Immobilier

Construction durable : l’Alliance HQE-GBC identifie 15 leviers pour soutenir l’économie circulaire

Mots clés : Démarche environnementale - Gouvernement - Haute Qualité Environnementale - HQE

Co-construit par l’Alliance HQE-GBC, les ministère de la Transition écologique et solidaire, de la Cohésion des territoires, l’Ademe, le CSTB et l’association OREE, ce nouveau cadre de définition, unique en la matière, apporte une vision globale et claire de l’économie circulaire dans le secteur de la construction.

 

C’est une nouvelle avancée vers le développement de l’économie circulaire dans le bâtiment. L’Alliance HQE-GBC, en partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire, le ministère de la Cohésion des territoires, l’Ademe, le CSTB et l’association OREE, vient de publier un nouveau cadre de définition destiné à toutes les typologies de bâtiments neufs, en rénovation comme en exploitation.

Disponible gratuitement sur le site de l’Alliance HQE-GBC, ce document de 20 pages propose 15 leviers articulés autour de cinq objectifs : l’optimisation territoriale des flux, la sobriété, l’allongement de la durée de vie, la création de ressources pour limiter les déchets et le management des parties prenantes (voir ci-dessous). Au cours de ses recherches, le groupe de travail s’est aperçu qu’il existait une multitude de définitions générales de l’économie circulaire (Nations Unies, Ademe, OREE…), mais aucune spécifique au secteur de la construction et l’aménagement durable.

 

Faciliter la transversalité

 

Pourtant, les enjeux du BTP sont majeurs : le secteur représente 40% de la consommation européenne en énergie et il génère environ 42 millions de tonnes de déchets chaque année, les gravats provenant pour l’essentiel des travaux de démolition/réhabilitation. Fruit d’un an de travail, « ce nouveau cadre doit faciliter la transversalité et inciter les différents intervenants (professionnels, habitants ou utilisateur) à travailler ensemble, condition sine qua none à l’économie circulaire », indiquent les auteurs du rapport.

Du concepteur, pour qu’il anticipe un démantèlement aisé du bâtiment à l’occupant, pour qu’il en allonge la durée d’usage, jusqu’au gestionnaire de déchets. Ces 15 actions ne sont toutefois pas « calées » sur le déroulé type d’une opération (programme, conception, chantier, exploitation…), rappelle l’association HQE-GBC.

« Ce document permet d’avoir une vision globale des enjeux de l’économie circulaire par rapport aux pratiques du secteur de la construction », nous explique Anne-Sophie Perrissin-Fabert, directrice de l’Alliance HQE-GBC, contactée par le Moniteur.

« Avec l’économie circulaire, nous changeons donc de modèle : il ne suffit plus d’avoir pour seule ambition, de réduire les impacts environnementaux dans une approche linéaire, ni de la limiter au réemploi et au recyclage comme beaucoup le pensent encore. C’est une approche globale de transformations du triptyque production – distribution – consommation, avec, à la clé, de nouveaux modèles d’affaires, certes plus économes en ressources mais surtout porteurs d’activités, de nouveaux services et produits », écrivent les membres du projet en introduction.

Née de la fusion en 2016 de l’association HQE et France GBC, l’Alliance HQE-GBC regroupe 250 acteurs privés et publics engagés dans la construction durable.

 

Focus

Les 15 leviers identifiés par l’Alliance HQE-GBC

 1. La connaissance des gisements et potentialités, à travers celle du territoire, de l’existant, de l’état des stocks, des flux entrants et sortants, des pressions environnementales sur les ressources mais aussi des entreprises et des savoir-faire locaux, est un préalable fondamental à la recherche d’optimisation, de synergies et de coopérations.

2. Les synergies, à travers les ressources matières, les fluides, les transports et les déchets qui constituent des opportunités pour la recherche de coopération entre acteurs économiques dans une perspective de « bouclage » territorial. La proximité ainsi que l’optimisation des flux de transport et des activités logistiques faciliteront d’autant ces synergies.

3. L’approvisionnement durable, favorisant les matières recyclées, l’exploitation raisonnées des ressources et limitant les impacts sur l’environnement contribue à terme à pérenniser les apports en eau, air, foncier et matières premières.

