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Congrès Ingénierie grands projets et systèmes complexes :
Comité de programme du congrès «Ingénierie grands projets et systèmes complexes», avec son président Jean-Pierre Rapin au centre. - © © CIGPSC

Congrès Ingénierie grands projets et systèmes complexes : "L’ingénierie des systèmes pénètre le marché du BTP", Jean-Pierre Rapin, président du comité de programme

Orianne Dupont (Bureau de Bordeaux du Moniteur) |  le 26/06/2017  |  EntreprisesGirondeConception réalisationTravaux sans tranchée

Aujourd’hui et demain, chefs de projets, directeurs, responsables commerciaux, ingénieurs, chercheurs et universitaires sont réunis au Palais des congrès d’Arcachon pour la 12e édition du congrès «Ingénierie grands projets et systèmes complexes». Issus de domaines d’activité divers (énergies, transports, génie civil, défense, aménagement, etc.), ils échangeront, partageront leur expérience et développeront éventuellement des partenariats. Entretien avec Jean-Pierre Rapin, président du comité de programme.

Le congrès ne met pas en avant de thématique particulière. Pour quelle raison ?

Jean-Pierre Rapin: Nous recherchons toujours l’éclectisme. Cette année, les intervenants aborderont lors de conférences ou tables rondes: la différence entre la gestion de projets en France et dans les pays anglo-saxons; la nouvelle gouvernance de projets axée sur les risques et l’incertitude, ainsi que les aides à la décision; l’évolution des attentes des maîtres d’ouvrage ou les essais de mise en service auxquels est aujourd’hui confrontée l’ingénierie. Nous aurons des sessions de très haut niveau avec des chercheurs et des professeurs et des applications concrètes sur des projets, notamment au CEA. Et nous avons un grand témoin, Alan Roura, le plus jeune navigateur du Vendée Globe, arrivé dixième, qui va nous expliquer comment il a monté son projet, trouvé ses financements, comment il s’est préparé…

C’est justement le risque imposé par le projet qui nécessite d’avoir recours à cet outil pluridisciplinaire qu’est l’ingénierie complexe ?

J.-P. R.: C’est surtout la complexité. Quand vous avez des équipes d’une centaine de personnes qui travaillent sur un même projet, la communication est très compliquée. Il faut formaliser pour communiquer, gérer les modifications, les transmettre le plus rapidement possible. Et surtout prendre les bonnes décisions. Par exemple, le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse): l’importance, la taille du projet, un bâtiment qui va durer plus d’un siècle avec une exploitation en parallèle… Cela n’a rien à voir avec un petit projet où l’on a tout en tête.

Beaucoup de secteurs sont représentés chaque année, sont-ils concernés par des problématiques similaires ?

J.-P. R.: Il y a des spécificités, mais le fond est le même. On s’aperçoit qu’entre la conception d’un Airbus et celle d’un pont, on a les mêmes problématiques: gestion, respect des délais, des coûts, le management des équipes, etc. Les expériences croisées sont très intéressantes. L’ingénierie système a été mise au point par l’aérospatiale et on constate que ces techniques pénètrent le marché du BTP. Ce congrès permet de faire du benchmarking car les techniques sont applicables dans tous les domaines.

En quoi avez-vous perçu que l’ingénierie système a pénétré le marché du BTP ?

J.-P. R.: Dans tous les projets liés au nucléaire, cela est systématique depuis quatre ou cinq ans. Et de plus en plus, tous les gros projets ont recours à ces techniques, qui sont aujourd’hui formalisées. Tout le monde faisait de l’ingénierie système sans le savoir, mais ce n’était pas formalisé et nous n’avions pas forcément les bons outils pour le faire. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de traçabilité.

La réduction des délais pour la réalisation des projets et des budgets imposent-ils ce mode de fonctionnement ?

J.-P. R.: Effectivement, maintenant nous n’avons plus le droit à l’erreur et nous devons réussir du premier coup. On parle d’assurance qualité, d’iso 9001, d’iso 14001, etc. Et l’ingénierie système fait partie des outils qui permettent de gérer l’incertitude et de prendre des décisions. Et aujourd’hui, des sociétés se sont spécialisées dans ce domaine, dont la démarche est transversale.

Vous avez évoqué l’évolution des attentes des maîtres d’ouvrage. Quels sont les changements dans leurs demandes ?

J.-P. R.: Premièrement, il y a une perte de technicité chez les maîtres d’ouvrage, quel que soit le domaine. Ensuite, le délai: on prend la décision le plus tard possible et on veut l’ouvrage ou le process le plus tôt possible avec des coûts qui ne sont pas forcément raisonnables. Et tout cela ne correspond pas toujours avec le temps nécessaire pour développer un projet. Et comme ils sont nombreux à avoir des problèmes financiers, le respect des délais et des coûts est fondamental. Ensuite, ils partent plutôt sur des contrats clé en main avec une exploitation confiée aux entreprises.

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