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Congrès des architectes :
Marie-Françoise Manière, présidente de l'Union nationale des syndicats français d'architectes - © ERIC LEGOUHY/LE MONITEUR

Congrès des architectes : "Je veux mobiliser la profession"

DOMINIQUE ERRARD |  le 26/09/2013  |  Apprentissage BTPmfmEtatArchitectureBâtiment

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Les membres de l’Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa) se réuniront les 3, 4 et 5 octobre à Paris pour leur 44e congrès. Marie-Françoise Manière, présidente de l'Unsfa, évoque ici la formation initiale, la concurrence des sociétés publiques locales, le rôle de l'architecte dans la rénovation énergétique des bâtiments et l'impact de la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Elle met en avant le Building Information Model (maquette numérique) pour lequel les maîtres d'ouvrage doivent aussi se mobiliser.

Votre congrès 2013 s’intitule « architecture capitale ». Que recouvre ce thème ?

« Architect(ur)e capital(e) » joue sur les mots. D’une part, notre congrès 2013 se tient à Paris*, ce qui n’est pas arrivé depuis longtemps. D’autre part, nous réaffirmons par-là que l’architecture est indispensable pour la réalisation d’un cadre de vie sain et harmonieux, et ceci est encore plus vrai en période de difficultés économiques. Nous redirons à nos invités que l’architecture procède d’une démarche de développement durable, à la fois sociale, économique et environnementale. C’est capital !

Qui sont vos invités à ce 44e congrès ?

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, inaugurera notre congrès. Nous espérons qu’elle annoncera sa feuille de route pour la réforme de l’enseignement de l’architecture, qu’elle dira clairement à quelle place elle situe les architectes, aujourd’hui et demain, parmi les acteurs de la société.

Nous accueillerons aussi Michèle Delaunay, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, qui nous parlera de son action en faveur des personnes âgées et dépendantes, sujet que nous avons à traiter au quotidien dans la conception des bâtiments et qu’elle veut introduire dans l’enseignement de l’architecture.

"Les architectes doivent serrer les rangs"

Vous vous présentez à votre propre succession pour un nouveau mandat de deux ans. Quelle est votre priorité ?

Je veux mobiliser la profession. L’actualité de notre métier est intense depuis quelques années (écologie, énergie, densité urbaine, maîtrise des coûts, maquette numérique…) et les architectes doivent s’impliquer davantage sur tous les fronts. Deux années de présidence ont renforcé ma détermination d’agir pour la profession, en synergie avec les autres organisations professionnelles. La loi MOP, la loi sur l’architecture, le recours obligatoire à l’architecte… sont régulièrement attaqués par des lobbies qui tentent de marginaliser les architectes sous prétextes d’urgence et de pénurie des moyens. Mais évoluer ne signifie pas renoncer aux fondamentaux. Je souhaite que les architectes mettent de côté leur individualisme, et serrent les rangs sans jamais perdre de vue l’intérêt des usagers pour qui ils travaillent.

Quelles seront vos actions à venir si vous êtes réélue ?

Nous sommes présents sur de nombreuses actions et veillons aux réponses qui seront proposées (formation, rémunération, abrogation du décret du 6 mai 2012 qui réduit le recours obligatoire à l’architecte pour la maison individuelle...). Dans l’immédiat, nous devons être vigilants sur les dérapages possibles des Sociétés publiques locales (SPL) et les risques de concurrence déloyale. Nous ne nous opposons pas à un minimum d’ingénierie publique, car les maires des quelque 30 000 petites communes de France doivent pouvoir compter sur une assistance technique sans bourse délier. En revanche, cela ne peut se transformer en entreprise de maîtrise d’œuvre. Ce serait nous appliquer une double peine : une concurrence déséquilibrée provenant d’une ingénierie qui n’affiche pas ses vrais coûts d’études et son financement par des impôts prélevés sur nos entreprises.

"L’isolation thermique n’est pas la seule réponse"

Etes-vous satisfait du projet de création du crédit d’impôt rénovation thermique ?

Toute mesure d’aide financière dans ce domaine est la bienvenue. Mais nous allons veiller à ce que la maîtrise d’œuvre ne soit pas exclue de ce crédit d’impôt comme par le passé. Le Grenelle de l’environnement a révélé l’importance du diagnostic global avant d’engager un bouquet de travaux. L’isolation thermique n’est jamais la seule réponse à la rénovation du bâti. Les architectes doivent jouer un rôle majeur dans cette approche qui ne peut ignorer la performance d’usage.