4. L’optimisation des besoins, visant à diminuer la consommation par la demande, est un levier pour réduire l’impact environnemental. Dans la construction, elle implique de réinterroger les besoins d’un point de vue fonctionnel et technique puis de les optimiser en travaillant notamment sur l’intensification des usages et des espaces multifonctionnels.

5. La conception durable, ou éco-conception, permet de réduire efficacement les impacts environnementaux générés par le bâtiment, se sa construction à sa fin de vie en passant par son exploitation. L’Analyse de Cycle de Vie (ACV), outil d’évaluation environnementale reposant sur des méthodes scientifiques reconnues, facilite sa mise en oeuvre en proposant une vision fine des impacts environnementaux et en évitant d’éventuels transferts de pollution.

6. L’économie de la fonctionnalité, est un modèle économique qui privilégie l’usage à la possession en vendant les services liés aux produits et biens et non pas les produits eux-mêmes. Appliquée dans le bâtiment, elle offre des potentialités de mutualisation se définissant comme le partage par des individus ou groupe d’individus, de biens, de logements ou de solutions de mobilité, de manière à optimiser l’accès à ces ressources et leur rentabilité.

7. La pérennité des produits et équipements, est une considération qui permet d’influer sur leur durée d’usage et limiter leur obsolescence technique. Il s’agit d’apporter une attention particulière aux performances techniques et environnementales liées à leur qualité et leur mise en oeuvre, à leur entretien, et leur maintenance et à l’usage.

8. L’évolutivité du bâtiment, permet de prévenir l’obsolescence commerciale ou patrimoniale qui intervient lorsque l’ouvrage ne correspond plus à la demande du marché et qu’une offre plus adaptée lui succède. Cela passe par d’avantage d’évolutivité des espaces et des usages permettant à l’ouvrage de répondre à de nouvelles fonctions.

9. L’approche en coût global, permet de prendre en compte l’économie d’un projet de construction au-delà du simple investissement en s’intéressant à l’exploitation, à la maintenance, au remplacement des équipements ou des matériaux mais également à la déconstruction du bâtiment. La logique favorisant plus d’investissement pour des choix qualitatifs limitant les coûts de maintenance et de remplacement est bénéfique.

1O. La démontabilité et déconstruction sélective, facilitent le réemploi d’éléments dans un nouveau projet ou leur traitement dans un circuit de recyclage. La première est la capacité à séparer et à retirer les différents composants d’un bâtiment pour les entretenir, les réutiliser ou les recycler. La seconde, quant à elle, consiste à une dépose d’éléments, sans porter atteinte à leur intégrité, pouvant ensuite être réemployés ou recyclés.

11. Le réemploi et la réutilisation, permettent tous deux de donner une seconde vie au produit mais seule la réutilisation inclut un passage par le statut de déchet. Malgré la différence de nature juridique, le réemploi et la réutilisation concernent souvent les mêmes acteurs et peuvent se renforcer mutuellement.

12. Le recyclage, évite le gaspillage de ressources naturelles et d’énergie, limite la dépendance vis-à-vis de l’approvisionnement en matières premières et diminue les impacts environnementaux. Il vise à transformer les déchets en matière réutilisable, aussi appelée Matière Première Secondaire ou matière recyclée, venant en substitution, totale ou partielle, de matières premières.

13. La sensibilisation, à travers la mise en place d’actions spécifiques à destination de tous, est essentiel. L’ensemble des acteurs s’accorde sur le rôle-clé que jouent les maîtres d’ouvrage dans l’impulsion d’actions d’économie circulaire, notamment concernant les déchets, dont ils sont propriétaires et en ont donc la responsabilité lors d’une rénovation ou d’une réhabilitation.

14. La planification, en facilitant la prise de bonnes décisions aux bons moments permet de gérer les coûts, les délais et de s’assurer l’atteinte des résultats attendus tout au long des projets. C’est pourquoi la planification de l’opération, depuis la contractualisation jusqu’à la réalisation en passant par la conception, doit être objet d’anticipation pour mieux intégrer l’économie circulaire dans les projets de construction.

15. La RSE et l’évaluation, incitent tout projet, toute action, toute politique à être analysé à l’aune de ses objectifs et de ses conséquences. Il en est ainsi de l’économie circulaire qui vise en premier lieu la gestion efficace des ressources et qui est porteuse de promesses ou d’espérances en termes de decroissance d’emploi et de diminution d’impact sur l’environnement, ce qui doit pouvoir être évalué.

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