux forés de 420 mm de diamètre, d’une profondeur moyenne de 11 m. Dans l’axe transversal du bâtiment, une galerie technique prend place entre la structure du plancher et le terrain, dans la hauteur des piliers en béton.

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