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Connectique : comment simplifier le « produit gaz » ?

le 01/09/2007  |  EnergieRéglementationNormes

Le bureau de normalisation du gaz a produit plusieurs cahiers des charges sur la connectique des installations du gaz. Ils répondent à une volonté de développer de nouveaux concepts à haut niveau de sécurité. Une réponse aussi à la réduction des délais et à la rareté des braseurs et de soudeurs qualifiés.

Pour développer de nouvelles techniques de distribution du gaz en France, nous nous sommes appuyés sur un projet européen, Digbuild, qui agit pour le développement de nouvelles techniques de distribution du gaz dans les bâtiments », explique Stéphane Rossato, ingénieur au BNG, le Bureau de Normalisation du Gaz*. « Ce projet mettait à l’ordre du jour trois nouveaux produits : les kits PLT ou tuyaux pliables en acier inoxydable, les tubes en polyéthylène (PE) et les tubes PEX (un sandwich d’une couche d’aluminium et de deux de polyéthylène).

Ces deux derniers projets n’ont pas été retenus par la France, qui les a même interdits strictement car ces tuyaux n’ont pas une résistance au feu suffisante. Nous avons donc conservé les kits PLT, les tuyaux pliables, et développé un nouveau cahier des charges dans la distribution du gaz avec des innovations visant la connectique, telles que les raccords à sertir en cuivre pour les canalisations rigides.

Ces nouveaux produits constituent en fait des compléments aux produits existants ».

Le sertissage : une technique complémentaire

En ce qui concerne les raccords à sertir, la mise en application obligatoire a vu le jour par un arrêté en octobre 2006 et la conformité des produits mis sur le marché a été donnée par la marque ATG. Les textes ont été publiés au Journal officiel. Le dispositif existe donc et il ne reste à ce jour qu’à mettre en place les règles de certification par Certigaz pour leur mise sur le marché. Ce qui devrait être fait à la fin 2007.

« Pour établir un cahier des charges, nous avons travaillé avec cinq principaux fournisseurs : Viega, Mapress, IBP, Sahna et Comap », précise Stéphane Rossato. « Ce cahier des charges est constitué de trois parties. La première partie traite des performances techniques des raccords à sertir, la seconde des essais de performances, et la troisième porte sur les règles de mise en œuvre. Cette dernière partie sera intégrée lors de la prochaine révision du NF DTU 61.1 récemment révisé. En termes d’application, on estime que ces raccords à sertir vont dans un premier temps concerner les colonnes montantes pour se destiner ensuite à l’aval du compteur. » Il semble que le cahier des charges concernant les raccords à sertir ait davantage été conduit à la demande d’un fournisseur étranger, Viega. Celui-ci, surtout désireux de faire baisser le coût des raccords (traditionnellement en acier en Allemagne) a été largement suivi par Comap, le leader du raccord en cuivre, aujourd’hui dans le giron du groupe hollandais, Aalberts. « En France, la problématique est cependant différente, et le brasage a fait ses preuves depuis longtemps, poursuit Stéphane Rossato. Le sertissage est une technique de distribution gaz complémentaire et la valeur ajoutée des raccords en cuivre sertis reste à démontrer sur l’aval du compteur, puisque l’on travaille de façon traditionnelle avec le cuivre, qui est le matériau le plus couramment utilisé, de même que son corollaire le brasage qui est en outre plus répandu que le sertissage et sous contrôle. Il faut noter par ailleurs qu’il n’y a pas de produit acier de sertissage autorisé en distribution intérieure de gaz. En effet, le sertissage demande deux points d’étanchéité en plus, avec un joint : atteindre le même niveau de performances que le brasage reste difficile. »

Stéphane Berthat, responsable marketing chez Banides et Debeaurain, se montre également plus réservé sur le sertissage : « Nous sommes dans un secteur dont l’évolution est extrêmement lente car elle est contrainte par un encadrement normatif lourd en raison d’objectif de sécurité exigeant et fort puisque nous traitons avec du gaz, substance à manipuler avec précaution. S’il est vrai que les principales nouveautés en matière de connectique sont les raccords à sertir, autorisés depuis octobre 2006, aucun fabricant français n’y répond aujourd’hui car il faut réaliser de nombreux essais très coûteux. Des négociations sont d’ailleurs en cours avec Certigaz pour tenter de rendre ce cahier des charges plus simple et plus concret. La France est peu enthousiaste sur les raccords à sertir car on peut avoir des doutes sur la durabilité des joints nécessaires à l’étanchéité. Or, avec le gaz on n’a pas droit à la fuite. Nous avons aussi des doutes sur la validation d’un bon sertissage lui-même. Enfin, se pose aussi la question de la lourdeur sur le chantier : quand on utilise une canalisation en cuivre, on emploie le même raccord à souder pour le gaz et pour l’eau. Avec le sertissage, l’installateur devra avoir sur le chantier deux types de raccords : l’un pour l’eau, l’autre pour le gaz. » Pascal Lemaire, Directeur de la société Cléré, filiale à 100 % de Gürtner Distribution, enfonce le clou : « Le sertissage constitue un danger de confusion auprès des professionnels : on risque de l’eau dans le gaz ».

Bien évidemment, Frank Martin, responsable du département gaz chez Comap ne partage pas cette opinion. « En distribution intérieure, l’acier est de moins en moins utilisé, les matières plastiques sont interdites et le cuivre est très prégnant. Comap a développé depuis plus de 6 ans le sertissage en chauffage avec le SudoPress Gaz, qui est développé en Allemagne depuis plus de 10 ans. Aujourd’hui on complète en France la gamme que l’on vend déjà en Allemagne, en Italie et en Espagne et nous sommes en phase de validation des certifications produits pour une commercialisation début 2008. Certes, cette technique nécessite l’investissement dans une machine à sertir, mais elle fait gagner de 30 à 40 % de temps sur le chantier, ce qui rend l’amortissement très rapide. En outre, le chauffagiste n’a plus pas à transporter, ni à acheter, les brasures et les bouteilles de gaz. Le sertissage gaz devrait d’ailleurs donner un coup de booster au sertissage cuivre en chauffage. A titre d’exemple, les installateurs [...]

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