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Complémentaire santé : le BTP dans l’impasse

Fabien Renou |  le 23/10/2015  |  SantéEntreprisesProtection socialeTravaux sans tranchée

Les négociations de branche ont capoté dans le bâtiment, mais aussi dans les travaux publics.

A compter du 1er janvier 2016, toutes les entreprises, même les plus petites, devront proposer une mutuelle à leurs salariés. Mais actuellement, 13 000 sociétés du secteur de la construction (soit 6,3 % du total) ne proposent aucune complémentaire santé à leurs 94 000 salariés. Des négociations entre patronat et syndicats de salariés devaient fixer un cadre dans lequel les entreprises qui n’ont pas d’accord avec une mutuelle devraient s’inscrire pour leurs futurs contrats. Elles devaient aboutir le 5 octobre. Tel n’a pas été le cas.

Côté bâtiment, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et la CGT (pour les salariés) ont refusé de signer le compromis. « Nous avions l’intention de signer cet accord, mais nous ne l’avons pas fait à cause de son préambule et son article 1, imposés par la Fédération française du bâtiment, explique Patrick Liébus, président de la Capeb. Ils ont intégré, dans le préambule et dans l’article 1 du projet d’accord, une contrepartie visant à supprimer un avantage usuel de la profession. Je parle de la prime de vacances calculée sur l’ancienneté des salariés et sur les jours de fractionnement de leurs congés. C’est un élément important de fidélisation de nos personnels. » La Capeb appelle à une réouverture des négociations.

20 000 salariés concernés dans les TP.

Le secteur des travaux publics a lui aussi échoué à mettre tout le monde d’accord. Dans ce cas, ce sont les syndicats de salariés qui ne se bousculent pas pour signer : seule la CFDT Construction Bois a paraphé le texte. Insuffisant pour valider l’accord, au grand dam de la Fédération nationale des travaux publics. « La FNTP déplore l’absence de signatures suffisantes des organisations syndicales de salariés pour mettre en place une complémentaire santé spécifique aux travaux publics », a indiqué l’organisation patronale dans un communiqué. « En ne signant pas cet accord, les autres organisations syndicales ont pris la responsabilité de priver 20 000 salariés de PE/TPE de vraies garanties de frais de santé, a pour sa part affirmé la CFDT Construction Bois. Ces salariés risquent de n’avoir que le panier de soins minimum à partir du 1er janvier 2016. »

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