Les architectes sont-ils prêts pour l’Ecoconditionalité ?

Le projet de marque Reconnu Grenelle de l’environnement (RGE) est un niveau d’exigence requis pour les professionnels. Les organisations professionnelles d’architectes se sont accordées avec l’Ademe qui élabore ce projet pour que leurs membres soient titulaires de cette marque grâce à la spécificité de leur formation. Ainsi, les clients des architectes bénéficieront, dès 2014, des aides publiques telles que l’Eco PTZ et le crédit d’impôt (Cidd). C’est très positif.

Le projet de loi Alur pour l'accès au logement et un urbanisme rénové apporte-t-il les bonnes réponses à la pénurie de logement ?

Soyons réalistes. 500 000 logements par an ne sortiront pas de l’adoption de ce projet. Les mesures qui encouragent la densité urbaine se situent bien dans le domaine d’expertise des architectes et c’est là aussi très positif. Mais le blocage des loyers risque de décourager les investisseurs. C’est un choix regrettable, d’autant plus que les niveaux de loyers élevés résultent avant tout de la pénurie de logements. Le serpent se mord la queue. Il faut encourager les investisseurs.

Parallèlement, le gouvernement doit de toute urgence clarifier les pratiques arbitraires des communes dans le domaine des autorisations d’urbanisme. Les pertes de temps, d’énergie et d’argent générées par ces pratiques sont très contreproductives pour nos entreprises.

"Le BIM est l’outil d’avenir de la maîtrise d'oeuvre"

Pour simplifier votre travail, le gouvernement propose de participer au retrait de normes et lance un appel à propositions. Cela devrait vous satisfaire…

L’intention est louable. Mais revisiter 9 000 normes et règlements est un travail extrêmement technique, pour ne pas dire juridique, et qui demandera du temps. Nous allons y répondre mais je remarque qu’on nous demande de faire ce nettoyage que l’administration ne parvient pas à faire elle-même, alors que les textes continuent à s’accumuler à un rythme effréné !

Quel autre dossier vous mobilise?

Le BIM (Building Information Model), qui va bien au-delà de la "maquette numérique", est l’outil d’avenir de la construction. Nous travaillons déjà sur ce sujet et nous devons, en tant que concepteurs, en garder le management. C’est un outil d’ingénierie et d’architecture concourantes, de maîtrise des coûts… mais également de suivi de l’exploitation des bâtiments qui ne pourra se développer sans l’adhésion des maîtres d’ouvrage et des gestionnaires d’immeubles.

Cependant, notre préoccupation première reste la crise qui frappe de plein fouet nos structures, alors que le pays a un besoin énorme en matière de construction et de réhabilitation, notamment de logements. Il faut replacer l'acte de bâtir dans une démarche qualitative pour produire un meilleur cadre de vie, et je ne peux que rappeler les propos de François Hollande en mai 2012 : « Ce qu'il faut défendre avec vigueur, c'est la valeur de l'architecture pour notre société et celle de ceux qui la conçoivent et la produisent. »

* Ce congrès est ouvert à tous les architectes, aux étudiants en architecture et, pour la première fois, à l'ensemble des acteurs de la maîtrise d'oeuvre. Il se présente sous un nouveau format avec une quarantaine d’événements (tables rondes, conférences, ateliers, échanges...) dont :  
- la conférence de Rudy Ricciotti : "l’Architecture, un combat capital"

- le débat sur "Paris et Grand Paris, l’architecture de la capitale", avec Étienne Guyot, président de la Société du Grand Paris ; Isabelle Rivière, directrice des relations institutionnelles pour les Hauts-de-Seine, Ioannis Valougeorgis, architecte, directeur adjoint de la valorisation et du Patrimoine ; Vincent Delahaye, sénateur maire de Massy (Essonne) ; Patrick Braouezec, président de la communauté d’agglomération Plaine Commune, vice-président de Paris Métropole, débat animé par Philippe Trétiack.
- La table ronde sur "L’Architecture, un capital pour l’avenir" animé par Philippe Trétiack qui réunira Chris Younès, philosophe,et Bernard Desmoulin, architecte.
- Une conférence par Alain Maugard et Philippe Pelletier sur le thème "Société, architecture à const r uire"
- La remise du Prix d'architecture de l'Unsfa : le Prix du Projet Citoyen.

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