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Confiance, dérogations, expérimentations :  le cocktail gagnant ?
Des techniciens de RTE réparent les dégâts causés par la tempête Klaus sur la ligne à haute tension qui alimente le département des Pyrénées-Orientales, le 28 janvier 2009 à Cucugnan. PHOTO : RAYMOND ROIG AFP - ©

Confiance, dérogations, expérimentations : le cocktail gagnant ?

Carole Lanzi |  le 10/06/2013  |  EuropeMeuseFrance entière

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Un manque de confiance dans les entreprises, une réglementation trop lourde, et une certaine peur de l'expérimentation seraient des freins bien plus importants à la transition énergétique que le manque d'argent.

La transition énergétique est-elle soluble dans la culture française ?

Ces derniers jours, tant la ministre de l’Énergie Delphine Batho que le p-dg de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar, le président de RTE, Dominique Maillard, et l’économiste Christian de Perthuis l’ont affirmé : la question du financement n’est pas le frein (en tout cas pas le frein principal) à la transition énergétique.

Quel serait donc le problème ? Lors de son audition, le 30 mai, dans le cadre du DNTE, le patron de Saint-Gobain a pointé du doigt le manque de confiance dans l’intérêt des travaux de rénovation énergétique. «Aujourd’hui, en France, les gens n’ont pas confiance dans les résultats obtenus et le savoir-faire des entreprises », confirmait quelques jours plus tard Andreas Rüdinger, chercheur à l’IDDRI (1), lors d’une conférence organisée par le Serce (2).

Et hop ! Une occasion de plus de nourrir notre « complexe d’infériorité bizarroïde » (dixit Christian de Perthuis) vis-à-vis de l’Allemagne. Car outre-Rhin, « la bonne réalisation des travaux est vérifiée, ce qui génère de la confiance dans le marché », a expliqué Andreas Rüdinger. De ce côté-ci du fleuve, « nous ne faisons confiance ni aux hommes politiques, ni aux journalistes, ni aux entreprises », a renchéri le député de la Meuse Bertrand Pancher, au cours de la même conférence. « Car l’État ne fait pas confiance aux territoires, aux forces vives. […] Croire à nouveau en l’avenir passe par le partage de la confiance et par la délégation de pouvoir aux collectivités », a-t-il estimé.

Deux fois plus temps pour construire une ligne que dans les pays scandinaves

Cela étant, développer la confiance entre individus pour réussir la transition énergétique, ça ne s’annonce pas facile ! Plus prosaïquement, des avancées législatives et réglementaires pourraient faciliter la chose. «La France a accumulé les textes », a constaté Dominique Maillard lors des débats organisés par le Serce. «Pour certains de nos ouvrages, nous sommes amenés à consulter trois fois de suite, à des moments différents, une même collectivité locale ! » a regretté le patron de RTE.
Résultat : construire de nouvelles lignes de transport d’électricité peut prendre 8 ans (contre 5 il y a 20 ou 30 ans !). Avec un risque de « discordance des temps » puisqu’une ferme éolienne peut être mise en place en 4 ans. Or quatre ans, c’est une durée suffisante, dans les pays scandinaves, pour construire de nouvelles lignes. À la France d’en tirer les leçons en termes de simplification des procédures.

Autre nécessité : accorder dans certains cas des dérogations aux règlements en vigueur. C’est à cette condition que la région Nord-Pas-de-Calais pourra mettre pleinement en oeuvre un « Master plan 3e révolution énergétique » en collaboration avec le héraut américain de la transition Jeremy Rifkin (cf. Focus). « Autorisons la région à être dérogatoire pendant quelques années, avec l’engagement pour elle d’apporter des résultats », a conseillé Claude Lenglet, le directeur du projet. C’est au prix de telles dérogations que pourraient germer les expérimentations. Or aujourd’hui, « la France est un pays qui n’expérimente jamais», a regretté Bertrand Pancher. Alors que l’Allemagne (encore elle !) a créé une Agence fédérale de l’expérimentation.

Le Nord-Pas-de-Calais veut faire sa mue

Le Nord-Pas-de-Calais a chargé Jeremy Rifkin d’élaborer une feuille de route engageant la région vers la transition énergétique. Mené avec une approche « bottum up », ce travail associe huit groupes de travail réunissant au total 125 personnes. Réalisé dans le cadre d’un contrat de neuf mois (montant : 350 000 euros), il doit être achevé d’ici au mois d’octobre.

1. Institut du développement durable et des relations internationales

2. Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique

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