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Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci concessions. - © Augustin Detienne / CAPA Pictures

"Concessionnaire n'est pas un métier de rentier"

Le Moniteur.fr avec AFP |  le 30/04/2019  |  Vinci AirportsAéroportConcessionVinci

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Vinci Airports, candidat potentiel à une reprise des parts que l'Etat français souhaite céder au sein d'Aéroports de Paris, veut jouer "un rôle industriel" pour développer le trafic sur ses plateformes, explique Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci concessions.

"La question est de savoir si ce qui est attendu est bien un rôle de nature industrielle. Il faut que les modalités du cahier des charges, qu'on ne connaît pas, nous permettent de jouer ce rôle et c'est un mélange de règles de participations, de règles de gouvernance", explique dans un entretien avec l'AFP Nicolas Notebaert, directeur général de Vinci concessions (concessions aéroportuaires, ferroviaires et autoroutières à l'international), filiale du groupe Vinci. « Si c'est juste "on découpe, vous avez des parts, vous avez un administrateur et vous touchez des dividendes", ce n'est pas un rôle industriel. »
Vinci, le géant français du BTP et des concessions, est un candidat potentiel au rachat de parts (50,63%) détenues par l'Etat français au sein de Groupe ADP - gestionnaire des aéroports parisiens et un de ses principaux acteurs au niveau mondial dans ce domaine - dont il est déjà actionnaire à hauteur de 8%. Le PDG de Vinci, Xavier Huillard, a déjà fait savoir, dans un entretien aux Echos à la mi-avril, que son groupe ne serait "pas nécessairement candidat à la reprise d'ADP" s'il ne peut pas avoir de "participation significative".

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Ces dernières années, Vinci Airports, filiale de Vinci concessions, a mis les bouchées doubles dans le secteur aéroportuaire. Le groupe gère 12 aéroports en France et 34 autres dans onze pays (Portugal, Cambodge, Japon...). Son chiffre d'affaires consolidé a atteint 1,6 milliard en 2018 avec plus de 240 millions de passagers transportés. L'activité qui surfe sur une croissance effrénée du trafic aérien aiguise les appétits d'industriels mais aussi d'investisseurs financiers (banques, fonds de pensions...).

"Tendance très favorable"

"La tendance mondiale est très favorable", confirme Nicolas Notebaert avec d'un côté des pays en voie de développement, dépourvus de "capitaux, d'ingénierie et de savoir-faire opérationnel" et "à l'autre bout de la chaîne" - en France, au Japon, en Grande-Bretagne ou aux Etats Unis - "des pays très endettés" qui veulent à la fois "un commerçant pour faire venir des touristes et quelqu'un qui supporte le fardeau de la dette".

Pour autant, "ce n'est pas un métier de rentier", poursuit-il. Même si "le rôle du concessionnaire (aéroportuaire) produit plus de résultats que dans d'autres concessions", explique-t-il, prenant l'exemple des concessions autoroutières où la "capacité à influer sur le trafic est plus faible". "On ne s'arrête jamais" dans la prospection de nouvelles opportunités d'investissements, mais les résultats sont "difficilement prévisibles". Pourtant, dans les pays qui ont confié au privé la gestion de leurs aéroports, "il n'y a pas de ressac, il n'y a pas de pays qui ait un regret", assure-t-il.

"Etre très très bon"

En France, la loi Pacte autorisant la privatisation d'ADP, adoptée par l'Assemblée nationale début avril, fait l'objet de quatre recours devant le Conseil constitutionnel. Des parlementaires ont également enclenché pour la première fois une procédure de référendum d'initiative partagée (RIP) pour s'opposer à la privatisation d'ADP.
L'un des éléments pointé par les opposants est le taux de redistribution très généreux prévu pour les actionnaires (60% du bénéfice net part du groupe, soit 610 millions d'euros en 2018). "La privatisation n'est pas une notion populaire, le terme vise quelque chose que les gens considèrent comme leur appartenant qui va basculer par un chèque dans le secteur privé", remarque M. Notebaert. Toutefois, note-t-il, pour l'investisseur, même si le marché est ultra-porteur, "un aéroport, ça peut marcher plus ou moins bien". "Les prix sont très élevés: si vous n'êtes pas très très bons, vous pouvez y perdre" et être entraîné dans une "destruction de valeur qui est phénoménale", précise-t-il.

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