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Conjoncture Les experts restent partagés sur l'ampleur de la reprise

MICHEL OCTERNAUD |  le 16/01/1998  |  ConjoncturePME du BTPLogementEntreprises

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-Si l'Insee et la BDPME se montrent confiants sur la reprise de l'activité, la FNB est loin d'être optimiste.

L'Insee et la BDPME, dans leurs enquêtes d'opinion, soulignent la fermeté d'une reprise de l'activité en 1997 et le moral au beau fixe des entrepreneurs pour le début de 1998. Mais la FNB, dans son dernier bilan de conjoncture, est loin de partager cet optimisme.

Insee : le dynamisme de l'activité devrait s'accélérer

Depuis quelques mois déjà, l'Insee note en effet un regain d'optimisme chez les bâtisseurs. Ainsi, début janvier, l'Insee soulignait que les chefs d'entreprise du bâtiment interrogés en décembre estimaient que l'activité du bâtiment était restée dynamique au cours des derniers mois. Les carnets de commandes se sont maintenus à un niveau plus élevé qu'en début d'année. Les anticipations des entrepreneurs indiquaient que l'activité du bâtiment devrait s'accélérer dans les mois à venir dans les travaux d'entretien-amélioration et de construction résidentielle neuve. Selon l'enquête, même les perspectives d'évolution des prix se sont améliorées sensiblement et la situation de l'emploi est restée mieux orientée depuis quelques mois et pourrait encore s'améliorer.

BDPME : redressement confirmé chez les PME

« Les PME de la construction ont bénéficié du redémarrage de l'activité en 1997 », soulignait le 15 janvier la Banque du développement des PME (BDPME) qui présentait son enquête semestrielle de conjoncture menée auprès de 1 000 PME de tous secteurs d'activité, dont 182 PME du BTP (1). Selon la BDPME, l'accélération des affaires a été particulièrement nette au second semestre dans le bâtiment : les entreprises, encore réservées dans l'enquête de juin, ont annoncé des facturations en hausse de 8 % en moyenne sur l'ensemble de l'année, contre à peine 3 % en 1995 et 1996. En revanche, l'activité aurait continué à fléchir chez les PME de travaux publics, où le chiffre d'affaires est estimé en baisse de 1,2 % en moyenne en 1997. A titre de comparaison, les PME de l'industrie ont évalué à 4,4 % la progression de leurs ventes l'an dernier.

L'enquête révèle par ailleurs que la situation financière des PME en général s'est améliorée en 1997. Cependant, c'est dans le BTP que les trésoreries sont demeurées les plus tendues : 42 % des entrepreneurs interrogés disent avoir eu des problèmes de liquidités au cours du second semestre. Mais, avec le développement de l'activité, la fréquence des difficultés de trésorerie a reculé par rapport au premier semestre.

Du fait du redressement de l'activité, les PME, selon l'enquête ont recommencé à embaucher en 1997 et elles ont sensiblement accru leurs investissements. En fin d'année, les dirigeants avaient des plans de charge au plus haut depuis 1990. C'est pourquoi, souligne la BDPME, elles tablent sur une progression notable de leur activité en 1998, autant dans le bâtiment que dans les TP (où il se produit un véritable retournement des anticipations). Pour faire face à ce surcroît d'activité, les chefs d'entreprises, qui font traditionnellement appel aux travailleurs intérimaires, ne prévoient malheureusement pas d'embaucher cette année. En revanche, les intentions d'investissement sont positives.

FNB : après la dégradation en 1997, la stabilité en 1998

Dans sa note de conjoncture à fin novembre, publiée mercredi dernier, la Fédération nationale du bâtiment ne partage pas cet optimisme. S'appuyant, non pas sur des opinions, mais sur des chiffres, la FNB constate sur cette période que « l'activité du bâtiment continue de se dégrader et que la baisse des effectifs se poursuit, dans un environnement économique qui s'améliore ». Sur les 11 premiers mois de 1997, la FNB estime le repli des permis de construire de logements neufs à 1,6 % et celui des mises en chantier à 1 %. La réduction en niveau est le fait de la chute, respectivement de 6,9 % et 6,6 % dans le collectif.

En revanche, elle note dans la maison individuelle, les permis et les mises en chantier ont légèrement progressé : respectivement, + 2,8 % et + 3,7 %. Si, au total, la FNB indique un redressement des permis de construire au cours des derniers mois, elle estime que le niveau atteint sur les 11 mois reste faible, correspondant à 275 000 logements commencés. Dans le non-résidentiel neuf, la FNB indique une amélioration sensible des permis de construire avec un phénomène amplifié en novembre (peut-être un rattrapage ?). Mais sur la période, les mises en chantier ont baissé : - 2 % pour les bâtiments industriels ; - 8,4 % pour les bureaux, - 2,5 % pour les bâtiments administratifs...

L'entretien-réhabilitation, en revanche a enregistré une quasi-stabilité du chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois, mais une amélioration sensible au troisième trimestre (+ 1 %) : quasi-stabilité du volume des travaux sur le parc existant des logements ; légère baisse dans le non-résidentiel ; situation en amélioration dans le secteur aidé du logement.

Globalement, la FNB s'attend a une baisse d'activité en 1997 de 1,8 % et ne prévoit qu'une stabilité en 1998 (+ 0,2 % : - 1,3 % dans le neuf ; + 1,4 % dans l'entretien).

PHOTO : Du fait du redressement de l'activité en 1997, les patrons de PME tableraient sur une progression notable en 1998, souligne l'enquête de la BDPME. Un retournement qui concernerait autant le bâtiment que les TP.

(1) Ce sous-échantillon comprend 148 entreprises du bâtiment et 34 entreprises de travaux publics.

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