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Conflit Eiffage - Sacyr : un acte décisif ce mercredi

Defawe Philippe |  le 31/03/2008  |  France entière

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Ce mercredi, dans le décorum solennel de la cour d'appel de Paris, se jouera un acte décisif dans l' "affaire Eiffage-Sacyr". Les magistrats se prononceront sur l'existence d'une action de concert entre Sacyr Vallehermoso et six autres actionnaires espagnols pour prendre le contrôle du groupe de construction français. Si la cour estime que le concert est avéré, Sacyr devra théoriquement déposer une offre publique obligatoire dont le prix avait été fixé en juin 2007 par l'AMF (autorité des marchés financiers). "Un prix au moins équivalent au prix le plus élevé payé par l’initiateur, agissant seul ou de concert, sur une période de douze mois précédant le dépôt du projet d’offre", avait indiqué le gendarme de la bourse. Soit la bagatelle de 10 milliards d'euros. Une option lourde de conséquences pour un groupe déjà fortement endetté _20 milliards d'euros_ et frappé de plein fouet par la morosité du marché immobilier hispanique.
En revanche, si l'action de concert n'était pas avérée, l'offre publique d'échange invalidée par l'AMF pourrait alors refaire surface. Une chose est sûre : la décision de la cour d'appel de Paris est attendue par toute la place financière de Paris car elle fera jurisprudence sur la définition de l'action de concert. Ce que les avocats de Sacyr ont d'ailleurs souvent rappelé indiquant que "l'enjeu dépassait largement le cadre de cette affaire".

Sortir rapidement de la crise
Une troisième possibilité pourrait toutefois être envisagée pour l'issue du duel franco-espagnol. En effet, ces dernières semaines, plusieurs scénarios de sortie de Sacyr du capital d'Eiffage ont été évoqués. Plus ou moins crédibles. Ainsi, Luis Del Rivero, président de Sacyr, aurait entamé des pourparlers avec plusieurs assureurs (AGF, Axa, CNP, Groupama), avec la Caisse des Dépôts et Consignations. La presse espagnole avait même évoqué des discussions avec le groupe Fayat, une information aussitôt démentie par la société bordelaise la qualifiant de "rumeur infondée".
Une chose est sûre, l'épilogue de cet affrontement soulagera - pour un temps seulement ? - le groupe Eiffage. Car la bataille qui dure depuis décembre 2005 a usé le groupe et obère sa capacité à se projeter dans l'avenir. Ainsi, interrogé sur l'intérêt d'acquérir la société Cegelec, Jean-François Roverato, p-dg du groupe, avait indiqué que le dossier ne pourrait être sérieusement évoqué qu'après dissipation des incertitudes juridiques. Une sortie de crise rapide permettrait au numéro trois français du BTP de se concentrer sur ses dossiers chauds, notamment le redressement de sa filiale Eiffel et les litiges sur quelques grands chantiers. Sans oublier le recrutement avant l'été d'un successeur à Jean-François Roverato.

Julien Beideler

Y a-t-il eu action de concert ?


Le menu des plaidoiries du 5 février dernier devant la première chambre de la cour d'appel de Paris était copieux. Dans un premier temps, les avocats de Sacyr Vallehermoso s'étaient penchés sur la forme, cherchant à démontrer que l'investigation de l'autorité des marchés financiers avait été irrégulière, parlant du "caractère partiel et inachevé" de la procédure. L'AMF avait défendu son travail avant que le représentant du ministère public ne laisse l'auditoire perplexe en expliquant que seule la non-conformité de l'offre publique d'échange était à prendre en compte, la demande de dépôt d'une offre publique obligatoire ayant "une vertu pédagogique".
Quant à l'existence de l'action de concert, "rien, pas un procès verbal, pas un email, ne laisse supposer une action de concert" avait déclaré un des avocats du groupe espagnol réaffirmant la "vertu d'un partenariat industriel avec Eiffage". "Pas de pièces écrites certes, mais suffisamment d'indices graves, précis et concordants pour prouver qu'il ne peut s'agir d'une somme d'opérations individuelles et autonomes dont la conjonction serait fortuite", avaient rétorqué les défenseurs d'Eiffage. Au sortir de presque cinq heures de plaidoiries, aucun des deux camps n'avait véritablement pris l'ascendant. Après deux mois d'étude du dossier, les magistrats trancheront demain.

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